L'Avenir Agricole et Rural 23 décembre 2010 à 11h32 | Par ESTELLE DAUPHIN

RECENSEMENT - Le rencensement agricole bat son plein

Le recensement agricole a démarré depuis deux mois en Champagne Ardenne sous la houlette de la DRAAF. Ludovic Brosse, responsable de secteur pour les Ardennes et la Haute-Marne, revient sur les tenants et les aboutissants de cette enquête.

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Le recensement agricole concerne l’ensemble des exploitations agricoles, qu’elles soient grandes ou petites, que l’agriculture corresponde à l’activité principale ou secondaire de l’exploitant. Elle se déroule auprès des chefs d’exploitation sur l’ensemble du territoire national, ce qui représente plus de 500 000 exploitations agricoles interrogées. A l'heure actuelle en Haute-Marne, 50 % des exploitations ont été enquêtées de façon homogène sur le territoire.

Que recense-t-on ?

 

Le recensement agricole étudie toutes les facettes de l’agriculture d’aujourd’hui. Quelque 700 données sont recueillies relevant de grandes thématiques, dont :

- les cultures et superficies cultivées
- l’élevage et le cheptel
- les modes de protection des cultures
- l’équipement des exploitations
- la diversification des activités (tourisme vert…)
- la commercialisation des produits (AOC, vente directe aux consommateurs…)
- l’emploi (salariat, emploi familial…) et le niveau de formation de l’exploitant
- la gestion de l’exploitation
- etc.

En revanche, le recensement agricole ne collecte pas les données financières des exploitations. Il faut compter environ une heure à une heure trente d'entretien.

Des données territoriales fines pour suivre l’évolution du secteur

 

Le recensement agricole permet d’évaluer l’état de l’agriculture, mais aussi sa position et son évolution, en comparant les résultats à ceux des précédents recensements, ou à ceux d’autres pays européens. L’enquête, détaillée, recueille des données sur un éventail de thématiques très large. Elle offre des données précises, depuis le niveau national jusqu’à l’échelle de la commune. Évolutive, elle intègre les sujets émergents à chaque nouvelle édition. Enfin, à la différence des autres enquêtes sur le secteur, elle intègre une dimension sociologique et s’intéresse à l’évolution de la vie et du métier des producteurs. Le recensement participe à rendre compte de la réalité et de la diversité d’un métier et d’un secteur méconnus.

Des enquêteurs agréés à la rencontre des agriculteurs

 

Près de 3 000 enquêteurs prennent part à la collecte d’informations en 2010. Ils connaissent bien le monde agricole et la région dans laquelle ils enquêtent et en sont très souvent issus. Un tiers d’entre eux a d’ailleurs déjà participé au recensement agricole de 2000. Ils sont munis d’une carte d’agrément permettant de facilement les identifier. En Haute-Marne, ils ne sont pas moins de dix-huit à sillonner le département et reçoivent un accueil globalement favorable de la part des agriculteurs, précise Ludovic Brosse.
Chaque enquêteur a la charge de plusieurs communes, qu’il recense en les échelonnant dans le temps. Il est donc présent dans une zone donnée durant quelques jours. Au total, chaque enquêteur rencontrera environ 200 chefs d’exploitation durant l’enquête de terrain.

La confidentialité et l’obligation légale

 

Les mairies ont été sollicitées pour identifier les exploitations présentes sur leur territoire. La confidentialité des données recueillies est assurée par la loi du 7 juin 1951 sur le secret statistique. Le recensement agricole est une obligation pour chaque agriculteur installé en France. Dans le strict respect des libertés individuelles, les enquêteurs et toute personne participant au recensement sont tenus au secret professionnel, sous peine de sanction. Utilisées uniquement par les services de la statistique agricole, les informations individuelles recueillies lors de l’enquête ne sont transmises à aucun autre service de l’État et n’apparaissent dans aucune communication ou diffusion. Elles ne sont diffusées que sous forme agrégée pour empêcher toute identification individuelle.

