L'Avenir Agricole et Rural 25 janvier 2018 à 01h00 | Par D. Coueffé

Repères économiques pour les exploitations laitières en 2017

Après deux années difficiles (2015 et surtout 2016), marquées par des aléas climatiques et conjoncturelles à répétition, la conjoncture 2017 s’est améliorée sans toutefois assainir les trésoreries. Dans ce contexte, comme tous les ans à la même époque, il nous paraît nécessaire de fournir, aux éleveurs laitiers qui reçoivent leur comptabilité 2017, des repères économiques qui permettent de se situer dans la globalité de leur exploitation.

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- © E. Bignon

Du produit à l’EBE en passant par les charges proportionnelles

Sur ces dernières années les démarches analytiques tels que les coûts de production, les prix de revient, les coûts alimentaires, les marges brutes au litre de lait, etc…ont largement été vulgarisées. Elles permettent d’analyser finement chaque composante de son atelier afin de les comparer à une référence ou à d’autres exploitations de même type pour en déduire les postes à améliorer. Mais pour éviter toute erreur d’interprétation, il est indispensable au préalable de s’assurer de la cohérence entre les différents ateliers de son exploitation. L’analyse globale reste donc indispensable pour s’assurer de l’efficacité économique de son exploitation.

Avant de situer vos résultats par rapport à nos repères, il paraît nécessaire de définir quelques critères :

Le produit brut correspond à l’ensemble des ventes de l’exploitation auxquelles il faut ajouter les variations de stocks, l’autoconsommation, les cessions internes, les indemnités compensatoires PAC et les produits divers.

Les charges proportionnelles sont les charges liées directement à la production : engrais, semences, traitements, assurance grêle, aliments (y compris céréales autoconsommées au prix de cession) et frais d’élevage.

Les charges de structure hors amortissements frais financiers et salaires sont les charges fixes nécessaires au fonctionnement de l’exploitation : carburants, entretien, travaux par tiers, fermage, frais généraux et MSA.

L’excédent brut d’exploitation (EBE) est l’indicateur le plus synthétique de l’efficacité économique de l’exploitation ; à nuancer cependant en fonction de la part plus ou moins importante de travaux par tiers. L’EBE doit permettre d’honorer les annuités de l’exploitation, de couvrir les prélèvements de la famille et en année normale, il doit laisser place à une part d’autofinancement (de 5 à 7 % du PB).

Déterminez le système auquel vous appartenez...

A partir du suivi des fermes de références, les Réseaux d’Elevage Bovin Lait fournissent à l’ensemble des éleveurs laitiers des repères économiques selon la typologie simplifiée suivante :

système agriculture biologique : ces exploitations conduisent leur exploitation en respectant le cahier des charges de l’agriculture biologique.

système herbager : ces exploitations se caractérisent par l’absence de maïs ensilage, il peut y avoir présence ou non d’un atelier viande et les cultures de vente ne dépassent pas 40 à 50 ha.

système élevage-maïs : dans ces exploitations le lait est produit en partie avec du maïs ensilage, il peut y avoir présence ou non d’un atelier viande et les cultures de vente ne dépassent pas 30 à 40 ha.

système polyculture élevage : l’atelier cultures de vente compte plus de 40 ha et on peut aussi y trouver un atelier viande de plus ou moins grande dimension.

…et situez vos résultats économiques 2017 sur les repères.

Le produit par ha traduit le niveau d’intensification global de l’exploitation. Dans les fermes laitières, il est en général d’autant plus important que la densité de lait produit par hectare et le chargement animal sont élevés. C’est ce qui explique la différence entre les systèmes herbagers d’une part et élevage maïs d’autre part. Après une très mauvaise année 2016, en 2017, la productivité des exploitations retrouve un niveau plus conforme aux références grâce à une hausse du prix du litre de lait et une récolte en céréales moyenne mais très hétérogène d’un secteur à l’autre.

La plus-value sur le prix du lait en agriculture biologique favorise le niveau de produit des systèmes biologiques par rapport aux systèmes herbagers.

Vous pouvez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 26 janvier 2018

L’année 2017 a connu du mieux sur le prix du lait et sur les rendements en céréales. Mais cela reste insuffisant pour assainir la trésorerie après 2 années catastrophiques. Il faut donc maintenir une grande vigilance dans la conduite de votre exploitation. Dans ces périodes d’incertitudes où de nombreux outils analytiques sont disponibles pour vous aider à gérer vos ateliers, il ne faut pas oublier les fondamentaux ; l’analyse globale de votre exploitation en fait évidemment partie.

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