L'Avenir Agricole et Rural 05 juillet 2012 à 10h30 | Par E. DAUPHIN

RENOUVELLEMENT DES GENERATIONS - L’ODASEA en actions

Le Comité d’Orientation du service ODASEA de la Chambre d’Agriculture, est un outil de réflexion sur la problématique du renouvellement des générations en agriculture piloté par une équipe de responsables professionnels et présidé par Gilles Lamontagne.

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L'équipe de l'ODASEA, composée de six salariées
L'équipe de l'ODASEA, composée de six salariées - © ED

L’équipe de l’ODASEA est composée de six salariées dont trois à temps partiel, soit une masse salariale de 5,4 ETP. Les missions qui lui sont confiées sont multiples et complémentaires : conseil à l’installation, à la transmission, animation du Répertoire Départs/Installations, intervention dans le cadre du parcours à l’installation, de la cellule REAGIR, suivi des contrats d’apprentissage..., L’ODADEA réalise également de la prestation de services pour des organismes extérieurs : intervention sur de la gestion de projet en BPREA, sous-traitance du secrétariat-comptabilité de la FDCUMA et de l’inter-profession porcine.

Les projets d’installation se diversifient

En 2011, 52 parcours à l’installation ont été agréés et 47 validés, soit une dizaine de moins qu’en 2010, année record en terme d’installations par anticipation de la réforme. Les formations recommandées le plus fréquemment en plus du stage 21 heures portent sur les aspects juridiques, fiscaux et sociaux, la négociation des contrats, la valorisation de la comptabilité, le raisonnement agronomique en production végétale. En 2012, le stage 21 heures devrait s’étoffer avec des parcours modulables: situer son projet dans le contexte économique et politique, construire son projet, sécuriser son projet d’un point de vue juridique, s’installer en société... De plus, à partir de 2012, le suivi post-installation passera à trois jours par an pendant trois ans. L’encouragement est de 4 points de DJA et une enveloppe de 3000 euros du Conseil Général.

La procédure d’avenants au PDE a été allégée par la possibilité de rédiger des avenants simplifiés annexés au PDE. Lorsqu’il s’agit de modifications statutaires, elles nécessitent cependant un passage obligatoire en CDOA. «Il ne faut pas négliger cette procédure à chaque fois qu’on s’écarte de l’étude économique. En cas de contrôle de l’ASP, un oubli est sanctionnable» rappelle Monsieur Dutheil, représentant de la DDT.

38 installations effectives ont eu lieu en 2011, un chiffre dans la moyenne des dix dernières années. Les jeunes installés sont âgés de 26 ans en moyenne, les femmes forment 13% de l’effectif, 18 % ont un bac+2 et 21% se sont installés hors cadre familial. 89% des JA s’installent en société sur une surface moyenne (hors diversification) de 109 ha. 55 % d’entre eux produisent du lait.

Julie Belargent, responsable du service ODASEA, observe un engouement pour la création d’activités de diversification avec des montants d’investissement important, de l’ordre de 118 000 euros.

Coté transmission, le répertoire départ installation compte 170 candidats pour 35 offres de reprises, dont 17 exploitations à la recherche d’un associé et sept d’un repreneur potentiel.


L’activité de la cellule REAGIR

La cellule REAGIR s’adresse aux exploitants en difficultés. Anonyme et gratuite, elle regroupe trois référentes au sein de la MSA, la FDSEA et la Chambre d’Agriculture qui travaillent en concertation. En 2011, 31 entrées dans la cellule ont été enregistrées ainsi que 25 sorties, dont 21 positives. Une mission qui a mobilisé 246 jours de travail. En raison de son efficacité, cette initiative départementale a été reproduite dans les départements voisins et bénéficie d’aides du conseil régional.

Les motifs d’entrée sont bien souvent multi-factoriels : santé, mésentente, organisation défaillante, problèmes économiques... et donc complexes à traiter, c’est pourquoi il convient d’agir en synergie.

Anne Vanhorne témoigne que toutes les catégories d’exploitations sont touchées, y compris des grosses structures, souvent mises en péril pour des problèmes relationnels. Elle s’inquiète également de voir arriver dans la cellule de jeunes installés. Les deux aléas météorologiques qui ont sévit sur le département, notamment sur la diagonale Colombey-les-Deux-Eglises / Bettoncourt, ne sont pas étrangers à la recrudescence des interventions. L’année 2011 a été marquée par l’accompagnement juridique des vanniers suite aux difficultés de la coopérative de Fayl Billot.

Elle note que les efforts de communication autour du dispositif portent leurs fruits et que les personnes contactent la cellule de plus en plus en amont, ce qui facilite la résolution des problèmes.

Une Etude en perspective sur le territoire de Poissons

Redynamiser le renouvellement des générations peut impliquer une démarche proactive sur les territoires les plus en difficulté. Le canton de Poissons a été identifié comme tel en raison de ses caractéristiques socio-démographiques ; avec 18 communes pour 2000 habitants, il est le moins peuplé de Haute-Marne. La part d’agriculteurs dans la population est très élevée puisqu’elle atteint 12%, soit une centaine de chefs d’exploitation dont 35% ont plus de 65 ans. «De plus le nombre d’installations aidées est le plus bas sur cinq ans (0,9%)» précise Laurence Gerbault en charge du dossier.

Une enquête sera menée auprès des exploitants de plus de 55 ans afin de mieux connaître le territoire et de repérer les exploitants sans repreneurs. Cette démarche permettra de proposer aux élus locaux des actions de soutien. Des enquêtes comparables seront menées sur les cantons des quatre départements de la région avec une méthodologie commune. Cette démarche bénéficie, en plus de l’auto-financement des Chambres d’Agriculture, d’un financement du Conseil Régional, de l’Etat, du FEADER.



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