L'Avenir Agricole et Rural 13 avril 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

RENCONTRE : Répondre aux préoccupations des éleveurs

De nombreuses personnes sont venues assister à la journée « EMC2 de l’Elevage » à Montigny-le-Roi le 30 mars. Cette réunion d’information a permis de faire le point et d’apporter des conseils dans plusieurs domaines : les fourrages, la compétitivité, les mycotoxines et le marché du bœuf.

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Beau succès pour cette journée d’information, EMC2 renouvellera cet évènement l’année prochaine.
Beau succès pour cette journée d’information, EMC2 renouvellera cet évènement l’année prochaine. - © T MORILLON

EMC2 développe son activité élevage, il faut dire que les éleveurs représentent 80 % des adhérents. La journée EMC2 de l’élevage (Economiser, Maîtriser, Comprendre et Commercialiser) donne l’occasion de faire intervenir chaque métier de la coopérative, dans une présentation courte. « Nous avons organisé une première réunion près de Verdun où cent éleveurs étaient présents, il s’agit de montrer nos expertises en allant à l’essentiel » explique Patrice Brisson, Directeur Adjoint d’EMC2 Coop, qui coordonne ces actions.

 

Maîtriser production et protéines

Charles Adrian, technicien COPAM, a expliqué comment valoriser ses fourrages. Il démontre l’impact important de l’Indice de Transformation du Lait (ITL) sur les besoins fourragers. Pour le calculer, il suffit de diviser l’ingestion des matières sèches par la production journalière. Par exemple, une vache qui mange 23 kg de Matière Sèche et qui fait 32 kg de lait à un ITL de 718 : 23/32= 718 de MS par kg de lait. Le taux doit être compris entre 600 et 750, en faisant attention à ne pas dépasser les 750 MS/kg de lait. « Ainsi, avec le même stock de fourrage, il est possible d’avoir une production différente » explique Charles Adrien « il y a des facteurs de variation très importants comme le manque de protéine et sa qualité, mais aussi un manque de confort des animaux, de ventilation, de structure de ration ou l’aspect sanitaire. Cela peut aussi être un manque d’eau, 80 % des bâtiments n’ont pas suffisamment de points d’eau, il en faut 1 pour 10 vaches laitières ».

Fertiliser ses prairies

Ludovic André, technicien agronomie EMC2 a montré comment optimiser ses productions fourragères. Un bilan fourrager doit être établi pour bien connaître ses besoins, il faut ensuite définir la technique la plus efficace en fonction de l’inventaire floristique. Il existe plusieurs solutions pour améliorer les prairies : alterner fauche et pâture, adapter la fertilisation NPK à la production, éviter le sur-pâturage, le sous-pâturage et le piétinement. « Il vaut mieux faucher les refus plutôt que de les broyer » conseille Ludovic André « il faut respecter une hauteur de coupe suffisante, entre 7 et 8 cm et sur-semer dans les zones  de vide ». Le sur-semis entretient les prairies, cela permet de conserver la flore graminée.

Au niveau de la PAC, le plan protéine prévoit 50 % de légumineuses dans le mélange (en nombre de graines), soit environ 150 Ä/an sur minimum 3 ans. La fumure PK maintient le bon équilibre de la flore, une fertilisation complète d’une prairie permet de quasiment doubler le rendement, mais l’impasse d’un des éléments P ou K sur la durée fait baisser son potentiel.

 

Evaluer sa compétitivité

Nicolas Girault, conseiller Cerfrance a expliqué comment calculer son prix d’équilibre (cf graphique ci-contre). Le connaître est utile pour évaluer sa compétitivité technico-économique, mais aussi pour identifier les pistes d’amélioration et la contribution de l’atelier dans le résultat global. « C’est aussi un bon repère pour décider d’une vente de céréales. A plus long terme, on peut également évaluer l’impact de ses choix de gestion et évaluer le risque par rapport à la volatilité des prix » indique Nicolas Girault.

 

Limiter la présence de mycotoxine.

Jean-Louis Bouchon, responsable agronomie EMC2, est intervenu sur la contamination des maïs fourragers en mycotoxines. Une grosse proportion de maïs est infectée par les champignons ce qui influe sur la production : augmentation du taux cellulaire, des mammites, des fourbures, des diarrhées, baisse de la consommation de l’animal… Au champ il n’y a pas que la pluviométrie qui est un facteur aggravant, les insectes foreurs, le stress hydrique et le déséquilibre alimentaire sont à surveiller. Au stockage, il faut être attentif à la température et à la période d’exposition, de plus la présence de pyrales (papillons nuisibles) multiplie les risques de contamination par les mycotoxines.

 

Il faut éviter les récoltes tardives et les pollutions extérieures. Il y a aussi un risque variétal, les meilleures espèces sont moins touchées. Par le labour et la rotation on peut limiter la pression du champignon. « C’est sur le pied qu’il y a le plus de contamination, donc la hauteur de coupe ne doit pas être trop basse, en plus cela limite la présence d’amas de terre dans la récolte » conseille Jean-Louis Bouchon.

 

Re-dynamisation du bœuf

Jean-Luc Duret, conseiller EMC2 Elevage a présenté les débouchés actuels de la viande de bœuf et les perspectives. En 30 ans, la France a réduit son cheptel de vaches laitières de 3 millions, alors que l’on compte 1 million de vaches allaitantes supplémentaires. Les volumes de viande de gros bovins disponibles pour la consommation française et l’exportation se sont réduits de 6 %. On importe 80 % de race laitière et les GMS absorbent 59 % de la production française. L’exportation reste le domaine du jeune bovin (71 %). La restauration hors domicile importe beaucoup, le bœuf français ne représente que 19 % de sa consommation. La viande transformée, notamment le haché, connaît une forte progression, issue principalement de vaches laitières, elle représente 52 % de la viande bovine qui passe en GMS. On assiste à une re-dynamisation des rayons viande : retour des rayons traditionnels, caves de maturation…

 

Les génisses allaitantes restent prisées par la boucherie et les rayons traditionnels des GMS. « La situation est favorable à la production de jeunes bovins laitiers, souvent utilisés en substitution, mais il faut re-dynamiser l’export du JB viande, conforter les marchés traditionnels, notamment l’Allemagne et prospecter de nouveaux pays asiatiques » explique Jean-Luc Duret.

 

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