L'Avenir Agricole et Rural 04 avril 2019 à 10h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

«Pour un plan protéines à la hauteur»

Le moment attendu de l’expression des régions au Congrès de la Fnsea s’est déroulé le 26 au soir. Pour le Grand Est, c’est le secrétaire général de la Frsea, Philippe Clément, également président de la Fdsea des Vosges, qui s’est collé à l’exercice.

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Les agriculteurs « accompagnent la transition agroécologique à la bonne vitesse ». « Je pensais vous faire plaisir ! »
Les agriculteurs « accompagnent la transition agroécologique à la bonne vitesse ». « Je pensais vous faire plaisir ! » - © ACTUAGRI

L’élu est revenu sur les six mois de sécheresse de 2018 qui ont « pénalisé fortement les récoltes de fourrages, maïs, betteraves. Ils ont hypothéqué déjà une partie de la récolte à venir et ont fragilisé un peu plus nos exploitations ». Toutefois le réseau syndical s’est mobilisé et a construit des opérations de solidarité, en partenariat avec l’ensemble des organisations professionnelles. De la paille et des sous-produits ont pu être acquis dans des conditions tarifaires acceptables, « une grande fierté » pour Philippe Clément. La FRSEA Grand Est a aussi « su convaincre » les collectivités territoriales qui ont accepté d’apporter un soutien financier aux éleveurs pour passer le cap.

Système obsolète
Le secrétaire général est très colère face au régime des calamités agricoles, sollicité à l’issue de ce phénomène météorologique, qu’il qualifie « d’obsolète ». D’autant plus que l’État a prélevé sur ce fonds 255 millions d’euros ; une somme « pour partie prise dans la poche des agriculteurs ». « Travaillons à rénover ce dispositif et veillons également à ce que l’assurance récolte n’en soit pas un moyen d’exclusion » recommande-t-il.
Concernant la prochaine PAC, la Frsea veut en finir avec la cogestion Etat-Région qui a occasionné des retards de paiement insupportables dans les fermes. « La recherche de valeur ajoutée sur les zones intermédiaires et défavorisées doit être une priorité ». Philippe Clément appelle de ses vœux « un plan protéines à la hauteur de nos espérances et qui permet une meilleure résilience de nos exploitations ». Il prône une meilleure complémentarité des productions dans les territoires. Les énergies renouvelables doivent, pour lui, être encouragées, de même que le stockage de l’eau et l’irrigation « pour que l’eau devienne une force et plus une contrainte ».
Les éventuels transferts budgétaires entre le premier et le second pilier constituent une ligne rouge à ne pas franchir. Le responsable du Grand Est en vient au sujet sensible de la prolifération des sangliers, sur fond de peste porcine africaine. « La maladie désormais à nos portes, la pose d’une clôture le long de la frontière et la régulation du nombre de suidés est une absolue nécessité ». Le loup « qui pénalise fortement le pastoralisme » est également dans le collimateur.

Le 73e Congrès de la Fnsea a retrouvé Nancy… 45 ans après sa venue en 1974. Peu de participants s’en souviennent, et pour cause. Les temps ont bien changé, la physionomie de l’agriculture aussi et les hommes sont beaucoup moins nombreux. Mais leurs préoccupations sont souvent toutes aussi vives, mêmes si elles ne se traduisent pas par des actions aussi spectaculaires qu’à l’époque. Et le besoin d’un syndicat fort et armé pour les défendre se manifeste aujourd’hui encore avec acuité. Christiane Lambert a ouvert les travaux mardi après-midi pour deux demi-journées à huis-clos réservées au débat interne.

Projet volontariste
Après l’examen des comptes du syndicat, et avant que la parole ne soit donnée aux régions et aux interventions libres, la présidente a commenté le score de la liste d’union avec Ja, lors des récentes élections à la Chambre d’agriculture. « 55,55 % des voix, qui l’aurait prédit ? questionne la chef de file. C’est la victoire de la proximité, du contact et de l’écoute des agriculteurs d’un projet volontariste et réaliste dans un esprit de gagne. Nous devons la partager avec tout notre réseau ».

Le ministre de l’Agriculture n’a pourtant pas apporté les annonces attendues par la fédération, mais il s’est volontiers présenté, sur ces dossiers, comme faisant face à des « arbitrages ministériels » défavorables au sein de son gouvernement. Dans un contexte économique plutôt clément, Didier Guillaume avait face à lui une fédération apaisée, après une élection qui a confirmé sa majorité absolue, et au sein de laquelle le dossier épineux de la réforme de la Pac n’a pas encore été abordé en profondeur.
À l’instar du Salon de l’agriculture 2019, le 73e congrès de la FNSEA de Nancy qui a eu lieu du 26 au 28 mars, s’est déroulé dans un esprit de détente des relations entre le syndicalisme majoritaire et le gouvernement. Grâce d’abord à un ministre de l’Agriculture qui s’est évertué, comme il le fait depuis cinq mois qu’il est installé rue de Varenne, à faire corps avec le monde agricole. Lors de son discours de clôture, il s’est, une nouvelle fois, posé en « bouclier contre l’agri-bashing », s’en est pris aux « bobos parisiens » à qui il a conseillé de « s’imprégner un peu plus du bon sens paysan » ; il a vanté une ruralité « qui a eu trop souvent le sentiment réel d’être abandonnée par Paris », une ruralité où l’on continue de « se dire bonjour » contrairement à un monde urbain qu’il a voulu faire tomber de son piédestal.

Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet article dans notre édition du 05 Avril 2019

La France organisera un forum international consacré à la gastronomie en 2020

Le ministère de l’Agriculture a annoncé le 22 mars l’organisation à Paris, en mars 2020, d’un colloque international dédié à l’avenir de la gastronomie et à la place de l’alimentation dans le quotidien des Français. Le chef Alain Ducasse et le diplomate Philippe Faure ont été missionnés par Emmanuel Macron «pour concevoir et faire la promotion» en France et à l’étranger du «Paris Food Forum», qui se tiendra du 20 au 22 mars 2020, a annoncé le ministère dans un communiqué. L’événement en préparation rassemblera «500 personnalités de la gastronomie, de l’agriculture et de l’alimentation», il aura pour objectif de «susciter une réflexion sur les évolutions de la gastronomie, la bonne alimentation et les modes de production et de consommation responsables», précise le ministère. «Un visiteur sur trois déclare choisir la France pour sa gastronomie», a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères. Il voit dans la gastronomie française un atout économique, susceptible de «soutenir nos exportations dans le secteur agroalimentaire» et de promouvoir la France comme destination touristique.

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