L'Avenir Agricole et Rural 06 mai 2021 a 09h00 | Par Anne Frintz

Pour une Pac de la croissance !

La FRSEA et les JA Grand Est ont réussi le tour de force de rassembler près de 1 600 tracteurs alsaciens, lorrains, vosgiens et champenois, devant et autour du Parlement européen, à Strasbourg, vendredi 30 avril, alors que les négociations sur l'avenir de la Pac reprenaient à Bruxelles.

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Les agriculteurs, emmenés par leurs responsables syndicaux, fustigent une réforme de la Pac pour 2023, qu'ils jugent « de la décroissance ». « Produire n'est pas un gros mot ! Produire pour tous les marchés », rappelait Hervé Lapie, président de la FRSEA Grand Est, la veille de la mobilisation. Vendredi 30 avril, un concert de klaxons a réveillé le Parlement européen, à Strasbourg, déserté des eurodéputés au profit de Bruxelles, depuis la pandémie de Covid-19. 1 600 tracteurs ont encerclé les institutions européennes de midi à 16 h. Les agriculteurs et les viticulteurs d'Alsace (un millier d'engins du Bas-Rhin, 350 du Haut-Rhin), de Lorraine (150 véhicules, surtout de la Meuse et de la Moselle), des Vosges (une cinquantaine de tracteurs) et même plusieurs Marnais ont répondu à l'appel de la FRSEA et des JA Grand Est, provoquant plus de dix kilomètres de bouchons, sur l'autoroute A4 notamment, dans le sens Paris-Strasbourg, au matin, sous une pluie battante.

A l'instar de Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, ils refusent que les aides Pac, qui ne sont « pas de l'argent de poche » mais représentent une partie du revenu des exploitants, dixit le betteravier alsacien, soient encore plus conditionnées.

Rencontres avec le monde politique pour la souveraineté alimentaire

La ferme Grand Est FRSEA / JA dénonce l'obligation de rotation à la parcelle, qui va à l'encontre des connaissances agronomiques, d'après les premiers concernés, et entraînerait une perte d'autonomie alimentaire dans les élevages comptant principalement sur le maïs local pour nourrir les troupeaux. Elle veut que les aides pour les éco-régimes (mesures vertes du 1er pilier de la Pac, qui représenteront jusqu'à 30 % de ce pilier demain) soient accessibles aussi à ceux qui ne sont ni en bio ni en HVE. Elle est contre la fusion des enveloppes des aides couplées destinées aux vaches laitières et allaitantes, qui nuirait encore un peu plus aux éleveurs de bovins viande. Le modèle dominant n'est pas prêt à faire la bascule. Ce qui privilégierait les plus petites fermes, aux pratiques les plus alternatives, est condamné. Les manifestants du 30 avril veulent une « Pac économique », protégeant les paysans et la souveraineté alimentaire, sur tous les territoires, ont-ils fait savoir par leurs applaudissements, lors des discours à la tribune, qui ont débuté vers 14 h.

Anne Frintz

De retour de Strasbourg

Quel élan de solidarité ! A l'appel de la FRSEA et JA Grand Est, plus de 1600 chauffeurs de tracteurs ont interpellé les députés européens et l'État à être attentifs à leur avenir dans le cadre des trilogues européens et du programme stratégique national sur la PAC.

Nos engagements de syndicalistes nous amènent le plus souvent à améliorer les textes qui nous sont proposés afin de préparer un avenir décent à nos agriculteurs.
Les sujets sont très techniques, parfois idéologiques, trop souvent loin de nos réalités agronomiques et de bon sens paysan.

Vendredi, auprès de la Préfète de Région, nous avons abordé l'ensemble des sujets PAC et EGA : Ecoregimes,  Aides couplées,  Zones intermédiaires, BCAE 8 et BCAE 9, etc.

Avec le Président de la Région, nous avons évoqué les enjeux du second pilier : la nécessité d'accompagner l'installation et la formation, l'innovation par l'investissement, le développement de l'économie circulaire, les filières, l'adaptation et le soutien face à l'évolution du climat, l'urgence de développer nos produits français dans la RHD, etc.

Ce mardi 4 mai, nous avons été reçus par le Ministre de l'Agriculture, afin de porter notre projet et notre vision, tout en le laissant s'exprimer sur les dossiers d'arbitrages PAC.
Ce projet européen doit maintenir une Politique Agricole Commune qui se renationalise malheureusement toujours plus !

Nous défendons une Politique Agricole qui doit :
- assurer un niveau de vie décent et équitable aux agriculteurs, quels que soient les marchés, les territoires et les productions,
- assurer un approvisionnement alimentaire stable et de qualité aux citoyens de l'Union européenne, à des prix raisonnables,
- dynamiser les territoires ruraux et participer à l'aménagement du territoire, tout en contribuant à lutter contre le changement climatique, et à préserver les ressources naturelles...

Hervé Lapie, Président FRSEA Grand Est

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