Informatisation de la saisie

 

Lors du recensement agricole 2010, les enquêteurs saisissent les réponses des agriculteurs directement sur un ordinateur portable.
Délais et risques d’erreurs sont ainsi réduits par rapport à l’ancien procédé, où les données étaient d’abord recueillies sur papier, puis saisies sur ordinateur dans un deuxième temps. Dans le questionnaire 2010, à chaque fois que cela est possible, le recours aux fichiers administratifs se substitue aux questions posées aux exploitants. Les agriculteurs transmettent chaque année des informations sur leur activité à leurs administrations de tutelle. Le principe est dorénavant de collecter toutes les réponses disponibles directement auprès de ces administrations. Les questions disparaissent alors du questionnaire. Suivant le même objectif, d’autres questions sont préremplies, les réponses étant simplement vérifiées par l’exploitant lors de l’entretien.

Nouvelles thématiques et spécificités régionales

 

De nouvelles questions sont intégrées sur des thématiques émergentes liées notamment aux problématiques agro-environnementales du Grenelle de l’environnement :
- méthodes de travail et de conservation du sol,
- production d’énergies renouvelables,
- utilisation de l’eau,
- diversification des modes de commercialisation (AMAP, vente directe et circuits courts),
- pratiques et formations liées aux fertilisants,
− biocarburants,

En Champagne Ardenne, une rubrique spécifique a été ajoutée concernant la viticulture, la luzerne ainsi que l'utilisation des pailles sur l'exploitation (import-export).

Diffusion des résultats

 

L'enquête devrait s'achever fin février. Après exploitation des données, les résultats du recensement agricole 2 010 seront disponibles à partir de septembre 2011. Les données seront traitées de différentes manières : géographiques, thématiques, et les publications adaptées à chaque public. Tous les résultats seront mis à la disposition du plus grand nombre, gratuitement, via Internet. Ils pourront ainsi nourrir les réflexions de tous les acteurs de l’agriculture et faire découvrir cette profession en rapide évolution.

Annick Michelot et Marie Jo Thirion sont équipées de tablet PC
Annick Michelot et Marie Jo Thirion sont équipées de tablet PC - © ESTELLE DAUPHIN

Annick et Marie Jo mènent l’enquête

 

Bravant la neige et le mauvais temps, Annick et Marie-Jo, comme les 16 autres enquêteurs haut-marnais agrémentés par la DRAAF, sillonnent les petites routes du département à la rencontre de tous les exploitants agricoles, au rythme soutenu de cinq enquêtes par jour. Les deux enquêtrices de terrain ont accepté de rencontrer l'AAR pour témoigner ensemble de leur expérience.
Annick Michelot n'en est pas à son premier recensement puisqu'elle avait déjà réalisé celui de 2000. Conjointe d'exploitant agricole, elle cherchait une activité ponctuelle pour l'hiver. Elle est en charge du secteur de Villiers sur Suize- Nogent- Is en Bassigny
Marie-Jo Thirion, quant à elle, est exploitante agricole à Biesles. Suite à un arrêt de la production laitière au mois d'avril, elle découvre une tout autre activité qui lui permet de rester en lien avec le monde agricole. Elle recense le secteur de Chateauvillain à Chaumont.
Toutes deux retirent une grande satisfaction d’aller à la rencontre des gens et se disent bien accueillies par les agriculteurs. Être issues du milieu agricole est inexorablement un atout pour les enquêtrices qui ressentent une vraie confiance s'instaurer dès lors qu'elles sont en mesure de partager avec empathie les préoccupations des personnes enquêtés.
Toutes deux ont suivi une formation de trois jours pour maîtriser les subtilités de l'enquête informatique sur tablet PC. Annick avait d'ailleurs participé à l'enquête test deux ans auparavant pour roder le dispositif.
Les enquêtrices marqueront la trêve de Noël avant d'entamer en janvier la dernière ligne droite du recensement, qui devrait s'achever fin février.

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