L'Avenir Agricole et Rural 08 janvier 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

RESEAUX D'ÉLEVAGE, 2014 COUP D'ARRET DANS L'EMBELLIE DES RÉSULATS DES ATELIERS VIANDE

Des charges en baisse, mais les prix des produits agricoles aussi. C’est dans ce contexte que le dispositif Inosys Réseaux d’élevage bovins viande de l’Est de la France a simulé l’évolution des revenus des exploitations viande pour 2014.

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- © CHAMBRE D'AGRICULTURE

Un produit viande à la baisse

Le redressement du produit viande observé depuis 2011 a marqué un coup d’arrêt en 2014. Les prix de l’ensemble des catégories bovines ont été orientés à la baisse, notamment en race Charolaise : de -8 % à -10 % pour les femelles finies, jusqu’à -4 % sur le deuxième semestre pour les jeunes bovins, après un fléchissement plus contenu en début d’année. Le prix des broutards s’était maintenu en début d’année mais a décroché lui aussi à partir de l’été (-4 % à -7 %). Les cours en races Limousine et Blonde d’Aquitaine ont mieux résisté. Le printemps sec n’a pas eu d’impact négatif sur les croissances des broutards. Par contre, les bonnes conditions de pâturage d’automne ont permis des finitions à l’herbe.

 

Une année de transition vers la nouvelle réforme de la PAC

Bien que la réforme de la PAC prenne effet en 2015, les aides de tous les systèmes sont impactés significativement à la baisse dès 2014 (- 3 % à – 6 % d’aides totales sur les trois systèmes étudiés). Cela s’explique par le recalcul du portefeuille d’aides découplées après application des réductions budgétaires et basculements vers le second pilier. L’application progressive de la convergence par rapport à la moyenne nationale ne débutera qu’en 2015. Pour les autres aides (PMTVA, PHAE…), il n’y a pas de changement de mode de calcul en 2014.

 

Une chute du produit des cultures freinée par de bons rendements

Les cours des cultures ont, pour la deuxième année consécutive, chuté de 18 à 20 % (assolement colza-blé-orge). Par contre, les rendements sont bien supérieurs à ceux de 2013 dans les zones peu impactées par la sécheresse du printemps 2014 : +14 % pour les orges et jusqu’à + 40% pour le colza. Au-delà de la comparaison à la récolte 2 013 qui avait été particulièrement mauvaise, les rendements 2 014 des systèmes étudiés ici sont proches de leur objectif pour le blé et au-dessus pour les orges (+5 à 7 q/ha) et le colza. Par ailleurs, dans certaines zones, les conditions météorologiques de l’été ont eu des répercussions importantes sur la qualité entraînant des réfactions sur les prix. Au final, le produit des ateliers cultures des systèmes étudiés chute de 7 à 9 %.



Les charges enfin en diminution

Les charges opérationnelles sont globalement en diminution sur 2 014. Les charges engagées sur les surfaces bénéficient de la baisse des engrais débutée courant 2 013. Les cours des aliments qui ont fléchi et l’autoconsommation des céréales prise en compte au prix de marché font aussi baisser les charges de concentrés.

Par contre, la moindre qualité des fourrages de 2013 a nécessité une complémentation plus importante des rations hivernales pour maintenir les performances ; celle-ci n’a pas été quantifiée dans nos simulations.

L’évolution des charges de structure sur nos simulations reflète pour une part la hausse modérée de certaines de ces charges et la baisse du carburant. Elle est aussi due à l’évolution des charges sociales, calculées sur nos cas types à partir du résultat de l’année en cours et non lissée sur trois ans.

 


Au final, la diminution des charges ne compense pas celle des produits

Après deux années de revalorisation des revenus des exploitations spécialisée viande bovine (herbagers) grâce à une remontée des cours, ces derniers subissent un coup d’arrêt. Ils voient leur revenu baisser d’environ 10 % tout comme les polyculteurs allaitants pour lesquels la baisse sera plus forte, en fonction notamment de la part des cultures.

Pour 2015, les stocks fourragers sont là avec une qualité correcte cette année, voire très bonne pour les ensilages de maïs. Fin des quotas et conjoncture laitière, évolution des exploitations suite à la nouvelle PAC, événements géopolitiques (embargo russe …), autant de facteurs qui risquent d’impacter les cours en 2015. Dans ce contexte, la maîtrise des performances animales (reproduction, croissances, finition, …) reste un gage de rentabilité économique.

 


Si vous voulez connaître les montants et les évolutions des produits ateliers ainsi que des principaux postes de charges opértionnelles et étudier  les impacts de la conjoncture économique 2014, consultez  notre page 06 de cette semaine.

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