L'Avenir Agricole et Rural 12 septembre 2013 à 08h45 | Par JLB

Prédateurs - Entre chien et loup

Une nouvelle attaque a été constatée dans la nuit de dimanche à lundi sur la commune de Leschères sur le Blaiseron, malgré les patrouilles effectuées localement par l’ONCFS.

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Dans le doute, les animaux sont indemnisés ainsi que les pertes indirectes des exploitations.
Dans le doute, les animaux sont indemnisés ainsi que les pertes indirectes des exploitations. - © E.D.

Lundi, José Bertrand, agriculteur à Leschères sur le Blaiseron, est venu soigner ses moutons au pré vers sept heures trente, comme chaque jour. Les quatre ovins qu’il garde «par sentiment», habituellement si friands de leur ration de céréales n’ont pas accouru ce matin-là. Et pour cause. A quelques mètres du chemin, il découvre avec stupeur, gisante, la dépouille d’une de ses brebis, cruellement égorgée et étripée. En parcourant le pré, il trouve aussi une deuxième de ses brebis gravement blessée au cou et au cuisseau arrière qu’il va tenter de sauver en la recousant. Le bélier est quant à lui indemne. L’animal d’ordinaire téméraire au point que José est obligé de se munir d’un bâton quand il entre dans le parc, est tout penaud. Il se réfugie contre son maître et flaire tristement la victime de l’attaque. «Ah s’il pouvait parler...» regrette l’éleveur.

Une enquête qui tourne en rond

Les agents de l’ONCFS sont venus constater et effectuer les prélèvements d’usage. Pour l’instant l’analyse de traces ADN n’a pas abouti à des conclusions probantes et les blessures diffèrent d’une attaque à l’autre.

Le mystère est donc loin d’être élucidé sur la nature de cet énigmatique prédateur qui sévit impunément dans le secteur depuis quatre mois maintenant, achevant sa cinquantième victime lundi et laissant sur son passage 95 animaux blessés, toujours des ovins. Impossible de relever des empreintes de pattes au sol. Le crime parfait en quelque sorte... Les autorités espèrent que la neige facilitera leur travail d’enquête, si «la bête» n’est pas neutralisée d’ici là. L’ouverture de la chasse très prochainement pourrait d’ailleurs perturber le prédateur et l’éloigner.

En attendant, José comme beaucoup d’autres éleveurs, craint pour son cheptel allaitant en pleine période de vêlage. Un tel animal pourrait en effet s’attaquer à un veau, même si cela n’a pas encore été constaté.

Les pouvoirs publics mobilisés

Pourtant, assure Monsieur Regny, Directeur de Cabinet du Préfet, «Nous prenons cette affaire très au sérieux. Depuis la parution de l’arrêté autorisant l’abattage des chiens errants (ndlr : publié dans nos colonnes la semaine dernière), des patrouilles sont effectuées toutes les nuits sur les quatre cantons concernés». Soulaines-Dhuy, Bar-sur-Aube, Doulevant et Juzennecourt sont ainsi placés sous haute vigilance. Les lieutenants de louveterie et les agents de l’ONCFS se relayent pour faire des rondes. Ils étaient le matin même à proximité du lieu de l’attaque, mais aucune créature suspecte n’a été observée.

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