L'Avenir Agricole et Rural 29 mars 2018 à 10h00 | Par GEC

Produits laitiers, volailles et œufs fermiers : 3 opportunités sous-exploitées

Aujourd’hui, en Haute-Marne, l’offre en œufs et produits laitiers locaux est très insuffisante pour couvrir les besoins car les producteurs qui s’intéressent aux débouchés locaux sont trop peu nombreux. Pourtant, le marché local est porteur, en effet, le grand public, la restauration classique comme collective ou encore dans les magasins, les consommateurs sont de plus en plus en recherche de produits locaux et de qualité.

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Œufs, produits laitiers, volailles sont des produits d’appel indispensables aux divers systèmes de vente collective fermière (magasin, drive…). 8 agriculteurs en témoigneront le 11 avril lors des 2 tables rondes « Créer de l’emploi sur ma ferme » organisées sur le Forum des Métiers et de l’Installation en agriculture.
Œufs, produits laitiers, volailles sont des produits d’appel indispensables aux divers systèmes de vente collective fermière (magasin, drive…). 8 agriculteurs en témoigneront le 11 avril lors des 2 tables rondes « Créer de l’emploi sur ma ferme » organisées sur le Forum des Métiers et de l’Installation en agriculture. - © T.M.

Côté lait, réfléchir son modèle … c’est réussir

En Haute-Marne, seulement 5 éleveurs laitiers transforment une partie de leur production à la ferme. L’un d’entre eux vend quasi exclusivement à des grossistes. L’offre sur les circuits courts est donc très réduite, par contre, elle est géographiquement assez bien repartie avec un atelier proche du Der, un second entre Joinville et Chaumont, le troisième près de Bourmont et deux derniers au sud de Langres. Aucun de ceux qui ont investi dans leur fromagerie ne le regrette aujourd’hui car tous refusent des clients.
Pour ceux qui souhaiteraient se lancer, les débouchés sont là. Tous les retours d’expériences vous le confirmeront. Toutefois, en préalable à tout investissement, il est indispensable de bien réfléchir au dimensionnement de son projet pour qu’il soit en cohérence avec les objectifs de revenus mais aussi avec les moyens mobilisables. En effet, transformer nécessite d’investir, d’avoir les compétences et surtout cela prend du temps, ce qui implique de pouvoir bien gérer son temps et son personnel.
La vente aussi est chronophage mais elle peut s’optimiser au travers un bon ciblage des débouchés. Pour toutes ces raisons, chaque projet doit bénéficier d’un accompagnement très personnalisé pour se construire durablement ; un accompagnement que la Chambre d’agriculture se propose d’assurer.
De même, entre transformateurs fermiers, il est pertinent de réfléchir à la complémentarité des gammes pour que chacun trouve sa place et pour pouvoir satisfaire au mieux les consommateurs et ainsi les fidéliser. C’est le rôle que se donnent les réseaux de producteurs comme l’A.D.M.A (Association pour la Diversification des Métiers de l’Agriculture) qui favorise la rencontre entre les producteurs lors d’actions de promotion, lors d’animations de projets collectifs, en Haute-Marne mais aussi en interdépartementalité. A titre d’exemple, 3 fromageries envisagent fournir un point de vente collectif en projet sur Bar-sur-Aube. L’une d’entre elles, haut-marnaise, se positionne sur l’offre bio, les deux autres, auboises, en production conventionnelle, proposeraient pour l’une des desserts lactés et yaourts, pour l’autre des fromages.
En matière d’offre de produits laitiers fermiers, les débouchés sont loin d’être saturés. La toute jeune et très dynamique fromagerie Laistelle, créée dans le prolongement de la ferme familiale à Graffigny-Chemin, se saisit peu à peu des opportunités notamment auprès des grandes et moyennes surfaces et des cantines scolaires. Elle embauche et s’organise pour ce faire et reste encore loin de répondre à toutes les attentes.

Des poules aux œufs d’or

Les consommateurs français consomment en moyenne 97 œufs entiers par an. En Haute-Marne, c’est donc 1.5 millions de douzaines d’œufs achetés par an soit 30 000 par semaine quand les élevages pratiquant la vente directe se comptent sur les doigts des 2 mains. Pour la plupart, il s’agit d’une diversification de débouchés annexée à un poulailler plein air ou biologique sous label rouge et sous contrat. Quelques-uns livrent des grandes surfaces, des restaurateurs, des magasins de producteurs. Beaucoup ont installé des distributeurs automatiques pour le plus grand plaisir de leurs voisins. Par ce biais, ils valorisent leurs œufs 0,20 €/pièce contre en moyenne 0,07 € par œuf pour les volumes sous contrat. Ils confortent donc bien leur revenu même si cela prend un peu de temps et nécessite un local de conditionnement. En Haute-Marne, les poulaillers biologiques sous contrat se multiplient mais des places restent à prendre. Cocorette et C.D.P.O, acheteurs d’œufs biologiques seront présents pour vous renseigner lors du Forum des opportunités biologiques, Déclic Bio, organisé le 25 avril à Neuilly l’Evêque par la Chambre d’agriculture (renseignements : 03 25 35 00 60).

LE SAVIEZ - VOUS ?

• La vente des produits de la ferme, bruts et transformés, est bien reconnue comme une activité agricole et, à ce titre, elle génère un revenu soumis au Bénéfices Agricoles. Sur votre exploitation, vous pouvez donc transformer votre lait, vos volailles et vos œufs voire les mettre sur table (ferme auberge, goûter à la ferme) sans incidence sur votre statut juridique, fiscal et social. Par contre, sous le statut agricole, vous ne pouvez pas pratiquer d’achat revente ou d’activité de nature artisanale (transformation de produits achetés autres que les intrants secondaires à vos préparations).
• Tout atelier de transformation doit être déclaré auprès des services sanitaires compétents. Par contre, l’agrément C.E n’est pas une obligation pour la vente en direct ou à quelques intermédiaires de proximité (possibilité de dérogation à l’agrément).
• Tout éleveur de volailles doit se déclarer auprès de la D.D.C.S.P.P afin d’obtenir un numéro d’élevage.
• Si vous vendez vos œufs exclusivement en vente directe (sans intermédiaire) et si vous élevez moins de 250 pondeuses, il n’est pas obligatoire d’avoir un local d’emballage d’œufs agréé.

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