L'Avenir Agricole et Rural 31 octobre 2013 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

RESEAUX D'ÉLEVAGE - FAIRE LE CHOIX DE L'EMBAUCHE

our Thierry Mourot, éleveur laitier dans les Vosges, réussir à concilier vie professionnelle et vie familiale a toujours été une priorité. Après diverses formes de recours à de la main-d’œuvre extérieure, il a depuis 3 ans, fait le choix d’embaucher Charlène à temps plein sur l’exploitation afin d’atteindre pleinement cette priorité.

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Dans son projet d’installation, Thierry a étudié l’opportunité de s’associer afin  d’avoir de la souplesse dans l’organisation et la gestion de son travail. L’installation sous forme sociétaire ne pouvant se concrétiser, la décision a été prise de s’installer en individuel sur l’exploitation familiale conduite en agriculture biologique depuis 2001.

 

Un choix déterminé par les attentes de l’éleveur

«Seul à assumer la responsabilité de la conduite de l’exploitation, mais pas seul au quotidien», voilà ce qui a conduit Thierry à avoir recours rapidement à de la main-d’œuvre extérieure. Dans un premier temps, pour avoir des solutions en cas de coup dur ou lors des périodes de pointes de travaux,  il a adhéré à un  groupement d’employeurs. Ensuite, il a embauché  un  salarié à mi-temps, l’astreinte pouvant encore être assurée ponctuellement par les parents en retraite. Depuis 3 ans, il a embauché Charlène à temps plein après qu’elle ait  réalisé son contrat de professionnalisation sur l’exploitation.

 

Un salarié ? Oui mais

comment ?

Pour Thierry, ce n’est ni l’origine agricole, ni la formation initiale de Charlène qui ont été déterminant dans le choix de l’embaucher mais son affinité pour l’élevage et son envie d’apprendre. Ainsi, après une phase de formation et d’accompagnement, Charlène a rapidement été en mesure de remplacer l’éleveur sur l’ensemble des tâches quotidiennes.

Dans les missions qui lui sont confiées, la traite et les soins aux animaux structurent l’organisation quotidienne du travail de Charlène et lui permettent de développer une compétence forte dans le suivi de l’élevage. Elle participe également à l’ensemble des travaux sur l’exploitation. Cette polyvalence est nécessaire pour pouvoir «amortir les coûts salariaux» compte tenu de la petite dimension de la structure mais elle nécessite de l’anticipation de la part de l’employeur pour organiser le travail et de la clarté dans les consignes qu’il fait passer : «ce qui est clair pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre». Ces précautions sont primordiales pour éviter les malentendus. Pour Thierry, l’employeur doit aussi être capable de «mettre de l’eau dans son vin en acceptant que les choses puissent se faire différemment de sa propre façon de faire». C’est également important, surtout quand on a l’habitude de travailler seul.

 

Construire une relation

à long terme…

Pour pérenniser l’emploi sur l’exploitation, il est important de construire une relation qui permette au salarié de bien se sentir dans son travail. Pour Thierry, «cela passe, d’abord par un contrat à durée indéterminée qui montre la confiance que l’on peut avoir vis-à-vis du salarié. Il faut aussi veiller à ce qu’il trouve sa place dans l’exploitation et se sente bien. Les conditions de travail, l’ambiance sont aussi importantes. Il faut être à l’écoute, tenir compte des observations qui permettent d’améliorer le quotidien. Enfin, en tant qu’employeur, il faut également pouvoir proposer des perspectives au salarié pour qu’il puisse se projeter dans l’avenir sur l’exploitation».

 

… Et bâtir une stratégie d’entreprise

Pérenniser l’emploi, offrir des perspectives à Charlène sont totalement intégrés dans les choix que Thierry fait sur l’exploitation. Avec 2 temps plein sur cette structure, il veille à maximiser les produits et à maîtriser au maximum les charges. Il est, par exemple, particulièrement attentif sur la qualité du lait, ce qui, sur la campagne 2012-2013 lui à permis de n’avoir aucune pénalité. Concernant la conduite des ateliers, le ratio de charges opérationnelles/Produit Brut de 17 % atteste de la très bonne maîtrise technique et économique. Au niveau de la mécanisation, il fait vieillir son matériel plutôt que le renouveler régulièrement, fait appel à la CUMA pour du matériel spécifique ou achète du matériel en copropriété afin de maîtriser les annuités sur l’exploitation.

Sur l’exploitation, l’investissement dans le salariat  a apporté une réelle plus value et permet à Thierry de maintenir sereinement l’activité laitière  en conciliant charge de travail, vie personnelle et rentabilité économique. Pour Thierry, cela démontre aussi, «qu’à côté de l’automatisation et robotisation de l’atelier lait , il existe des solutions qui permettent de continuer de bien vivre son travail d’éleveur laitier». C’est aussi la preuve que l’agriculture peut générer de l’emploi, à condition que cette démarche soit intégrée dans le fonctionnement et l’organisation globale de l’exploitation. Thierry regrette cependant que ce gisement d’emplois ne soit pas assez exploré et valorisé par les élus politiques, surtout dans un contexte de chômage comme  aujourd’hui.

 


QUATRES QUESTIONS ONT ÉTÉ POSÉES A CHARLÈNE,

SALARIÉE CHEZ THIERRY MOUROT DEPUIS 3 ANS


si vous désirez connaître ses réponses, veuillez consulter notre journal de cette semaine page 23

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