L'Avenir Agricole et Rural 27 novembre 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

PORTES OUVERTES - PRODUIRE DES AGNEAUX DE QUALITE

Les Portes ouvertes dans les réseaux d’Elevage sont l’occasion pour la Chambre d’Agriculture de préciser quelques données essentielles dans la production présentée. Ici, l’idée est de produire des agneaux de qualité pour une valorisation optimale.

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Pour l’éleveur ovin, produire un produit de qualité, c’est produire des carcasses qui se vendent bien. Elles doivent être de bonne conformation, sans excès de gras et d’un poids adapté au créneau commercial. Par ailleurs, l’identification du produit devient une nécessité et répond aux exigences des consommateurs.
Tout le travail de l’éleveur consiste à réaliser une combinaison réussie de trois facteurs « conformation », « engraissement » et « poids ». Pour ce faire, il peut intervenir à plusieurs niveaux : choix de la race utilisées, choix des béliers utilisés, alimentation des agneaux, conduite sanitaire et techniques d’élevage.

La composante génétique

Le choix d’une race dite « bouchère » garantit la production d’agneaux lourds et généralement bien conformés. Elle détermine l’état d’engraissement, le poids et l’âge à la vente.
L’éleveur doit associer aptitudes d’élevages d’une race et aptitudes bouchères d’une autre ; certaines races pures conciliant les deux critères. A noter que limiter le nombre de races et de phénotypes génétiques permet de produire des agneaux homogènes.
L’appréciation des qualités bouchères permet de sélectionner les meilleurs béliers à utiliser pour améliorer les performances des élevages.

L’alimentation

L’alimentation joue un rôle prépondérant avant et après la naissance. Qualité, quantité et mode de présentation influencent la qualité des carcasses.
Le poids à la naissance est lié à l’alimentation des brebis en fin de gestation. Il conditionne le poids et la composition corporelle de la carcasse. Des agneaux nés petits doivent être abattus plus légers. A poids égal, une carcasse grasse est moins bien conformée qu’une carcasse plus maigre.
Pour les agneaux, l’alimentation lactée modifie le rapport entre le poids et la composition corporelle. Les agneaux sont d’autant plus gras que leur vitesse de croissance sous la mère est élevée.
Pendant la période de sevrage, l’agneau utilise ses réserves de graisse pour poursuivre sa croissance du fait du changement de nature des aliments consommés. Les agneaux à croissance élevée pendant la phase lactée doivent être sevrés tôt ou abattus au sevrage.
La teneur en matière azotée influence la composition de la carcasse à un poids donné. Plus l’animal est léger, plus ses besoins sont importants : 170 g de MAT à 10 kg contre 90 g à 35 kg de poids vif. Attention aux rations trop pauvres en azote ! Elles induisent une faible vitesse de croissance, une augmentation de l’indice de consommation et un engraissement excessif.
Lors de la croissance de l’agneau, la concentration énergétique ne doit pas trop varier. Une diminution de la concentration énergétique entraîne une augmentation de l’indice de consommation.
Toutes les céréales conviennent. Le maïs permet d’obtenir de meilleures performances mais il doit être limité à 30 % des apports. Dans le cas contraire, le gras risque d’être coloré. Il est également conseillé d’utiliser des grains entiers car les céréales broyées diminuent le pH du rumen et donnent des gras mous et «mal caillés».
Le rationnement de l’apport de concentré est envisageable mais nécessite une place à l’auge suffisante pour tous les agneaux et des lots homogènes. En fin d’engraissement, il ralentit la vitesse de croissance, allonge la durée d’engraissement mais limite le dépôt de gras.

La conduite sanitaire

Côté sanitaire, il faut d’abord assurer aux brebis un bon état général qui nécessite une alimentation adaptée. Il est primordial de réaliser les prophylaxies obligatoires puis de prévenir certaines maladies par une politique de vaccination (entérotoxémie, chlamydiose, rouget, echtyma…).
L’obtention d’une carcasse de qualité implique une croissance régulière de l’agneau liée à une bonne maîtrise du parasitisme et à la prévention de certaines maladies.
Selon les risques, il faut traiter contre les parasites internes (ténia, strongles pulmonaires et digestifs, coccidies…). Il est également conseillé de renouveler la litière souvent et assainir avec du superphosphate (50/100 g par mÇ et par semaine) pour éviter les dégagements d’ammoniac qui altèrent la croissance des agneaux.

Les techniques de l’élevage

Le sevrage intervient différemment selon le système et la race : 60/80 jours pour les agneaux de bergerie et 100/120 jours pour les agneaux d’herbe. Quelque soit le système, les agneaux à faible croissance devront être sevrés précocement vers 40/50 jours.
Les agneaux d’herbe sont finis à l’herbe avec ou sans concentré selon les disponibilités en herbe. La complémentation ne doit pas dépasser 500 g de concentrés par agneau et par jour. L’idéal est la distribution de pulpe sèche.
Pour l’engraissement et la finition des agneaux en bergerie, il faut réaliser des lots homogènes d’agneaux (mâles, femelles, agneaux légers), distribuer les concentrés deux fois par jour en prévoyant 35 à 30 cm de longueur d’auge par agneau si le concentré est rationné, contrôler l’ambiance en évitant les courants d’air, mettre à disposition des abreuvoirs à niveau constant avec de l’eau propre, claire et pas trop fraîche et apprécier l’état de finition des agneaux régulièrement, une fois par semaine, par les maniements.

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