L'Avenir Agricole et Rural 31 octobre 2013 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

PRODUIRE AUTRE CHOSE, PRODUIRE AUTREMENT - Planète légumes, essayer c’est garantir

Dimanche 13 octobre à Sedan, le Conseil Régional, la Chambre régionale et PLANETE Légumes signaient une convention pour le développement des cultures légumières et du maraîchage en Champagne Ardenne…

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«Pour la carotte le succès vient avant tout de la capacité de la plante à développer son feuillage car le désherbage est le point noir de cette culture, c’est pourquoi c’est l’un des critères essentiels de notation des essais».
«Pour la carotte le succès vient avant tout de la capacité de la plante à développer son feuillage car le désherbage est le point noir de cette culture, c’est pourquoi c’est l’un des critères essentiels de notation des essais». - © Gratienne CONIL
«La diversification des assolements s’impose peu à peu et les légumes sont une tête de rotation à laquelle on ne pense pas assez. Pourtant le marché du légume frais est porteur en Champagne Ardenne et surtout dans les régions et pays limitrophes. Pour réussir il faut être à la pointe des nouvelles variétés et maîtriser les itinéraires culturaux adaptés à ses sols, son microclimat» introduit  Régis Jacob, Président de la Chambre régionale d’agriculture avant d’expliquer «diversifier les sources de revenu en implantant des cultures à forte valeur ajoutée permettra de pérenniser des exploitations,  d’installer des jeunes, de créer des emplois … Les chambres de Champagne Ardenne accompagnent les projets, réalisent les études économiques, le montage de demandes de financement, mais, les producteurs de légumes ne sont aujourd’hui pas assez nombreux pour justifier l’embauche de conseillers spécialisés. C’est pourquoi nous avons cherché des partenaires pour répondre aux besoins de conseils techniques. Je remercie le Conseil Régional de soutenir financièrement l’appui technique que nous allons trouvé auprès de PLANETE Légumes».

L’Alsace n’est pas loin et sa Chambre régionale a développé un partenariat étroit avec PLANETE Légumes, une plateforme d’échanges qui dispose de conseillers spécialisés et expérimentés. Cette structure s’appuie sur un groupe de producteurs créé en 1997, sur des expérimentations, et sur le suivi de centaines de maraîchers et légumiers d’Alsace du Nord-Est.

La convention tripartite associant le Conseil Régional, la Chambre régionale à PLANETE Légumes permettra à tous les maraîchers et porteurs de projets de profiter à moindre coût des services du groupement alsacien. Il s’agit aussi de développer des essais en Champagne Ardenne répondant aux attentes des professionnels de notre région et d’élaborer des références régionales pour sécuriser les projets.

Du jardin au champ

Les modèles d’exploitations productrices de légumes sont très divers en Champagne Ardenne comme dans toute la France. Certains exploitent seuls 1 à 4 ha selon les surfaces couvertes et chauffées. D’autres sont en société ou emploient de la main-d’œuvre, comme les premiers, ils diversifient fortement leurs productions pour vendre sur les marchés, à la ferme, parfois en cueillette. Ce modèle économique reste toujours fondé sur une moyenne de 1 à 2 ha par actif, une gamme de 30 à 40 produits et un chiffre d’affaires de 20 à 30 000 par ha.

C’est la solution pour s’installer sans foncier et sans gros investissement mais cela nécessite la proximité de centres urbains pour bien valoriser la production sans charge de commercialisation.

Pour d’autres, le légume est une production de plein champ,  bien mécanisée. La sole légumière est alors souvent assez spécialisée se limitant à quelques légumes destinés à la grande distribution … Il faut alors des surfaces importantes pour amortir les matériels spécifiques, assurer de bonnes rotations. Il est préférable de se trouver dans un bassin de production où CUMA et groupements d’employeurs facilitent la mise en valeur des parcelles légumières.

A Givonne, petit village accolé à Sedan, il y avait une douzaine de maraîchers au siècle dernier, aujourd’hui il y a toujours 50 ha de légumes mais une seule exploitation les cultive, le GAEC BOSSERELLE.

Thierry BOSSERELLE y est associé à ses 2 belles-sœurs, son fils et un neveu. Il explique «Nous employons 6 salariés, le maraîchage à Givonne c’est autant de surface et autant d’emplois aujourd’hui qu’il y a 50 ans mais sur un modèle bien différent. Mes grands-parents étaient parmi les petits maraîchers de Givonne … 2 générations plus tard la ferme familiale compte 180 ha, 50 sont en légumes dont une douzaine en pommes de terre. Nous aimons les supermarchés car nous y réalisons l’essentiel de notre chiffre d’affaires en légumes et cela depuis 40 ans. C’est grâce à ce débouché que nous sommes encore exploitants».
Le 13 octobre, une quarantaine de maraîchers du Grand Est étaient venus à Givonne pour repérer les meilleures salades d’automne.
Le 13 octobre, une quarantaine de maraîchers du Grand Est étaient venus à Givonne pour repérer les meilleures salades d’automne. - © G CONIL

Le comparatif

Salades d’automne



Sur les essais de salades, l’enjeu était de juger l’aptitude de 60 variétés à se développer en conditions automnales et à résister au mildiou. 150 pieds de chaque variété étaient en place avec des développements parfois bien différents…

Pour Thierry BOSSERELLE, il est essentiel de ne pas se tromper en choisissant les variétés à planter chez soi, à chaque saison. Le revenu et surtout la satisfaction et donc la fidélisation des clients en dépendent.

Scaroles, laitues, feuilles de chêne, batavias, pains de sucre, frisée, romaines, chacune en plusieurs variétés brillait plus ou moins. «Sur les 60 variétés testées, près de la moitié d’entre elles restera sous numéro car elles ne trouveront jamais place sur le marché» a conclu Henri BEYER, technicien de PLANETE Légumes, responsable de l’essai, après avoir commenté la brillance, la teinte, le goût, le port, l’état des collets et du feuillage des 60 planches … «Mettre en place 9 000 pieds de salade cela prend moins de 2 heures quand on est mécanisé» précise Thierry BOSSERELLE «… le plus long c’est le désherbage, nous faisons 2 binages, l’un manuel, l’autre mécanique et un désherbage chimique. En tout depuis la plantation le 20 août, nous sommes intervenus 5 fois sur la parcelle. Nous nous sommes limités à 2 passages de fongicides car l’objectif de l’essai était de mesurer la résistance aux maladies».

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