L'Avenir Agricole et Rural 09 juillet 2020 à 11h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Réchauffement climatique : des adaptations nécessaires

L’étude Climalait évalue l’évolution du climat et donne des pistes d’adaptation pour les exploitations agricoles. Sur le plateau de Langres, les effets du changement climatique seront nombreux et nécessiteront la mobilisation de différents leviers complémentaires.

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Les évolutions du climat mettent en évidence l’intérêt de travailler avec un stock fourrager de sécurité pour pouvoir faire face à des aléas climatiques plus fréquents et/ou plus intenses à l’avenir.
Les évolutions du climat mettent en évidence l’intérêt de travailler avec un stock fourrager de sécurité pour pouvoir faire face à des aléas climatiques plus fréquents et/ou plus intenses à l’avenir. - © TM

Climalait est une étude commandée par le Cniel afin d’accompagner la filière laitière face aux impacts du changement climatique. 30 zones de productions laitières ont été étudiées, dont le plateau de Langres. L’étude menée par l’Institut de l’Elevage, en partenariat avec la Chambre d’agriculture de Haute-Marne, le Syndicat de défense de l’Epoisses, Arvalis, le Bureau technique de promotion laitière, l’Inrae et Météo France, démontre que le territoire sera fortement impacté par le réchauffement climatique. Les éleveurs devront adapter leurs pratiques.

Le climat dans la zone de Langres s’est réchauffé de 0,5 °C en 30 ans. D’après les simulations, les températures augmenteraient de 1°C d’ici 40 ans, pour ensuite s’accélérer fortement. La hausse serait plus marquée en été (+5,5 °C) qu’en hiver (+3 °C). Les épisodes de gel seront moins nombreux avec davantage de jours de canicules. Le réchauffement du climat aura des conséquences directes sur les animaux : augmentation du nombre de jours en stress thermique et de l’intensité du stress.

Accélération des cycles végétatifs

Toutefois, la hausse des températures permettra une mise à l’herbe plus précoce. Alors qu’actuellement elle se situe vers le 4 avril en moyenne, elle passerait au 29 mars dans un futur proche et au 18 mars d’ici une cinquantaine d’année.
Le cumul des précipitations restera stable sur l’année, mais diminuera en été avec une augmentation de l’évapotranspiration. Les sécheresses seront donc plus fréquentes en été, entrainant un ralentissement (voire un arrêt) de la croissance de certaines espèces prairiales. La croissance de l’herbe ralentira dès la fin du printemps et pendant tout l’été, puis reprendrait à l’automne, comme c’est déjà le cas dans certaines régions où le creux d’été et le rebond d’automne s’accentuent. Cette pousse plus précoce et plus tardive augmentera la quantité d’herbe produite en un an.
Les rendements de luzerne seront en hausse, quel que soit le nombre de coupes. L’augmentation de la température permettra bien souvent de réaliser une coupe supplémentaire. On estime que la première coupe de luzerne aura dix jours d’avance d’ici 2039. Le réchauffement climatique serait donc plutôt favorable à la luzerne.
Le rendement des maïs dépendra du type de sol : en augmentation sur sol profond et en diminution sur sol moyen. Cependant il faut s’attendre à une grande variabilité des rendements à l’avenir. Les dates de floraison et de récolte des maïs seront plus précoces, mais y aura-t-il suffisamment d’eau pour subvenir aux besoins de la plante ?

Avoir un stock de sécurité

Deux solutions sont possibles pour pallier le déficit fourrager : augmenter les rendements en semant plus tôt des variétés plus tardives ou avancer la mise à l’herbe pour diminuer les besoins en maïs.

La situation sera particulièrement difficile en cas de sécheresse car l’ensilage viendra à manquer. Même si les vaches laitières deviennent prioritaires pour les prairies, la production restera insuffisante pour couvrir leurs besoins, de début août à début octobre. Ce sera encore pire pour les génisses puisque leur ration estivale est normalement intégralement composée d’herbe pâturée. Sans anticipation, la seule solution sera de ne pas engraisser les vaches de réforme et d’éventuellement vendre une partie des génisses.

Vous pourrez consulter la suite de cet article dans notre édition du 10 juillet 2020.

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