L'Avenir Agricole et Rural 05 octobre 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Produire autrement

Le Groupement des Agrobiologistes de Haute-Marne (GAB 52) a organisé la projection d’un documentaire, suivi d’un débat avec des agriculteurs bio, au lycée Edgar Pisani à Choignes le 26 septembre. L’occasion pour les élèves et le public de découvrir une autre façon de produire.

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A la suite de la diffusion du documentaire, le public a interrogé les agriculteurs bio sur leurs pratiques.
A la suite de la diffusion du documentaire, le public a interrogé les agriculteurs bio sur leurs pratiques. - © T.M.

Bio

Un documentaire sur la bio où des bourguignons témoignent (un apiculteur, un viticulteur et un polyculteur-éleveur) et expliquent que la bio est une autre façon de concevoir l’agriculture. Dans «Agriculture biologique, cultiver l’avenir», on apprend comment la profession s’est engagée dans l’agriculture intensive, à raison puisqu’il fallait nourrir les français à la suite de la seconde guerre mondiale. Cependant la bio a du mal à se frayer un chemin, il faut dire que la politique agricole ne lui laisse que peu de place. La bio n’a fait son entrée dans les programmes scolaires qu’en 2007 et peu d’aides sont disponibles : récemment, l’État français a tout simplement supprimé les aides au maintien pour les agriculteurs bio et seulement 2 % de la Pac 2018 sera consacré au bio. Toutefois, un agriculteur peut toucher une aide à la conversion pendant 5 ans.

A la suite de la projection, Mathilde Couturier du GAB 52 a animé le jeu des questions-réponses entre le public et les intervenants.

Valoriser sa production

Lorsqu’il reprend l’exploitation de son père en 2017 à Oudincourt, Pierre Pencey décide de convertir sa ferme en bio : 50 vaches laitières et 210 ha de SAU. La démarche a commencé l’année précédente, par anticipation, car il faut patienter deux années pour une conversion totale. «Pendant 2 ans, je fais du bio, mais mon lait est acheté en conventionnel, ça peut être difficile au niveau financier pour certaines exploitations» prévient Pierre. Malgré la crise du lait, il reste confiant envers cette filière et se tourner vers la bio est un moyen de valoriser sa production. «Et puis ma ferme s’y prêtait bien, mes vaches sont nourries au foin et mes charges vétérinaires sont faibles. C’est la partie céréales qui me faisait peur, mais j’ai été conseillé par la Chambre d’Agriculture et d’autres exploitants». Finalement pour la partie élevage, Pierre n’a eu que quelques modifications de bâtiment à faire, la conduire sanitaire restant quasiment inchangée. Il lui faut également trouver une laiterie pour collecter son lait bio. Mais pour les cultures, la technique est très différente : utilisation de la herse étrille, respect des dates de semis, rotation plus longue, implantation d’autres variétés.

Réussir à s’adapter

Eric Gruot est céréalier à Villiers-sur-Suize, il est en bio depuis 2010. A l’école, on lui apprend à être performant, sur l’exploitation il utilise beaucoup de produits phytos, restant dans un schéma productif. «Mais je me suis posé des questions, j’avais de bonnes performances, mais beaucoup trop de conseillers autour de moi, au final cela fait beaucoup de personnes à payer et une perte d’indépendance». Lorsqu’il convertit son exploitation, il découvre de nouvelles plantes : «je produis de l’épeautre, c’est quelque chose que je ne connaissais pas, je fais aussi de la cameline et de la lentille verte. Il faut être curieux quand on est en bio, tester plusieurs choses et ne pas rester fermé. C’est sûr que certaines fois on se trompe, mais on doit s’adapter à la nature. Maintenant, je regarde mon sol, la présence de certains insectes m’avertira d’éventuels problèmes de limaces par exemple».

Philippe Collin, céréalier à Colombey-lès-Choiseul, est en conversion depuis 2 ans, il va pouvoir valoriser sa production en bio. «J’étais en agriculture raisonnée depuis 1992, on travaillait avec des leviers intéressants pour limiter les doses phytos». En 2010, il construit une unité de méthanisation pour traiter ses effluents et produire de l’énergie. Le digestat du méthaniseur lui permet d’être autonome en fertilisant. «J’ai conservé le même rendement qu’en conventionnel, mais d’autres problèmes apparaissent comme les mauvaises herbes. Il faut s’adapter, les mauvaises herbes peuvent devenir des plantes compagnes».

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 06 Octobre 2017.

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