L'Avenir Agricole et Rural 13 novembre 2020 à 09h00 | Par E. PROST

Produire Bio : par choix non par hasard !

Comme annoncé dans le précédent numéro, voici le retour d’expériences de Ludovic VARNEY et Alban SAINTOMER associés exploitants du GAEC Val l’Abbaye à Cirfontaines-en-Azois. Ils ont récemment engagé leur exploitation de polyculture-élevage laitier dans la filière AB. Ils ont accepté de partager leur parcours afin d’insister sur l’importance de bien se préparer à ce changement de système, d’autant que les aléas climatiques qui deviennent récurrents réservent parfois des surprises.

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La ration associe ensilages de maïs et de méteils enrubannés de trèfle et de luzerne, foin de luzerne et farine. Elle complète le foin disponible à volonté.
La ration associe ensilages de maïs et de méteils enrubannés de trèfle et de luzerne, foin de luzerne et farine. Elle complète le foin disponible à volonté. - © EP

En élevage biologique, le cahier des charges demande de pouvoir assurer une certaine autonomie fourragère. L’augmentation de la sole en cultures fourragères est donc souvent indispensable, notamment celle de légumineuses, de méteils et de prairie temporaire. Il faudra aussi souvent consacrer plus de surfaces à des productions de céréales autoconsommées en graines. Ceci implique de revoir tout son assolement, et de mesurer l’impact économique de ce remaniement. En particulier, pendant la période de conversion, il peut y avoir une perte de recettes pour l’atelier « cultures de vente». En effet, bien que les charges en intrants baissent fortement, la perte de rendement n’est pas toujours compensée par les prix de vente des cultures en conversion qui ne sont que légèrement supérieurs à ceux des récoltes conventionnelles. Avant de s’engager dans l’agrobiologie, Alban et Ludovic ont pesé le pour et le contre. Rassurés ils ont franchi le cap et nous expliquent comment. Elise PROST qui les a accueillis au Point Info Conversion voici presque 2 ans est allée à leur rencontre.

Elise Prost : Alban et Ludovic vous avez fait le choix de l’agrobiologie en 2019, qu’est-ce qui vous y a décidé ?
Ludovic VARNEY : Nous y pensions depuis quelques années sans vraiment prendre le temps de poser cette idée pour savoir quels seraient les impacts sur notre organisation du travail, notre revenu … Un jour, nous en avons parlé avec notre conseiller David BOUTHORS, qui nous a encouragé à creuser cette idée en s’appuyant sur l’expertise de la Chambre d’agriculture.

E.P : Avez-vous converti toute votre exploitation en une fois ?
L.V : Depuis octobre 2020, nous sommes 100 % en conversion bio mais nous avons choisi un engagement « non-simultané ». Ainsi nous avons d’abord engagé les cultures, il y a 18 mois, pour mettre en place un nouvel assolement adapté aux besoins fourragers d’un système laitier bio. Nous avons aussi dû prendre en compte nos besoins de semences pour nous auto-approvisionner et réduire au maximum ce poste de dépenses non négligeable.

E.P : Pourquoi ce choix d’y aller progressivement ?
A.S : La conversion non-simultanée nous semblait plus sécurisante. C’était une des recommandations de l’audit d’engager d’abord les cultures avant l’atelier laitier. Nous voulions surtout tester comment assurer l’autonomie fourragère exigée par le cahier des charges de l’AB. Les cultures ont donc été engagées en mai 2019 et l’atelier laitier cet automne.

E.P : Avez-vous du investir ?
L.V : Nous avons choisi d’investir dans du matériel, environ 115 000 € dans une herse-étrille et une bineuse qui ont pu être achetées grâce aux 40 % d’aides du programme « Ecophyto2 - Reconquête qualité de l’eau ». Ce programme nous a également permis de nous équiper d’une faucheuse supplémentaire et d’un andaineur double, pour nous aider à récolter plus rapidement les fourrages.
E.P : Comment voyez-vous l’avenir ?
A.S : Malgré les aléas climatiques qui ont touché tout le monde, conventionnels comme agrobiologistes, les doutes personnels liés aux changements des habitudes de travail, … nous restons convaincus d’avoir pris une bonne décision. Comme prévu nous avons engagé le troupeau laitier le 2 octobre dernier et nous envisageons d’investir pour améliorer nos capacités de triage des récoltes toujours dans le but d’augmenter l’indépendance de l’exploitation.

Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet article dans notre édition du 13 Novembre 2020

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