L'Avenir Agricole et Rural 19 novembre 2020 à 09h00 | Par GEC

Produire Bio : une exploitation réinventée de A à Z

Agriculteur céréalier à Saint-Ciergues, Philippe CAMUS a moissonné ses premières récoltes biologiques cette année. Il développe des solutions pour en valoriser une bonne partie à la ferme et recherche encore la manière de préserver ses sols tout en pérennisant le zéro intrant de synthèse. Il a accepté de partager ses réussites et ses interrogations.

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1 ha est dédié à un pâturage tournant pour 200 pondeuses valorisant 9 tonnes d’issues du triage.
1 ha est dédié à un pâturage tournant pour 200 pondeuses valorisant 9 tonnes d’issues du triage. - © GEC

En 2010, Philippe Camus intègre le réseau DEPHY par souci de réduire l’utilisation des phyto. Petit à petit, en croisant des agrobiologistes lors de visites organisées par ce réseau, il s’intéresse à leurs techniques puis décide d’engager son exploitation en mai 2017. Cette décision l’a amené à repenser son exploitation depuis l’organisation du parcellaire jusqu’à la commercialisation. Gratienne EDME CONIL, en charge du développement des filières à la Chambre d’agriculture l’a rencontré et vous invite à découvrir son témoignage.

Gratienne EDME-CONIL : Pourquoi avoir franchi
le cap du bio ?
Philippe CAMUS : J’avais déjà pas mal de recul sur la réduction des phytos grâce à mon appartenance au réseau DEPHY mais je n’arrivais pas à renoncer au glyphosate et au semis direct. Il y a encore quelques années je n’imaginais pas qu’il soit possible de conduire un système de grandes cultures en mode bio. Mais il y a 3 ans, j’ai eu le sentiment, voire la conviction, que rester en conventionnel avec une vente dans des circuits mondialisés me conduirait dans une impasse, cela m’a convaincu de changer de système.

G.E-C : Avez-vous engagé toute l’exploitation d’un coup ?
P.C : Oui, j’exploite 140 ha et je ne me voyais pas acheter du matériel adapté à la conduite bio en conservant mes équipements. De plus, comme je stocke toutes mes récoltes à la ferme pour les vendre au fil de l’eau, cela me semblait compliqué de gérer tout en doublon.

G.E-C : Vous avez aussi diversifié vos ateliers,
je vois des poules ?
P.C : Effectivement elles sont arrivées en juillet. C’est notre premier lot, c’est une manière de valoriser les issues du tri des récoltes car nous avons installé un trieur l’an dernier. Elles sont 200 et consomment donc 9 tonnes.

G. E-C : C’est une bonne idée mais n’est-ce pas du travail et des investissements en plus des matériels de cultures et du trieur ?
P.C : C’est modique ! Le poulailler roulant est un container maritime que nous avons aménagé et isolé. Nous avons dépensé environ 5 000 €. La conduite de cet atelier est assez simple et prend peu de temps, un peu au démarrage du lot puis 1 petite heure par jour. Toutes les 3 à 4 semaines nous déplaçons le poulailler, cela évite les risques de parasitisme et les poules ont toujours de l’herbe. Tous les œufs sont vendus à la ferme en libre-service. Nous serions aux portes d’une grosse ville, nous aurions sans doute encore davantage de poules…

Pour en savoir plus sur l’AB : Chambre d’agriculture - Elise PROST
Point Info Conversion : 06.46.42.78.07.

Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet interview dans notre édition du 20 Novembre 2020

EN SAVOIR PLUS sur Réseau DEPHY Barrois Aube-Haute Marne

Le réseau répond aux objectifs du 2ème programme Eco Phyto déployé sur 5 ans (2015 à 2020) pour trouver des alternatives à l’usage d’intrants de synthèse.
Jeanne Marie Labrosse, qui anime ce réseau nous explique « Avec la conversion totale ou partielle de certaines exploitations, ce réseau compte aujourd’hui 12 adhérents dont 4 sont 100 % bio et 2 partiellement bio. Au travers du partage des pratiques et des résultats, et la mise en place d’essais, nous expertisons les diverses trajectoires techniques. L’objectif du réseau est de construire des références sur les itinéraires culturaux et les systèmes bas intrants. Les références sont diffusées vers les autres agriculteurs et vers les centres de formation agricole (visites, guides techniques) ».
Pour le programme Eco Phyto 2020-2025, le groupe envisage travailler sur les pratiques de biocontrôles et sur les complémentarités entre ateliers dans les systèmes de polyculture élevage afin de mesurer l’impact que l’élevage peut avoir sur la maîtrise des intrants de synthèse.

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