L'Avenir Agricole et Rural 04 décembre 2014 à 08h00 | Par E.D.

Rendements records pour le maïs grain

Alors que l’Association Générale des Producteurs de Maïs fête ses 80 ans d’existence, la production bat des records de rendements, y compris en Haute-Marne, mais la conjoncture n’est pas au beau fixe.

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La production française de maïs grain devrait atteindre 18 millions de tonnes, ce qui est un double record.
La production française de maïs grain devrait atteindre 18 millions de tonnes, ce qui est un double record. - © E.D.

Du rendement mais des prix en berne

Les rendements des cultures récoltées à l’automne ont bénéficié de pluies abondantes cet été. Le rendement moyen national du maïs grain est estimé à 107 quintaux par hectare selon l’AGPM (Association Générale des Producteurs de Maïs), pour une surface comprise entre 1,63 et 1,68 million d’hectares selon le niveau de transfert du fourrage en grain. Quant à la production française de maïs grain, elle devrait atteindre 18 millions de tonnes, ce qui est un double record. Les situations où le potentiel de la culture est habituellement limité par des déficits hydriques ont bénéficié de bonnes conditions pour mettre en place toutes les composantes du rendement, note l’AGPM. Le nombre de grains par mètre carré est particulièrement élevé sur l’ensemble des régions de production. De plus, les températures élevées de l’automne ont favorisé la maturation des grains et abaissé les taux d’humidité à la récolte, plus bas que la moyenne.

Avec un maïs grain coté à 144 Ä/tonne, il n’en reste pas moins que ces volumes peinent à couvrir les coûts de production, même si les prix se sont légèrement redressés ces dernières semaines (voir cotation). «Des outils efficaces de gestion du marché s’imposent», explique l’AGPM dans un communiqué. De plus, le syndicat s’inquiète des contraintes sur les facteurs de production : retraits de molécules, contraintes réglementaires et environnementales, gestion de la ressource en eau.

Focus sur une unité de séchage au nord du département

Mickaël Marchand est agriculteur à Droyes sur 265 hectares de culture. Son assolement compte du maïs grain, de l’orge, du blé et cette année, du sarrasin en contrat de semence. Il a également poursuivi et développé l’activité d’ETA initiée par son père. Il fauche actuellement plus de 200 hectares en prestation, dont une grande partie de maïs grain avec une machine, équipée d’un cueilleur à maïs six rangs. Compte tenu des conditions climatiques à l’automne dernier, il a également investi dans un train de chenilles qu’il peut substituer aux roues de la moissonneuse en cas de besoin, afin de limiter le tassement des sols en conditions humides.

Diversification dans le séchage de maïs

Dans le cadre de son ETA et à la demande des établissements Soufflet, l’agriculteur a investi 400 000 Euros (hors frais d’autoconstruction), dans une unité de séchage de céréales composée de trois cellules de stockage, d’une capacité totale de 3000 tonnes. Adaptée au traitement du maïs grain, elle peut également accueillir tout type de graines, hormis le colza.

Les agriculteurs du secteur viennent livrer pour le compte de Soufflet au lieu-dit du «Gagnage de la Paix», une référence au glorieux passé napoléonien local, situé au bord de la route qui mène à Giffaumont. Certains éleveurs récupèrent aussi leur maïs sec pour l’intégrer à la ration de leurs animaux.

Organisation

Les livraisons doivent être échelonnées en fonction des capacités de traitement de l’installation, car un maïs humide ne peut être conservé plus de 72 heures. Les agriculteurs se mettent donc préalablement en relation avec Mickaël afin que tout se passe dans les meilleures conditions. L’exploitant garde sa récolte à proximité pour faire tampon en cas de baisse des livraisons afin de faire tourner les séchoirs en continu.

Le matériel de mesure est fourni et étalonné par les établissements Soufflet. Il permet de mesurer à l’arrivée de chaque benne l’humidité, le poids spécifique du grain et le taux d’impuretés. Vincent Feutry, salarié sur l’exploitation, réceptionne les livraisons de grain et veille au bon fonctionnement de l’installation. Les établissements Soufflet mettent également à disposition un saisonnier pour toute la durée de la récolte.

Contrôle de la qualité

En fonction de la qualité du grain (présence de mycotoxines), les débouchés peuvent être alimentaires comme par exemple pour la fabrication de corn-flakes ou fourragers. A la sortie du séchoir, la température doit être inférieure à 10 degrés afin de stopper la prolifération d’insectes tels que les charançons, et l’humidité de 15 % maximum.

Cette année, la récolte s’est échelonnée entre début octobre et mi-novembre. Dans le Der, les rendements observés par l’entrepreneur ont varié selon les terrains de 70 à 125 quintaux/ha.

 

Emmanuel Perdrix - Responsable Qualité de Soufflet Agriculture
Emmanuel Perdrix - Responsable Qualité de Soufflet Agriculture - © E.P.

AVIS D'EXPERT

Emmanuel Perdrix - Responsable Qualité de Soufflet Agriculture

«Globalement les maïs ont été récoltés dans de bonnes conditions. Nous avons démarré début octobre et nous avons terminé aux alentours du  25 novembre.

Les humidités à réception en moyenne étaient aux alentours de 30-32% (nettement inférieures à celles de la moisson 2013).

Les conditions météo pendant la récolte ont été bonnes, couplées à de bons rendements (> 100 qx), entraînant ponctuellement l’engorgement des séchoirs.

Cette année, nous sommes très attentifs à la qualité sanitaire des maïs. L’été pluvieux a été favorable au développement de la fusariose entraînant des taux de mycotoxines relativement élevés. La réglementation étant différente en fonction des débouchés : alimentation humaine (ex: semoulerie), amidonnerie et alimentation animale, chaque lot est analysé en fonction des débouchés potentiels».


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