L'Avenir Agricole et Rural 31 octobre 2019 à 09h00 | Par T MORILLON

Quelle orientation pour mon exploitation ?

Baisse des prix des céréales, aléas climatiques, revenus en berne, la conjoncture agricole est morose. Pour y faire face, Cerfrance CNEIDF a identifié plusieurs stratégies d'entreprise et donne des exemples concrets.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Lors de la réunion conjoncture Cerfrance CNEIDF, Arnaud Kraepiel a exposé aux agriculteurs quatre grandes familles de stratégie.
Lors de la réunion conjoncture Cerfrance CNEIDF, Arnaud Kraepiel a exposé aux agriculteurs quatre grandes familles de stratégie. - © T. MORILLON

La solution idéale n'existe plus. Pour Arnaud Kraepiel, Directeur départemental Haute-Marne à Cerfrance CNEIDF: « toutes les stratégies peuvent être bonnes, il s'agit de trouver celle qui me correspond, qui est adaptée à mon exploitation. Il est important de ne pas changer régulièrement, d'aller au bout de la stratégie. On choisit un cap et on s'y tient ». D'après Cerfrance CNEIDF quatre stratégies se dégagent.

Avantage compétitivité
On fait de la concurrence sur le standard, mais en restant compétitif. On produit de gros volumes en baissant ses coûts pour tenir mieux que ses concurrents.
Pour un élevage de viande bovine, il faudrait faire un « ranch » à la française. L'objectif stratégique est d'augmenter la production de viande vive à l'hectare et par unité de main-d'oeuvre pour le marché export d'animaux vifs, légers et rustiques de type broutard. Il faut un mode de production intensif en misant sur la performance technique, la conduite sanitaire et la valorisation des céréales. Il faut être très bon sur le plan technique sinon il sera très compliqué de produire à faible coût.

Avantage contractuel
On tire sa compétitivité en segmentant sa production. On fait une gamme de produits en fonction de ce que les consommateurs attendent. Il faut ajouter au moins une source de valeur ajoutée distinctive : sans OGM, sans antibiotique... L'objectif est de monter en gamme pour avoir un produit qui sécurise et valorise.
Dans un système en viande bovine, il faut aller chercher la valeur sur les rayons viande de la grande surface. L'exploitant doit s'organiser pour privilégier l'approvisionnement d'une gamme de produits attendus par les consommateurs : des animaux femelles, finis et de petits gabarits. Cette stratégie repose sur la contractualisation, l'établissement d'un cahier des charges et la productivité. L'équilibre entre l'offre et la demande est un point à particulièrement surveiller.

Avantage système
On bouscule ses pratiques, on décloisonne ses ateliers et on raisonne autrement. On produit plutôt pour un terroir, une appellation, une filière particulière : agriculture biologique, label...
Pour un élevage de viande bovine, le producteur doit vendre autre chose qu'une simple viande, il vend une qualité, un service. Il doit faire un produit porteur d'imaginaire : animaux de terroirs AOC, bio... L'agriculteur est reconnu pour son rôle dans le territoire en matière d'emploi, d'entretien du paysage et de service environnemental. Il faudra une bonne performance en système herbager, faire une viande gustative, voire se diversifier au sein de l'atelier.

L'agriculture biologique

Elle fait partie de la stratégie « avantage système », elle est attractive car les prix des céréales sont plus élevés, mais les rendements beaucoup plus faibles et les frais de mécanisation plus importants. Dans le Barrois, la maitrise de la fertilisation des sols (élevage, autofertilité avec 20 à 30 % de surface dédiée, méthanisation...) est un des points essentiels. Il faut aussi savoir gérer la commercialisation (stockage, triage, marchés de niche...). « En agriculture biologique il faut être pointu techniquement et il est indispensable de se réapproprier la commercialisation de ses cultures » explique Nicolas Girault, conseiller Cerfrance CNEIDF.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2573 | novembre 2019

Dernier numéro
N° 2573 | novembre 2019

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS
L’actualité en direct
Chambre d'agriculture

    Les ARTICLES LES PLUS...

    Voir tous

    Voir tous

    À LA UNE DANS LES RÉGIONS

    » voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui