L'Avenir Agricole et Rural 05 mars 2020 à 10h00 | Par TM

Réchauffement climatique, donner des solutions concrètes aux éleveurs

Le dispositif Climalait évalue l’impact du changement climatique dans les exploitations laitières et leur propose des pistes d’adaptation. La Haute-Marne est le premier département du CIL Grand Est (Interprofession laitière) a déployer ce programme.

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Climalait et les formations qui en découlent ont été présentés aux acteurs de la filière laitière au Conseil Départemental le 5 février.
Climalait et les formations qui en découlent ont été présentés aux acteurs de la filière laitière au Conseil Départemental le 5 février. - © TM

«Nous sommes face à un constat de plus en plus régulier d’aléas climatiques rencontrés sur nos exploitations » alerte Florent Cressot, membre du conseil d’administration du CIL Grand Est (voir encadré). « Certaines années il est difficile de semer, voire récolter dans de bonnes conditions et parfois rien ne pousse. De plus, nos animaux souffrent de la chaleur ». Face à ces évènements, le CNIEL a initié le projet Climalait qui est mené par l’Institut de l’Élevage en partenariat avec les Chambres d’agriculture.

Les effets du changement climatique se font ressentir depuis plusieurs années. L’agriculture y est particulièrement sensible, par exemple le réchauffement climatique menace directement les AOP qui ne pourront plus forcément tenir leur cahier des charges (manque d’herbe dans la ration à cause des canicules). L’adaptation des exploitations est nécessaire si elles veulent rester compétitives.

De nouvelles pratiques

Pour s’adapter, il faudra se constituer un stock de fourrage de sécurité, diversifier ses assolements (luzerne, prairie multi-espèces, remplacer le maïs par du sorgho dans les terres profondes), mettre ses génisses en pension, avancer l’âge au vêlage… Certains se lancent dans l’agroforesterie pour que les vaches continuent à aller au pré en été. Il faudra aussi aménager ses bâtiments : installer un système de ventilation en été pour que les vaches se sentent bien.

Des formations à la carte

« 8 départements de la région sont prêts à se lancer dans l’action » assure Daniel Coueffé, conseiller lait à la Chambre d’agriculture de Haute-Marne. Pour l’instant seul le secteur laitier est concerné, mais des groupes similaires devraient se créer en viande.
Début mars l’Institut de l’Élevage formera 10 techniciens Chambre de la région, dont les Haut-Marnais Maude Gouget et Daniel Coueffé.  Ils s’approprieront les outils a mettre en place avec les éleveurs dans les formations Climalait.

Il y aura une demi-journée consacrée à l’évolution du climat, une demi-journée sur l’adaptation des bâtiments (stockage et bien-être animal) et une journée avec des groupes d’éleveurs sur l’adaptation des systèmes fourragers (travail de référentiels fourrage sur les prairies permanentes, temporaires, luzernes, maïs…). Il vont établir des moyens d’adaptation : récolte précoce de l’herbe au printemps, type d’herbe à semer, valorisation pour les animaux… Et puisque le maïs montre ses limites, tout un travail sera également fait sur les cultures fourragères : sorgho, méteils… À partir de toutes ces données, l’objectif sera de retrouver un système fourrager dans un contexte de changement climatique.

LE RÔLE DU CIL GRAND EST

Le CIL Grand Est regroupe l’Île-de-France, la Lorraine, le Grand Est (sauf les Ardennes) et la Bourgogne Franche-Comté (sauf la Nièvre et la Saône et Loire, mais qui devraient rejoindre l’interprofession en juillet). Sur cette zone, 9 000 exploitations produisent 3 651 701 l de lait, soit 15 % de la part nationale, autant en nombre de fermes qu’en volume laitier. 28 % des fromages français y sont fabriqués, dont 11 AOP.

« Notre objectif est de déployer sur le territoire l’ensemble des actions qui sont faites au niveau national » explique le directeur du CIL Grand Est Thierry Bajolet, « Il y a la communication, mais nous devons surtout nous assurer de la qualité de notre lait, il faut qu’il soit sain et marchand. Nous observons aussi les marchés laitiers et nous construisons des indicateurs de prix aux producteurs pour qu’ils puissent négocier ». Le CIL Grand Est est très vigilant sur les antibiorésistances et travaille avec des vétérinaires sur le sujet.

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