L'Avenir Agricole et Rural 16 juin 2016 à 08h00 | Par JLB

Prendre ses responsabilités

Tous les secteurs de productions sont en difficulté. La météo est à nouveau calamiteuse. Lors de son conseil d’administration du 08 juin, la FDSEA a tiré le signal d’alarme en demandant aux filières et aux Pouvoirs Publics de prendre leurs responsabilités.

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Un dossier a été remis à Luc Chatel en lui rappelant plus particulièrement les attentes du monde agricole en matière de soutien politique et d’accompagnement économique face à une concurrence mondiale et européenne impitoyable.
Un dossier a été remis à Luc Chatel en lui rappelant plus particulièrement les attentes du monde agricole en matière de soutien politique et d’accompagnement économique face à une concurrence mondiale et européenne impitoyable. - © JLB

Des marchés à réorganiser

Depuis plus d’un an le réseau syndical FNSEA JA est mobilisé pour défendre les prix à la production et préserver les marges. Dans le même temps, le contexte mondial s’est malheureusement dégradé et les Pouvoirs Publics n’ont pas été performants sur la gestion de nombreux dossiers.

La crise laitière est d’abord liée à un léger excédent mondial qui a entraîné un effondrement des cours des produits industriels.  La solution passe par une meilleure maîtrise de la production ; ce que demande la profession depuis le début de la crise. Une démarche a aussi été initiée auprès des GMS afin d’assurer le retour de la valorisation des produits de grande consommation ; c’est l’objet de la charte de partage des valeurs qui a été mise en place par la FNPL. Richard BOURBON estime toutefois que les laiteries n’ont pas renvoyé aux producteurs la totalité de cette valorisation. D’ailleurs les résultats positifs des grands groupes laitiers confirment cette présomption.

La crise de la viande bovine dépend moins du contexte mondial mais plutôt d’une organisation de filière défaillante. La courbe des prix à la consommation continue de progresser alors que le prix de vente à la production se détériore. (cf graphique ci-contre). La FNB a initié la démarche «cœur de gamme» qui a pour objet de valoriser les races à viande en fond de rayon à la place des vaches de réformes en partie importées. La FDSEA suit de près les accords nationaux qui sont passés avec les grandes enseignes et la Commission Elevage de la FDSEA vérifiera quel en est le retour dans les magasins haut-marnais.

Les céréales sont dans la volatilité mondiale depuis quelques années et les cours dépendent largement de la spéculation. Les taux de change euro/dollar ont permis d’amortir la baisse des cours. La récolte 2016 s’annonce exceptionnelle sauf en Europe où la pluviométrie de ces dernières semaines compromet le potentiel satisfaisant observé en sortie d’hiver. Des dégâts importants ont été relevés sur les pois d’hiver avec la bactériose et la pression des maladies est importante sur les céréales avec un risque de présence de mycotoxines qui peut rendre la production impropre à la consommation.

Le marché résiste mieux sur les oléagineux grâce à la filière sofiprotéol historiquement organisée autour de la valorisation énergétique

Déphasage avec la politique gouvernementale

Sébastien RIOTTOT évoque aussi la filière avicole qui se caractérise par une intégration équilibrée des intérêts des différents acteurs tout au long de la chaîne alimentaire.

La FNSEA remet en cause l’efficacité de la LME (Loi de Modernisation de l’Economie) qui n’a pas donné les résultats escomptés en matière de rémunération des producteurs. Elle défend le principe d’une nouvelle approche de fixation des prix  dans le cadre de la Loi SAPIN 2 en cours de discussion devant le Parlement. Afin de renverser le rapport de forces, largement favorable aux entreprises de la grande distribution, la FNSEA souhaite un premier temps de négociation entre les producteurs et leurs acheteurs avant le 30 novembre afin de précéder l’envoi des conditions générales de vente des industriels aux distributeurs. Ces contrats passés en amont devront prendre en compte la notion de coût de production des producteurs.

Une délégation de la FDSEA a remis ces propositions au Préfet et elle a rencontré dans les jours suivants le Député Luc Chatel qui connaît bien le sujet puisqu’il a été l’initiateur de la LME.

En prônant l’agro-écologie comme principale planche de salut pour l’agriculture française, le gouvernement fait la part belle aux associations environnementales qui attaquent les méthodes modernes de production en condamnant aveuglément  les phytosanitaires, quand ce n’est pas la consommation de viande, sous de fallacieux prétextes de bien-être et de biodiversité. La position du gouvernement français sur les néonécotinoïdes est symptomatique de ce déphasage politique.

MAE

Le Conseil d’Administration a aussi vigoureusement contesté la déplorable gestion des soutiens européens qui est pilotée par Paris avec une improvisation et un amateurisme déroutants. Il est inacceptable que plusieurs dizaines de dossiers ne soient pas encore réglées au titre des aides animales alors qu’il n’y a aucun lien avec le registre parcellaire. Quant aux MAE, elles ne seront probablement pas soldées avant la fin de l’année 2016, soit un an et demi après l’engagement ! La FDSEA a obtenu l’assurance verbale que le budget 2015 serait bien affecté aux demandes faites par les agriculteurs haut-marnais au cours de cette même année ; ce qui peut laisser espérer une éligibilité dans la dernière priorité (P 4). En effet, l’administration a prévu de recontacter individuellement, dans les prochains mois, tous les agriculteurs ayant souscrit une MAE système ou unitaire et il est malheureusement probable qu’un grand nombre de demandeurs se désistera en raison du plafond imposé et des cahiers des charges trop contraignants, particulièrement en ce qui concerne les mesures avec réduction d’IFT. Le délai d’instruction anormalement long de ce dossier posera inévitablement le problème de l’indemnisation des agriculteurs qui ont subi un préjudice du fait du cahier des charges qu’ils ont jusque-là respecté.

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