L'Avenir Agricole et Rural 27 juin 2013 à 10h31 | Par Jean-Louis BLONDEL

Prédateurs - Le loup est-il dans la bergerie ?

Depuis plusieurs mois des attaques de troupeaux laissent supposer la présence de loup en Haute-Marne. Le week-end dernier, la Famille BOUCLEY à Nully a perdu 8 moutons.

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Le Préfet s’est rendu le jour même sur l’exploitation et a prescrit des mesures d’effarouchement pendant 10 jours.
Le Préfet s’est rendu le jour même sur l’exploitation et a prescrit des mesures d’effarouchement pendant 10 jours. - © JLB

Dans la nuit de samedi à dimanche, une attaque a eu lieu sur une troupe parquée sur la commune de Nully et le lendemain un nouveau préjudice était constaté, dans le même élevage, sur une autre troupe située à proximité de Blumeray. Dans le même temps la présense d’un chevreuil éventré avait aussi constatée.

Suspicion de présence de loup

Les morsures semblent caractéristiques d’une attaque de loup qui s’en prend principalement à la gorge des animaux. Les agents de l’ONCFS ont été immédiatement alertés par les agriculteurs et ont passé de longues heures à relever des indices et à essayer de retrouver des traces d’ADN, seules preuves tangibles en l’absence d’observations visuelles.  Or les études ADN sont difficiles à réaliser  en dehors de présence de poils ou de matières fécales. Pour le moment, en Haute-Marne, il n’y a pas eu de confirmation de présence de loup même si 5 dossiers d’indemnisation ont été ouverts l’an dernier et 3 autres cette année.

Seul l’effarouchement est possible… pour le moment

Le loup est une espèce protégée et les prélèvements ne sont possibles que sur dérogation préfectorale. Dans le cadre du Plan d’action National Loup 14 départements ont été listés pour permettre des dérogations aux interdictions de destruction (cf encadré). La Haute-Marne n’y figure pas bien que des dossiers d’indemnisation aient été ouverts l’an dernier (cf ci-dessus). Thierry LAHAYE Président de la FDSEA, s’est rendu lundi après midi sur l’exploitation de la famille Boucley et il a rappelé la nécessité de reconsidérer le statut du département car il est hors de question de laisser le loup s’installer définitivement dans notre région.

Conscient de la gravité de la situation, le Préfet a immédiatement pris toutes les dispositions que lui permet actuellement la réglementation, à savoir- la mobilisation des agents de l’Etat pour effaroucher le prédateur et essayer évidemment de mieux l’identifier. C’est ainsi que pendant 10 jours, les lieutenants de louveterie et les gardes de l’ONCFS vont être sur le pied de guerre sur le canton de Doulevant et les communes limitrophes.

8 millions d’euros en 2012

Les attaques de loup sont exponentielles au plan national. Elles ont été multipliées par 5 au cours de ces 8 dernières années et elles atteignent aujourd’hui un montant global de près de 8 M d'Euros.

16 moutons ont été indemnisés en Haute Marne pour environ 3500Ä en 2012 mais cela ne couvre malheureusement pas l’ensemble du préjudice qui est d’ailleurs quelquefois difficilement identifiable compte tenu du stress des brebis et des dommages d’avortement subséquents. Les frais vétérinaires doivent aussi être pris en considération.

La dérive de ces coûts est régulièrement dénoncée par les éleveurs des départements les plus touchés, qui réclament une lutte plus appropriée.

«Les éleveurs de moutons haut-marnais n’avaient pas besoin de cela dans le contexte économique difficile de cette filière qui n’arrive malheureusement plus à assurer le renouvellement des générations» déclare Thierry LAHAYE. La Haute-Marne va donc très certainement entrer dans le Groupe National Loup de manière plus active qu’elle ne l’était depuis l’an dernier. A moins que le loup n’y soit plus …. , ce que tout le monde espère évidemment !

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