L'Avenir Agricole et Rural 15 novembre 2018 à 10h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Produire des jeunes bovins à partir de broutards en 2018-2019 : quelle alimentation ? quel intérêt économique ?

L’année 2018 se caractérise par une sécheresse très marquée depuis mi-juin qui oblige les éleveurs à complémenter les animaux au pâturage ou à les rentrer de manière anticipée, ce qui ampute significativement les bilans fourragers.

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Les cours des jeunes bovins sont redescendus pendant les 4 premiers mois de l’année pour se stabiliser en dessous de ceux de 2015.
Les cours des jeunes bovins sont redescendus pendant les 4 premiers mois de l’année pour se stabiliser en dessous de ceux de 2015. - © F. D’Alteroche

Les rendements en ensilage de maïs sont hétérogènes et pénalisés par une mauvaise fécondation des épis (8 à 15 t MS/ha) dont la conséquence est souvent une teneur en amidon faible. En betteraves, la sécheresse engendre aussi une baisse de rendement cette année, ce qui laisse présager des problèmes de disponibilité en pulpes. Sous l’impact de l’augmentation du prix des céréales et des besoins accrus des éleveurs, les prix des aliments sont en hausse cet automne. S’agissant des correcteurs azotés, le tourteau de colza ne présente pas d’intérêt économique par rapport au soja, contrairement aux années précédentes. Le marché de la paille est également sous tension.

Parallèlement, les prix des broutards se sont maintenus à un niveau élevé, contrairement au cours des animaux finis qui sont à nouveau en baisse en 2018 ! Les cours des jeunes bovins sont redescendus pendant les 4 premiers mois de l’année pour se stabiliser en dessous de ceux de 2015.
Dans ce contexte, quelle ration d’engraissement des jeunes bovins, pour quel coût ?

Quel intérêt économique ?
Le coût alimentaire sur la durée totale de l’engraissement varie donc entre 400 et 500 € par taurillon produit selon les rations. Pour les cultivateurs de betteraves situés à proximité des sucreries, les frais de transport limités rendent la pulpe plus attractive, ce qui permet de baisser sensiblement le coût de la ration. Au coût alimentaire s’ajoutent des frais vétérinaires (30 € par animal), des frais divers d’élevage (6 € par animal), des frais d’eau, électricité, entretien, assurances (15 € /animal), des frais de distribution/paillage (50 € /animal) et des frais financiers (17 € par animal).
L’ensemble de ces frais constitue les coûts opérationnels (soit 558 € pour un coût alimentaire de 440 € /JB).

Dans tous les cas, la rentabilité de l’engraissement passe par une bonne maîtrise technique et un suivi pointu des animaux. La perte d’un animal peut compromettre la marge de tout un lot de taurillons ; 2% de perte impacte le prix de revient de 4 à 7 centimes d’euro, selon le prix d’achat du broutard et la ration. Il faut réagir rapidement à toute baisse de consommation ou ralentissement de croissance. Assurer l’objectif de croissance, c’est limiter la durée de présence et respecter la date de sortie prévisionnelle : en mars-avril pour des animaux nés en début d’automne et avant le mois de juin pour des  animaux nés en début d’hiver. Même si les évolutions saisonnières des cours sont parfois bousculées, une vente précoce permet de bénéficier généralement de cours de la viande plus favorables.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 16 Novembre 2018.

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