L'Avenir Agricole et Rural 17 octobre 2013 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

PREDATEURS - LE LOUP... CE N'EST PAS "NATUREL"

Les agriculteurs se sont invités massivement à une réunion organisée par une association locale de Bar/Aube. L’intervenant, militant national de FERUS, a été puissamment contredit.

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Anthony KOEHLER, animateur du réseau Vosgien et vice-président de l’association FERUS a observé des loups... surtout en captivité.
Anthony KOEHLER, animateur du réseau Vosgien et vice-président de l’association FERUS a observé des loups... surtout en captivité. - © JLBLONDEL

Victime de son succès, le Centre Permanent d’Initiation à l’Environnement (CPIE) de Bar sur Aube, a dû changer de salle le 9 octobre dernier pour accueillir près de 150 participants qui s’étaient inscrits pour écouter et surtout s’expliquer avec Anthony KOEHLER, vice-président de FERUS, une association de défense de l’ours, du loup et du lynx.

 

Le loup est là depuis juin 2012

Depuis la photo prise à nully le 11 septembre, les langues se délient et nombreux sont les observateurs qui ont vu le (les) loup(s) ! L’organisateur de la réunion a témoigné lui-même l’avoir vu en octobre 2012. L’ONCFS, les chasseurs locaux ont confirmé des observations visuelles en juin 2012. Des attaques ont été ensuite recensées en septembre 2012 à Lignol.

Maintenant la présence de loup ne fait plus aucun doute même si quelques attaques de chiens n’est  pas à exclure.

A ce jour 49 attaques (21 dans l’Aube, 28 en Haute-Marne) ont eu lieu causant la morte de 72 brebis et en blessant 233 autres Cette présence du loup ne semble pas déranger le militant national. Il explique doctement que l’animal évolue «naturellement» en colonisant de nouveaux territoires «vierges» d’environ 300 km2, pour créer une meute.

Pendant une heure, d’ailleurs intéressante, nous avons appris que le loup avait un odorat 10 000 fois supérieur à l’humain, que seul le couple dominant se reproduisait courant février-mars, ou encore qu’il se nourrissait principalement d’animaux sauvages. Ces observations ont été faites en grande partie dans les grands parcs naturels.

Elles proviennent aussi d’Italie où le loup est réapparu en premier en partant des Calabres pour traverser les Alpes en 1992, puis les Pyrénées jusqu’au Portugal.

Des meutes ont aussi été observées dans le nord est de l’Allemagne et il n’est pas impossible qu’un jour elles viennent nous coloniser.

Il semblerait donc que nous soyons cernés et que nous devions faire avec ce prédateur dont la dernière mention locale remonte au 15 avril 1945 à Levigny.

Cette théorie n’est évidemment pas partagée par le monde agricole. Thierry LAHAYE a simplement rappelé que «le loup avançait parce qu’il était protégé», et que nous n’étions pas à Yellowstown autour duquel la régulation se fait «au fusil mitrailleur» selon les aveux même de l’intervenant lui-même.

 

Des loups semi-sauvages

Bernard PIOT, de Lignol le Château, dont le troupeau a subi une dernière attaque «sous ses fenêtres» interpelle le militant national en lui précisant qu’en protégeant le loup mangeur de moutons, on favorise l’émergence d’une lignée semi-sauvage.

Son argument a fait mouche et le représentant de FERUS, plusieurs fois interpellé par des électeurs victimes du prédateur a fini par reconnaître que le loup «posait problème» et qu’il n’était pas opposé à des «prélèvements défensifs». C’est justement ce que prévoit le nouvel arrêté préfectoral qui permet l’usage de carabine en cas d’attaque de troupeau.

Le militant du FERUS a toutefois rappelé son opposition aux prélèvements tels qu’ils sont aujourd’hui programmés dans le sud de la France avec le concours des chasseurs. D’ailleurs son association a quitté le 14 octobre dernier le Groupe National Loup pour protester contre cette dérogation qu’elle estime contraire à la Convention de Berne de 1979 ratifiée par la France en 1989.

Manifestement à cours d’arguments pour répondre à la détresse des éleveurs qui passent des nuits blanches à surveiller leur troupeau, l’Ecologiste s’est à plusieurs reprises retranché dans sa tanière réglementaire laissant ses interlocuteurs avec leurs interrogations et leurs angoisses.

Plus pragmatiquement, l’Association locale CPIE a proposé dernièrement  la famille Boucley de Nully de l’aider à poser des clôtures défensives. Cette initiative est louable mais une chose est sûre, le débat n’est pas prêt d’être clos !

 

Extrait d’un communiqué du 15 Octobre demandant le déclassement du loup

FNSEA, JA, APCA et FNO  constatent que le loup n’est  pas une espèce  menacée à l’échelle  du continent européen. En France, il n’apporte aucune plus-value à la biodiversité. Au contraire, il la fait régresser. Les paysages se ferment lorsque le pâturage disparaît. En conséquence, les quatre organisations professionnelles demandent aux Ministres de l’écologie et de l’agriculture d’ouvrir le dossier du statut du loup afin qu’il soit rapidement sorti des espèces protégées, tant dans le cadre de la convention de Berne que de la directive habitat de l’Union Européenne.

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