L'Avenir Agricole et Rural 23 août 2018 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Recul démographique des chefs d’exploitation et progression modérée des revenus

Dans une de ses publications sur les statistiques agricoles, la MSA indique les faits marquants de 2017 : hausse de la superficie moyenne par exploitant, repli de la pluriactivité, et légère hausse des revenus agricoles 2 016.

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15,3 % des chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole sont pluriactifs en 2017, soit 0,8 point de moins que l’année précédente.
15,3 % des chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole sont pluriactifs en 2017, soit 0,8 point de moins que l’année précédente. - © S. Leitenberger

Au 1er janvier 2017, 453 113 chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole sont dénombrés en France métropolitaine, soit un effectif en baisse de 1,9 % par rapport au 1er janvier 2016. Cette baisse, dont l’ampleur est la plus importante de la décennie, résulte exclusivement d’une diminution de l’effectif des chefs d’exploitation agricole. La population des chefs d’entreprise agricole (entreprises paysagistes, centres équestres, centres d’entraînement et entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers) étant stable entre 2016 et 2017.

En 2017, le régime des non-salariés agricoles a accueilli 21 472 nouveaux cotisants en qualité de chefs d’exploitation ou d’entreprise, soit une hausse des nouveaux installés de 10,2 % par rapport à 2016. 30 162 individus ont quitté le régime : un effectif en hausse de 19,3 % en un an. Le taux de remplacement des départs atteint 71 %. Ce taux s’est dégradé en comparaison des deux dernières années (2016 : 77 %, 2015 : 74 %).

 

 

L’âge moyen progresse encore

En 2017, l’âge moyen des chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole progresse de nouveau et s’établit à 49,3 ans (49,0 ans en 2016). Il augmente légèrement pour les hommes (48,4 ans en 2017 contre 48,2 ans un an plus tôt) et davantage pour les femmes (52,1 ans en 2017 contre 51,6 ans en 2015 et 2016). Le transfert entre époux et la possibilité pour les conjoints de prendre la direction de l’exploitation lorsque le chef part à la retraite, affecte l’âge d’entrée dans la profession agricole.

Recul démographique

Toutes les activités agricoles sont impactées par la baisse des effectifs de chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole. Dans l’élevage laitier, les effectifs de chefs diminuent de 3,4 % entre 2016 et 2017. Les effectifs de chefs diminuent également de 1,3 à 1,5 % en cultures spécialisées, en polyculture élevage, en grandes cultures, en élevage hors-sol et en l’élevage à finalité viande (bovins, ovins, caprins).

Indépendamment de toute entrée ou sortie du régime agricole, des chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole déclarent changer de secteur d’activité d’une année sur l’autre. Ces recompositions, un peu moins nombreuses que par le passé (-6,4 % par rapport à 2016) affectent principalement l’élevage (lait et viande). Les secteurs qui bénéficient de ces mutations sont les grandes cultures et la polyculture élevage.

En 2017, environ 54 % de chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole produisent du lait, des céréales ou du bétail pour la viande. La filière lait compte 90 000 chefs (soit 19,9 % de l’ensemble des chefs), le secteur des cultures céréalières et industrielles en représente 80 000 (17,7 %) et l’élevage pour la viande en rassemble environ 76 200 (16,8 %). A ceux-ci s’ajoutent près de 58 300 chefs qui associent polyculture et élevage (soit 12,9 % de l’ensemble) et environ 47 100 viticulteurs (10,4 % des chefs).

15,3 % des chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole sont pluriactifs en 2017, soit 0,8 point de moins que l’année précédente. Ce recul est une rupture tendancielle depuis 2014 car auparavant, le taux de pluriactivité progressait de 0,1 point par an, voire de 0,2 point par an depuis 2009.

Superficie moyenne en hausse

En 2017, la SAU est de 24,5 millions d’hectares, en repli de 0,4 % par rapport à celle de 2016. L’ensemble des chefs d’exploitation agricole mettent en valeur 23,3 millions d’hectares de terres, tandis que les apporteurs de capitaux qui ne travaillent pas sur l’exploitation détiennent 1,2 million d’hectares. Environ 28 % des apporteurs de capitaux sont dans le secteur céréalier, 18,6 % en viticulture et 13 % en polyculture-élevage. Ils sont très présents notamment dans l’Aisne, l’Aube, la Gironde, la Marne, le Finistère, la Charente, et en Alsace.

La superficie moyenne par exploitant poursuit son ascension : elle atteint 55,9 ha en 2017 contre 55 ha un an plus tôt. La répartition des superficies d’exploitation demeure inégalitaire puisqu’un exploitant sur deux met en valeur une superficie qui n’excède pas 43,5 hectares ; pour 25 % des exploitants, la superficie mise en valeur ne dépasse pas 17,7 hectares, tandis que pour les 25 % de chefs les mieux lotis en termes de terres, la surface exploitée est supérieure ou égale à 77 hectares.

Progression des revenus de 1 %

Toutes productions confondues, les revenus professionnels de 2016 progressent de 1 %, hormis le domaine céréalier.

En élevage hors-sol, les revenus professionnels de 2016 augmentent fortement (+ 41,9 %) ; en élevage laitier, la progression atteint 1,2 %. Ces secteurs se redressent après des évolutions de revenus très négatives en 2015 (- 11,7 % pour la filière hors-sol et - 30,7 % pour la filière laitière). Dans l’élevage à finalité viande et en viticulture, les revenus professionnels sont à nouveau en hausse. La progression s’élève à 24,8 % dans la filière viande et 1,7 % dans la viticulture.

Dans le secteur des céréales et des cultures industrielles, les revenus professionnels de 2016 baissent de 20,8 %. L’année précédente, les revenus avaient déjà diminué de 21,5 %.

 

Grande disparité des revenus

Parmi les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole imposés au réel et dont les revenus professionnels 2 016 sont connus, 19,2 % ont des revenus 2 016 déficitaires et 20,1 % ont un revenu positif qui n’excède pas 4 315 Ä par an. Un peu plus de 30 % des déficits sont rencontrés dans les grandes cultures, 18,4 % en polyculture associée à de l’élevage et 16,3 % dans l’élevage laitier.

Dans le secteur céréalier, 31,2 % des producteurs sont en déficit. Ils sont un sur quatre en polyculture-élevage et un sur six dans le secteur laitier.

Les grandes cultures et la polyculture-élevage, qui concentrent le plus grand nombre de déficits et le plus grand nombre de chefs en déficit, sont aussi les filières (avec la viticulture) qui comptent le plus de chefs avec des revenus professionnels parmi les plus élevés. Ainsi, plus d’un céréalier sur cinq a des revenus professionnels en 2016 parmi les plus élevés ; la proportion est d’un sur quatre en viticulture et d’un sur dix dans la polyculture-élevage. La filière céréalière est tributaire des variations des marchés et des stocks mondiaux, des aléas climatiques mais également des mesures politico-économiques (notamment les embargos).

 

Une méthodologie différente

Le champ des chefs d’exploitation et d’entreprise agricole de la MSA est différent de celui des recensements et enquêtes structure réalisés par le Service du Ministère de l’Agriculture. Pour la MSA, il inclut la filière bois (sylviculture, exploitation de bois, scieries fixes), une partie des métiers de la mer (conchyliculture, pêche côtière et en eau douce, aquaculture, marais salants), les artisans ruraux, les entreprises de travaux agricoles, de jardins, paysagistes, de reboisement, ainsi que des professions du monde hippique (centres d’entraînement, centres équestres) et il exclut les exploitants agricoles dont l’exploitation procure une activité inférieure à l’activité minimale d’assujettissement.

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