L'Avenir Agricole et Rural 16 février 2012 à 10h35 | Par L'Avenir Agricole et Rural

PRIM'HOLSTEIN - Augmenter sa production laitière grâce au sexage

Le syndicat de race a tenu son assemblée générale a Mussey sur Marne, en présence d’Arnaud Poilvert de Coop El IA Pierry, sur le thème de la semence sexée. La visite d’exploitation a eu lieu au GAEC de la Chantrerie à Saint Urbain.

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Arnaud POILVERT
Arnaud POILVERT - © E. DAUPHIN

L’augmentation du lait par exploitation et l’anticipation de la fin des quotas poussent les éleveurs à trouver des solutions augmenter rapidement leurs capacités de production. La semence sexée, un recours est de plus en plus utilisé. En 2011, les doses sexées ont pesé 3 % sur le marché de l’IA en prim’holstein. Avec un sex-ratio fiable à 90 %, elles restent encore onéreuses et leur fertilité est altérée avec 51 % de réussite en première IA contre 64% pour une semence classique. C’est la raison pour laquelle la pose de semence sexée est préconisée sur des vaches fertiles, en particulier des génisses.

Le sexage, une opération délicate et coûteuse

Pour réaliser une dose de semence sexée, 90 % de l’éjaculat est rejeté. Les spermatozoïdes subissent d’abord un test de motilité, puis les spermatozoïdes porteurs du chromosome X sont différenciés des Y, la masse d’ADN de la semence femelle étant 4 % plus lourde que celle de la semence mâle. La race prim’holstein, est la plus simple à travailler au niveau du sexage, mais tous les taureaux ne sont pas adaptés à cette opération.

Actuellement il n’existe que trois stations de sexage en Europe : Cogent en Angleterre, Umotest à Roulans et Semen en Italie. Travailler avec l’Angleterre implique des contraintes sanitaires supplémentaires, qu’il n’y a pas en France, c’est pourquoi une réorientation s’est faite avec Umotest, spécialisé en race montbéliarde. L’investissement dans un dilueur s’élève à un million d’euros auquel s’ajoute une licence annuelle d’exploitation, ce qui explique le coût de production de 21 euros/paillette. Deux types de semence sont proposés aux éleveurs avec des niveaux de fiabilité et des prix différents: la S90 et la S75.


L’expérience de Thomas Girardot du GAEC de la Chantrerie en matière de sexage

Le GAEC compte quatre associés et le quota prévu pour la campagne 2011/2012 s’élève à 936 680 litres de lait vendu à sodiaal. La SAU est de 210 ha dont 70 ha de SCOP, 45 ha de maïs et 95 ha de SFP. Pour la campagne 2010/2011, le lait a été produit par 107 vaches laitières avec un niveau d’étable à 8423 kg, 39,7 de TB et 33,9 de TP, pour un prix payé de 315 euros/1000 litres.

Thomas a suivi une formation pour inséminer lui-même son troupeau. Il a débuté l’utilisation de la semence sexée il y a quatre ans dans l’optique d’augmenter sa production laitière. En 2011, il a inséminé cinquante génisses avec des doses sexées. Avec 24% de réussite en première IA, les retours sont faits en doses traditionnelles.  Le bilan est de 31 femelles à naître pour un coût total de 3890 euros, soit 78 euros par génisse mise à la reproduction et 125 euros par génisse née.

Afin de respecter le délai optimum de fertilité de 16 heures après le début des chaleurs, Thomas s’est pris au jeu et passe beaucoup plus de temps à surveiller ses génisses. Inséminer au parc peut également poser des difficultés au niveau de la contention. A l’adresse des éleveurs qui souhaiteraient se lancer, Thomas préconise de bien déterminer sa période d’IA en évitant les changements d’ambiance et les excès d’azote, défavorables à la fertilité, ainsi qu’une extrême rigueur lors de la pose, avec l’utilisation de pincettes pour manipuler la paillette.

Vie du SYNDICAT PRIM’HOLSTEIN

Le syndicat de race prim’holstein compte 104 cotisants en 2011, contre 146 en 2006, déplore le Président Philippe Drioux. Certes l’érosion du nombre d’exploitations laitières n’est pas étrangère à cette baisse, mais il encourage les adhérents à faire la promotion du syndicat auprès de leurs voisins. Il rappelle le montant de la modique contribution à l’association, égal à 15 euros plus 50 cts/vaches.

Concernant les comptes, présentés par Stéphane Charrier, responsable du Pôle élevage, ils sont en déficit de 2439 euros, contre 2381 euros de résultat positif en 2010, soit un équilibre financier sur deux ans. L’animation du syndicat continuera à être assurée par Brigitte Toledo, assure le responsable, le pôle élevage ayant repris l’intégralité des missions du contrôle laitier.

En terme de résultats techniques, d’après les résultats GTTL de 2010, on dénombre une quinzaine d’élevages au-dessus de la moyenne des 10 000 litres/vache. Un chiffre en forte évolution traduisant l’intensification de la production laitière dans le département. Les effectifs continuent à baisser, tant au niveau des vaches en production, qui passent sous le seuil des 16 000 que du nombre d’élevages qui s’élève à 250 en 2011, soit une perte de 17 élevages spécialisés en race prim’holstein en un an. Néanmoins, la production moyenne par élevage continue son ascension pour atteindre 550 000 litres de lait. A noter que le quota a été entièrement réalisé en 2011, pour la première fois depuis 2007. En terme de taux, on assiste à une légère dégradation du TB qui perd 0,3 points depuis 2010 pour s’établir à 38,7. Le TP en revanche s’améliore de 0,3 points pour atteindre 32,3. Au niveau des fonctionnels, l’intervalle vêlage a pris cinq jours par rapport à 2010, soit 425 jours en moyenne et l’âge moyen au vêlage est de 32,6 mois.

Agenda 2012 des manifestations d’élevage :

Concours Prim’holstein à Paris le 27 février,

Ecole des Jeunes dans les Hautes Vosges du 9 au 12 juillet,

Concours Prim holstein à Eurogénétique le 30 mars,

Voyage annuel du syndicat PH à la ferme de Villetin dans la région parisienne courant avril,

Concours Prim’holstein à la Foire de Chaumont le 17 mai (arrivée des vaches le mercredi).


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