L'Avenir Agricole et Rural 05 mars 2020 à 10h00 | Par TM

Prédation

Depuis le début de l'année quatre élevages de Haute-Marne ont été victimes d'attaques. Les éleveurs redoutent la présence du loup, même si pour l'instant, il n'a été officiellement coupable qu'une fois.

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Le loup est-il passé à Meuvy ?
Le loup est-il passé à Meuvy ? - © Réussir

On n'avait pas vu le loup dans le département depuis 2013, lors de son passage à Nully. Mais le 6 janvier dernier à Bassoncourt, Louis Baptiste Brutel retrouve quatre brebis mortes. L'attaque d'un loup est suspectée puis confirmée par l'Office français de la biodiversité (OFB) dans un courrier à destination de l'éleveur. La commune se situe à une quarantaine de kilomètres du massif forestier de Saint-Amond, près de Neufchâteau, classé en « zone de présence permanente du loup ». Sachant qu'un loup peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en une journée, était-il de passage ou s'est-il installé chez nous ?
Une autre attaque a eu lieu en janvier à 20 km de là à Sommerécourt chez Patricia Claude.

Une attaque à 150 m de la ferme

Plus récemment, c'est à Meuvy qu'une nouvelle attaque a eu lieu. La commune se situe à côté de Bassoncourt, là où la présence du loup a bien été confirmée. Les animaux provenaient de l'EARL Paillard, une exploitation familiale de 305 ha qui possède 600 bovins, une dizaine de chevaux, ainsi qu'un atelier ovins comprenant 18 brebis et 1 bélier.
« Le 13 février, les brebis étaient dehors en attente de mise bas, elles ont passé la nuit dans une parcelle à 150 m de la ferme » explique Mélanie Paillard, l'une des quatre associés. « Le lendemain matin on en a vu une qui était bizarrement couchée, on s'est dit que quelque chose d'anormal était arrivé ».

Un élevage traumatisé
En plus de la perte des deux brebis gestantes (qui attendaient deux petits chacune), deux brebis ont avorté peu de temps après, traumatisées par l'attaque. Ce qui fait une perte de 8 ovins au total. « Malheureusement les indemnités ne prennent pas en compte les conséquences sur l'élevage. Depuis l'attaque, les bêtes sont effrayées dès qu'elles voient une grosse masse dans la nuit. Même le poney du voisin leur fait peur dès qu'il commence à faire sombre ».

Conditions d'obtention des aides à la protection des troupeaux

Les éleveurs impactés par les grands prédateurs peuvent bénéficier de soutiens financiers pour mettre en place des mesures destinées à protéger leurs troupeaux contre les attaques des loups et des ours. Les aides financières allouées, cofinancées dans le cadre du FEADER, sont encadrées dans un dispositif dénommé OPEDER (opération de protection de l'environnement dans les espaces ruraux). Pour bénéficier des aides à la protection des troupeaux, les éleveurs doivent conclure annuellement un CPEDER (un contrat de protection de l'environnement dans les espaces ruraux) qui définit la nature des soutiens et les engagements des souscripteurs.

Les territoires
Les mesures de protection des troupeaux contre la prédation du loup ne peuvent être souscrites que dans les communes ou parties de communes classées selon 4 zonages :
Le  « cercle 0 » intègre les communes ayant justifié d'au moins 15 attaques par an sur les 3 dernières années. Les communes enclavées ou limitrophes à celles du cercle 0 où le risque de prédation est élevé peuvent également être considérées comme faisant partie du cercle 0.
Le « cercle 1 » classe les communes où la présence permanente du loup est avérée avec au moins un acte de prédation sur un cheptel domestique lors des 2 dernières années. Les communes enclavées ou limitrophes à celles du cercle 1 où le risque de prédation est élevé peuvent également être considérées comme faisant partie du cercle 1.

Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet article dans notre édition du 06 mars 2020.

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