L'Avenir Agricole et Rural 24 août 2017 à 08h00 | Par Thibaut Morillon

Psychose à la ferme

Un éleveur est hanté par la menace d’une épizootie dans son exploitation laitière : l’application du principe de précaution entraînerait la mise à mort de son cheptel. Cette histoire poignante est filmée par Hubert Charuel, fils d’agriculteurs à Droyes.

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Hubert Charuel (à droite) à côté de sa coscénariste et de ses parents Sylvaine et Jean-Paul Charuel devant la maison familiale, lieu de tournage du film.
Hubert Charuel (à droite) à côté de sa coscénariste et de ses parents Sylvaine et Jean-Paul Charuel devant la maison familiale, lieu de tournage du film. - © T.M.

Haute-Marne

Hubert Charuel est originaire de Droyes où ses parents (aujourd’hui en retraite) ont une exploitation laitière, il ne reprend pas la ferme car il préfère le cinéma.

Après l’obtention de son bac à Saint-Dizier, Hubert rejoint l’école de cinéma La Fémis. Il réalise 3 courts-métrages : une comédie dramatique «Diagonale du vide» en 2011, ce film de fin d’étude sera sélectionné au festival de Clermont-Ferrand. Puis «K-Nada» en 2014, l’histoire d’un voyage qui ne commence jamais, primé au festival Premiers Plans d’Angers et enfin «Fox-terrier» en 2016, sur une partie de chasse qui tourne mal. Tous ces films sont tournés dans le nord du département avec essentiellement des acteurs locaux, non-professionnels.

«Notre territoire est peu filmé, pourtant il est intéressant avec ses nombreuses terres agricoles et ses forêts, il y a un cadre avec un paysage au loin» explique Hubert.

Souvenir d’enfance

«Petit Paysan» est une histoire qui trotte dans la tête du réalisateur depuis longtemps. Âgé d’une dizaine d’années, il a été fortement marqué par un sujet sur la vache folle à la télévision. «Si on a un animal malade, tout le troupeau est abattu. A cause d’un seul animal malade, on te tue ta ferme !». Il écrit l’ébauche de son scénario à La Fémis, lors d’un atelier supervisé par la scénariste américaine Malia Scotch Marmo (Hook de Steven Spielberg). Cette dernière l’encourage à développer son idée. Hubert commence l’écriture de «Petit paysan» en 2012 en compagnie de Claude Le Pape, la co-scénariste et conseillère artistique de ses films.

En 2015, le réalisateur cherche à financer son projet, il est soutenu par les producteurs Stéphanie Bermann et Alexis Dulguerian (Domino films), France 2 et la Région Grand Est. Le film a aussi bénéficié d’une aide à la création de la part de la Fondation Gan pour le cinéma (Groupama).

Pour tourner son premier long-métrage, le réalisateur qui habite Paris choisit (encore) la Haute-Marne. «Il est difficile de tourner un film dans la capitale, alors qu’il existe une véritable dynamique ici et une grande solidarité puisque tout le monde se connaît. Les gens veulent aider, si j’ai besoin d’un tracteur pour tourner une scène, ce n’est pas un problème»

Mélange des genres

Après 9 mois de casting, des acteurs professionnels sont engagés, mais aussi des proches, dont une partie de la famille Charuel : les parents Sylvaine et Jean-Paul, ainsi que le grand-père Jean. «J’aime mélanger les pros et les non-pros car cela casse les habitudes des acteurs, on créé une autre dynamique et on forme une sorte de vérité» explique le réalisateur. Si ce dernier pensait déjà à Bouli Lanners et à India Hair pour des petits rôles, il restait à trouver qui jouerait Pierre, le protagoniste. Le rôle sera attribué à Swann Arlaud, qui s’implique énormément : «il est venu traire pendant 2 semaines dans la ferme d’Emmanuel Drouard à Droyes. Au bout du 2e jour, il est devenu le stagiaire officiel de l’exploitation, les associés ne voulaient pas le laisser partir. Il a rencontré les paysans du coin, a appris les gestes, a travaillé sa relation avec les animaux, il a même participé à des réunions Cuma». Swann ira même jusqu’à pratiquer un vêlage dans une scène du film.

«Petit paysan» sort sur les écrans le 30 août.

 

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