L'Avenir Agricole et Rural 22 novembre 2018 à 09h00 | Par H. FLAMANT (54)

Produire des protéines dans le Grand Est

C’est dans le cadre d’Agrimax que la Cra Grand Est a choisi d’organiser une grande conférence dédiée à la production de protéines dans le Grand Est. La région aurait de quoi fournir les filières animales en protéines. Mais pour viser l’autonomie protéique, il faut plus d’interactions entre cultivateurs et éleveurs. C’est ce qu’il ressort de cette journée riche en échanges.

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«Les États Généraux de l’Alimentation ne régleront pas tout. Nous devons prendre notre destin en main dans le Grand Est. Il faut plus de synergies entre les exploitations de grandes cultures et les élevages», soutient Antoine Henrion, président de la Cda 57 et de Terres Univia.
«Les États Généraux de l’Alimentation ne régleront pas tout. Nous devons prendre notre destin en main dans le Grand Est. Il faut plus de synergies entre les exploitations de grandes cultures et les élevages», soutient Antoine Henrion, président de la Cda 57 et de Terres Univia. - © F. Mechekour

«Trouver des synergies entre le végétal et l’animal, c’est du bon sens. Pourtant les médias mettent aujourd’hui le végétal en avant. Il faut nous ressaisir, mettre en valeur notre agriculture diversifiée au service de la gastronomie française, enviée par le monde entier. La complémentarité entre nos productions est une richesse pour nos territoires. Il faut tout mettre en oeuvre pour préserver l’agriculture dans nos dix départements.
Engager l’agriculture dans la voie du progrès, c’est l’objectif de cette journée», a introduit Laurent Wendlinger, président de la commission élevage au sein de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est (Crage), le 25 octobre à Metz, lors du salon Agrimax.

La rencontre a débuté par un état des lieux de l’élevage et de la ressource en protéines sur le Grand Est. Sans surprise, certains départements sont orientés vers les cultures et d’autres vers l’élevage. «85 % des vaches laitières sont présentes sur cinq départements (sur les dix que compte le Grand Est) et 75 % des vaches allaitantes sont également concentrées sur cinq départements», précise Hervé Festuot, de la Cda 08. Les besoins fourragers sont estimés à 6,15 millions t Ms sur le Grand Est.

Davantage de conseils et d’expérimentations
Présentés par Daniel Coueffé, de la Cda 52, les résultats du suivi de 72 fermes des réseaux d’élevage bovin lait du Grand Est sur trois ans (2014, 2015, 2016) démontrent l’intérêt des prairies en élevage laitier. «L’herbe est source d’efficacité économique».
Installé dans les Ardennes, Bruno Faucheron mise sur l’herbe pour gagner en autonomie alimentaire. Il produit du lait en système mixte herbe-maïs. Il table sur le pâturage, particulièrement le pâturage de printemps.
En été, les vaches reçoivent de l’herbe récoltée. «Les résultats économiques prouvent que ça peut marcher». L’éleveur plaide pour davantage de conseils, d’expérimentations.
«Plus de 50 collaborateurs (conseillers agronomie, élevage et agriculture bio), travaillent sur l’herbe dans le Grand Est. Nous avons mis en place un observatoire de la pousse de l’herbe et des expérimentations, des réunions bout de champs sont organisées…», présente Emilie Rivière, chargée de mission à la Crage.

Une expérience de 30 ans dans la trituration du soja
Cultiver du soja, d’accord. Mais la graine ne peut être consommée en l’état. En Bourgogne-Franche-Comté, une unité d’extrusion du soja a vu le jour dès 1988. «L’objectif était de fournir une source de protéines locales, dans une région pourvue de nombreux signes de qualité. Et de produire une huile végétale clean label», confie Michel Duvernois, directeur d’Extrusel. En 1998, nous transformions 22.000 t de graines de soja.

«En 2006, nous nous sommes diversifiés dans la trituration des graines de colza et tournesol. Nous avions alors une capacité de transformation de 40.000 t. La capacité a été doublée en 2011».
En 2014, face à la demande croissante de l’élevage en protéines non Ogm, une troisième chaîne a été mise en place, amenant la capacité à 120.000 t équivalent colza, ou 80.000 t de soja. Sur l’exercice 2017-2018,
Extrusel a transformé 48.000 t de colza et 31.000 t de soja. «L’huile de soja est contractualisée avec Lesieur»

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