L'Avenir Agricole et Rural 29 août 2019 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

PORTES OUVERTES : un méthaniseur en activité à Andelot

En fonction depuis le début de l’année, la SAS Méthafet ouvrira ses portes les 6 et 7 septembre. Les 5 associés feront visiter leur unité de méthanisation qui se trouve à la ferme de Béveaux. L’occasion d’expliquer son fonctionnement et de chasser les idées reçues.

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Le Grand Est est la première région de France pour la filière biogaz-méthanisation (en nombre d’installations, en puissance installée et en nombre de projets d’injection). Sur les 125 unités de méthanisation en activité, 11 fonctionnent en injection. 51 unités sont actuellement en construction et devraient être opérationnelles d’ici 2020 : la méthanisation fournira alors 6 % de la consommation électrique de la région. Avec 12 méthaniseurs en fonctionnement et autant en travaux ou en projets, la Haute-Marne est leader dans ce domaine au niveau de l’ex-région Champagne-Ardenne. Mais d’après Pauline Bonnet, chargée de mission bioénergies à la Chambre d’agriculture de Haute-Marne, « le pic est atteint, on assiste à une baisse de la dynamique des projets ».

Les associés de la SAS Méthafet : Ludovic Thévenin, Philippe Ecosse, Hervé Foissey et Florent Ecosse (Laurent Ecosse est absent de la photo).
Les associés de la SAS Méthafet : Ludovic Thévenin, Philippe Ecosse, Hervé Foissey et Florent Ecosse (Laurent Ecosse est absent de la photo). - © T MORILLON

Un complément de revenu

Dans le secteur d’Andelot, Florent, Laurent et Philippe Ecosse (GAEC de Béveaux), ainsi que Hervé Foissey (EARL du Millénaire) et Ludovic Thévenin (EARL des Roches) ont décidé de monter leur unité de méthanisation. « C’est la conjoncture qui nous a poussés à nous lancer, surtout que nous sommes dans le Barrois, une zone difficile. C’était une question de survie économique, notre priorité était de trouver un complément de revenu et la méthanisation offre une certaine lisibilité sur plusieurs années » explique Ludovic Thévenin, président de la SAS Methafet. Convaincus que l’union fait la force, les 5 agriculteurs visitent plusieurs méthaniseurs et décident de partir sur un projet de 500 kW. N’ayant pas de réseau de gaz à proximité et le procédé de gaz porté n’étant pas encore au point, ils optent pour la cogénération. Le site retenu sera la ferme de Béveaux car elle est isolée et située à côté d’un raccordement EDF.

 

Le projet a bénéficié d’aides de l’Ademe et du GIP à hauteur de 10 % du coût total. « En plus on a réussi à verrouiller le prix d’achat maximum de l’électricité » expliquent les associés. Le méthaniseur fonctionne depuis janvier 2019, il est 100 % autonome au niveau du gisement, « c’était une obligation, sinon la banque ne nous aurait pas suivis ». Pour alimenter le méthaniseur, une ration journalière de 50 T est nécessaire, elle est composée de 60 à 70 % d’effluents d’élevage provenant de l’EARL des Roches, ainsi que d’intercultures et d’ensilages.

 

Moins de volume de digestat

L’unité de méthanisation d’Andelot a la particularité d’avoir un système de traitement du digestat associant évapoconcentration et nanofiltration. Au final, ce procédé permet de séparer l’eau du digestat, ne laissant que les éléments fertilisants. Ainsi on obtient une nette réduction des volumes de digestat. « Grâce à ce système, on n’a pas besoin de cuve pour stocker le digestat et on n’a plus à l’épandre avec un pendillard » expliquent les associés.

 

15 à 20 % de la chaleur repartent vers le digesteur (la température des cuves est comprise entre 40 et 42 °C), une autre partie est valorisée par un séchoir multi-fourrages (foin, céréales, maïs, tournesols, sarrasins…) de 10 m sur 20.

Afin de valoriser le reste de la chaleur, Philippe Ecosse et son fils ont monté un dossier pour installer une serre maraîchère indépendante. Leur projet est de cultiver des fraises, des tomates et de la salade. « Il y aura d’autres légumes, mais nous déciderons au moment des résultats de nos essais. En tout cas nous voulons privilégier les variétés anciennes pour avoir du goût » indique Philippe Ecosse.

Leur production devrait être commercialisée en vente directe à 80 % (vente à la ferme, marchés, magasins de producteurs) et le reste en grande distribution. Le début des travaux va prochainement débuter, la commercialisation des fruits et légumes commencera au plus tard l’été prochain.

 

Pour les associés de la SAS Méthafet, les portes ouvertes de leur installation seront l’occasion de chasser les idées reçues. Le grand public a encore tendance à penser qu’un méthaniseur cause des désagréments au voisinage (bruit, mauvaises odeurs…).

Rendez-vous les 6 et 7 septembre

à la ferme de Béveaux à Andelot de 10h à 18h.


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