L'Avenir Agricole et Rural 25 janvier 2018 à 01h00 | Par T.M.

Réduction des pesticides : les limites du système

L’Association Productions Végétales et Agronomie (APVA) a organisé sa journée technique le 20 décembre à la Maison de l’Agriculture. Des spécialistes ont dévoilé leurs résultats d’expérimentation de réduction des pesticides. Un thème qui a fortement mobilisé les agriculteurs, venus très nombreux.

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Dans un contexte de réduction des produits phytos, les agriculteurs se sont déplacés en nombre afin de connaître les alternatives possibles, mais celles-ci sont plus coûteuses.
Dans un contexte de réduction des produits phytos, les agriculteurs se sont déplacés en nombre afin de connaître les alternatives possibles, mais celles-ci sont plus coûteuses. - © T.M.

En plein débat sur le glyphosate, l’APVA a décidé d’orienter sa journée technique sur les conséquences d’une réduction, voire d’un arrêt total d’utilisation des pesticides. « Un sujet très intéressant car depuis des années on ne fait que les réduire » souligne le Président de l’APVA Mickaël MASSELOT. Jean-Luc FOLLOT, responsable du Pôle Productions Végétales pour les Chambres d’agriculture de l’Aube et de la Haute-Marne a tenu à inviter des spécialistes qui ont mené différents essais. En effet, il ne s’agit pas seulement d’un problème de réglementation. Jean-Michel FONDEUR, technicien à la Chambre d’agriculture de la Haute-Marne, a mis en évidence la hausse régulière du coût des herbicides : 75 /ha en 1988 (en colza) à plus de 130 /ha en 2016.

Travail de groupe

Tout d’abord, c’est Anthony LE QUEMENER, conseiller bio grandes cultures à la Chambre d’agriculture de l’Aube qui a présenté les résultats d’Agriculture Conservation Biologique (ACB), groupe dont il est l’animateur. Créé il y a 2 ans, ACB est composée de 8 agriculteurs de l’Aube et de la Marne. L’adhésion est basée sur un droit d’entrée technique, chaque exploitant devant faire un essai afin d’apporter ses résultats en fin de campagne. ACB a mené 19 essais en « parcelles agriculteurs » et deux essais système (un en Champagne crayeuse et un en Barrois). Ils ont réalisé 99 mesures en 2016/17 : biomasse microbienne, indice de minéralisation, ainsi que la matière organique libre, liée, totale.

Pour le groupe, l’agriculture de conservation consiste à améliorer la fertilité des sols. Par exemple augmenter la disponibilité du phosphore en favorisant le développement des vers de terre. Etonnement, 60 % des agriculteurs utilisent le labour car « limiter le travail du sol n’est qu’un moyen parmi d’autres, ce n’est pas un objectif » explique Anthony LE QUEMENER. L’ACB travaille sur plusieurs thématiques : blé en semis d’été, soja associé, lentille associée, céréales en semis simplifié et céréales en semis direct (sur couvert vivant et sur couvert détruit).

Les agriculteurs font face à différents problèmes comme la difficulté de concilier agriculture biologique et semis direct, qui ne fonctionne que dans des parcelles propres (or l’utilisation du glyphosate est interdite en bio). Ils rencontrent aussi des soucis avec le blé semé en août : enherbement au semis, manque de pieds (le blé doit occuper tout l’espace pour éviter la repousse d’adventices) et présence de mouches et de maladies (rouille brune et oïdium). « Nous cultivons l’échec pour apprendre de nos erreurs » conclut Anthony LE QUEMENER.

Une expérimentation insatisfaisante

Pascal FARCY, chercheur à l’INRA, a présenté les résultats d’un essai mis en place de 2000 à 2017 sur l’unité expérimentale de Dijon-Epoisses (21), l’objectif étant de réduire l’utilisation des herbicides en grandes cultures. Plusieurs leviers sont utilisés pour réduire le potentiel d’infestation comme la diversification de la date de semis, le labour (et l’alternance labours/semis direct), la récupération des menu-pailles et jouer sur les faux-semis et les dates de semis. Il y a également des alternatives au désherbage traditionnel en utilisant l’allélopathie (intéraction biochimique entre une plante et une autre), le désherbage mécanique ou tout simplement en réduisant les doses. Enfin, on peut atténuer la présence des adventices en implantant des variétés compétitives ou des couverts végétaux, en fauchant ou encore en jouant sur la densité des semis (écartement).

 

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 26 janvier 2018.

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