L'Avenir Agricole et Rural 02 juillet 2015 à 08h00 | Par JLB

Que peut faire SODIAAL ?

A la demande des JA de Haute-Marne, François MATRAT administrateur de SODIAAL est venu donner quelques explications sur le contexte de marché. Les producteurs attendent un geste fort du secteur coopératif.

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François Matrat fera remonter la détresse des éleveurs.
François Matrat fera remonter la détresse des éleveurs. - © JLB

La dure loi du marché

Comme les autres laiteries, les coopératives sont dans le marché et elles n’ont pas une position suffisamment dominante pour l’infléchir d’autant plus que l’espace économique  s’est fortement mondialisé.

François MATRAT a rappelé en préambule qu’il était d’abord producteur, en association avec deux fils installés depuis 2 ans. Il vit donc personnellement la crise et il estime parfaitement légitime les inquiétudes et les revendications des producteurs. «je m’attendais à un retournement par rapport à 2014 mais certainement pas aussi violent» confie-t-il. Il explique cette situation par une espèce d’attentisme des acheteurs qui ne parient pas, pour le moment, sur un redressement des cours pour différents motifs : reconduction de l’embargo russe, bon niveau de production (sans qu’il y ait pour autant de gros excédents). Le lait spot cote aujourd’hui 180 Ä/1 000 l rendu quai d’usine. A ce prix le lait de consommation arrive dans les grandes surfaces avec 12ct Ä de moins. Sodiaal se retrouve ainsi en concurrence avec d’autres transformateurs notamment les Allemands qui sont beaucoup plus réactifs sur les prix.

Les volumes consommés en France sont plutôt à la baisse y compris les produits laitiers frais. Le lait de consommation a chuté de 5 % en France, soit un débouché de 150 millions de litres qui a disparu et pour lequel il faut trouver d’autres acheteurs. S’ajoutent à ce contexte des embargos sanitaires imposés par les pays importateurs. Ainsi le fait d’être dans une zone non indemne de tuberculose, y compris en cas de simple suspicion de maladies, entraîne une rétention des acheteurs asiatiques tant sur le lait que ses dérivés.

 


S’organiser face à une demande qui se concentre

François MATRAT rappelle que la demande s’est encore concentrée dernièrement en passant de 7 centrales d’achats à 5. Si les produits de marque se négocient annuellement jusqu’à fin février, il en est différemment des autres produits laitiers qui font l’objet d’appels d’offres permanents. Dans un marché intérieur qui se contracte le salut est à rechercher dans les exportations. C’est ainsi que Sodiaal avance ses pions et signe des partenariats notamment avec les pays asiatiques. «Il faudrait s’associer entre coop pour exporter davantage» estime François MATRAT. Mais le marché à l’export est aujourd’hui plombé. «On lâche 1 à 2 % dans les négociations avec les GMS, mais nous accusons de grosses pertes sur les produits industriels» explique l’administrateur de SODIAAL qui ne voit pas comment sa coopérative peut, dans ce contexte, donner plus aux producteurs sachant que le résultat l’an dernier a été proche de zéro.


Vous pouvez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 03 juillet 2015.

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