L'Avenir Agricole et Rural 12 mai 2016 à 08h00 | Par T.Morillon

Remettre le sol au Cœur du système

Une productivité équivalente en agriculture de conservation ou en agriculture conventionnelle : la SEPAC y croit. Dans ce cadre, 40 clients hauts-marnais ont échangé avec serge AUGIER responsable de la zone Franche-Comté chez SEPAC sur ce thème passionnant. La journée s’est voulue interactive et très riche en informations pratiques.

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L’agriculture de conservation est transposable en Haute-Marne, c’est ce qu’a constaté une quarantaine d’agriculteurs.
L’agriculture de conservation est transposable en Haute-Marne, c’est ce qu’a constaté une quarantaine d’agriculteurs. - © T.M.

Le revenu par hectare est à la baisse depuis plusieurs années, les rendements stagnent et les normes phytos se durcissent. Face à ce constat, la SEPAC s’engage à aider ses clients en leur faisant augmenter leur productivité tout en réduisant les intrants. La force de SEPAC est d’avoir une zone dynamique sur 22 000 ha qui pratique la conservation des sols. Ce champ d’essai à l’échelle de la région avance grâce à l’implication des agriculteurs et des techniciens SEPAC.

L’objectif à terme est de démontrer l’interêt environnemental et économique de la conservation des sols. Une plate-forme de 4 parcelles a été mise en place pour comparer les résultats des systèmes en semis direct et conventionnel dans le cadre du GIEE «Du Sol Eau Soleil», que Serge anime.

Développer la biodiversité

Serge Augier a rappelé quelques fondamentaux de l’agriculture de conservation : ne pas travailler le sol, augmenter sa teneur en matières organiques, soigner le système racinaire de la culture et maintenir un taux de calcaire actif élevé en surface. Il faut également, augmenter la biomasse du sol pour doper l’activité microbienne, l’objectif étant d’avoir plus de champignons que de bactéries. Un équilibre doit être trouvé entre la présence de champignons et l’utilisation de certains fongicides par exemple. Seul le passage des disques semeurs doit perturber l’horizon de surface, pour limiter la destruction de la rhizosphère. Cette piste est également primordiale dans la gestion du désherbage (géraniums, graminées), le fait de limiter le mouvement de terre à faible vitesse, au semis, limite la mise en condition de germination.

En ramenant de la biodiversité, on développe les populations de vers de terre endogés, anéciques et épigés. Les galeries creusées facilitent l’exploration racinaire, ce qui structure le sol pour une meilleur portance et facilite le drainage. Les vers de terre sont au cœur du système et doivent être pris en compte comme auxiliaire pilier lors de la gestion des limaces.

Changements de pratiques

Lors de la visite, les agriculteurs ont observé 3 parcelles des 1 500 ha de cultures en couverture permanente, avec de la luzerne en sol calcaire et du lotier des marais en terres hydromorphes. Pour les céréaliers, on augmente ainsi l’apport de carbone dans le sol en broyant, tandis que pour les éleveurs, la récolte du couvert permanent permet un complément de fourrages d’opportunité.

L’introduction de plantes associées permet également de perturber certains insectes (altises sur colza par exemple).

Serge AUGIER conseille d’alterner les plantes à systèmes racinaires pivotants et celles à systèmes fasciculés.

Un système transposable en Haute-Marne

L’opportunité pour la haute marne réside dans l’augmentation du taux de matière organique des sols. La matière organique augmente la réserve utile du sol, accroît la fertilité et concentre l’activité biologique en surface au niveau des racines. Cet objectif est atteignable par la gestion de couverts, des cultures dans la rotation, de cultures associées, le tout en limitant la perturbation de surface par le biais du semis direct.

Les sols hauts marnais répondent à la même logique et certains clients SEPAC pratiquent et maîtrisent la technique à hauteur de 3 500 ha. «L’important est de se lancer dans ses parcelles sur 1 ha ou 50 ha peu importe, pour constater les changements» explique Jean-François Ferrand, responsable collecte SEPAC.  Mais remettre le sol au coeur du système engendre des changements de pratiques (rotation, changement de gamme d’engrais…) et de conseils. «Nous pensons que cette voie permettra de répondre aux problématiques actuelles et notre rôle est donc d’accompagner nos agriculteurs dans leurs démarches d’acquisition de la technique via nos conseils et le suivi aux champs».

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