L'Avenir Agricole et Rural 01 septembre 2016 à 08h00 | Par Didier PETIT

Reconquérir une marge de sécurité

Caprice du climat, marchés instables, gestion du risque, garanties financières, optimisation fiscale, charges de fonctionnement, diversification des sources de revenus, voici les principaux paramètres de la délicate équation que doit résoudre un exploitant soucieux de préserver son exploitation, son niveau de vie et(ou) pour en assurer la pérennité.

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Les financeurs recherchent des garanties adaptées à la durée de l’investissement.
Les financeurs recherchent des garanties adaptées à la durée de l’investissement. - © J Nanteuil

La marge de sécurité

Aujourd’hui, les agriculteurs sont dans l’insécurité économique et pour cela doivent composer -en plus du risque climatique- avec le risque économique (prix marché, …) mais également juridique, humain,…. A cela s’ajoutent les remises en question liées aux attentes sociétales parfois contradictoires.

En matière économique, l’agriculteur doit apprécier la marge de sécurité de son exploitation. Ensuite, il doit faire une analyse de risques et mettre en place des mesures correctives lorsqu’elles existent. En cas de recours à l’emprunt, sa banque ou ses créanciers peuvent exiger des garanties.

La marge de sécurité représente le solde entre l’ensemble du chiffre d’affaires et les charges engagées auxquelles on ajoute les annuités des emprunts et les prélèvements de l’exploitant.

Cette somme doit être analysée par rapport aux hypothèses de prix et de chiffres d’affaires, de charges engagées dans le cadre du projet. Le tout doit être confronté aux besoins financiers futurs de l’entreprise (renouvellement des équipements,…). Dans le cas d’un projet avec vente directe et création d’un nouveau marché, elle devra être associée aux résultats de l’étude de marché et au potentiel commercial du projet.


Grosses pertes en 2 ans

Dans le cas où ces différents paramètres ont pu être correctement appréhendés lors de l’élaboration du projet, la marge de sécurité doit servir à amortir les incidences d’une baisse de chiffre d’affaires, à couvrir un aléa, permettre le renouvellement d’un matériel qui casse, une annuité nouvelle,….

Pour mieux comprendre la situation des polyculteurs- éleveurs, nous avons illustré le propos qui suit en reprenant la situation d’une exploitation qui vient d’installer un JA sur 300 ha avec 1 000 000 L de quota et 100 ha de culture de vente (hors maïs). Une telle exploitation dispose d’un chiffre d’affaires compris entre 500 et 600 000 Ä et couramment un EBE de 150 000 Euros (avant 2015).

Nous avons simulé les pertes liées aux deux dernières années, ce qui représente de notre point de vue l’équivalent d’une année d’EBE.

Avec un prix du lait prévu en 2013 à 330 Euros/1000 l et des céréales à 150 Euros/t (équivalent blé), la marge de sécurité de 30 000 Euros par an est jugée correcte par le banquier soit 7% du chiffre d’affaires et 20 % de l’EBE). C’est traditionnellement une marge de sécurité jugée confortable.

Cette marge de 30 000 Euros correspond à :

- une baisse de prix du lait de 30 Euros1000 l. (il suffit pour cela que le lait soit payé 300 Euros/t)

- une baisse de rendement céréale de 20 qx/ha en équivalent blé (sur 100 ha à 150 Euros/t)

- un surcroît de charge d’alimentation suite à une sécheresse (achat de 20 ha de maïs sur pied et aliment en plus pour maintenir la production, le cheptel en état,….).

Ainsi, sur 2015 et 2016, une telle exploitation par rapport à son prévisionnel est en train de subir :

- deux fois la baisse du lait soit 60 000 Euros de pertes de chiffre d’affaires par rapport au prévisionnel,

- la sécheresse de 2015 soit 30 000 Euros

- la baisse de chiffre d’affaires céréales de 30 000 Euros sur 2016 (hors assurance récolte)

Cela représente une perte globale de 120 000 Euros sur 2 ans pour une exploitation performante en situation normale.

Pour beaucoup d’exploitants la perte réelle sera plus importante.

Dans la série d’articles des semaines qui suivent, nous allons nous servir de cet exemple réaliste et conforme à la situation des polyculteurs- éleveurs de la Haute Marne, et de l’Est de la France, pour analyser comment une telle exploitation peut s’adapter.

Vous pourrez consulter la suite de cet article dans notre édition du 02 septembre 2016.

Les garanties financières

Les garanties encore appelées en droit sûretés sont classées en 2 catégories :

Les garanties qui reposent sur les personnes dites garanties personnelles : une tierce personne assure le remboursement du prêt lorsque l’emprunteur est défaillant.

Les garanties qui reposent sur un bien ou une compensation financière dites garanties réelles : il s’agit le plus souvent d’un bien mais on verra qu’il peut s’agir d’une ressource à venir du débiteur. Dans ce cas le banquier ou créancier se payera directement sur le bien.

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