L'Avenir Agricole et Rural 27 novembre 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

PORTES OUVERTES - Le GAEC DES HOULETTES PASSE AU CRIBLE

Dans le cadre des Portes ouvertes dans les réseaux d’Elevage, la journée consacrée aux ovins s’est déroulée au Gaec des Houlettes, à Bourbonne-les-Bains. Présentation de l’exploitation.

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A Bourbonne-les-Bains, Mickaël et Jean-Pierre Cler sont polyculteurs-éleveurs en céréales et en… ovins. Ils sont assistés d’une salariée à mi-temps.
Le Gaec des Houlettes exploitent 248,26 hectares dont 175,2 hectares de surfaces fourragères et 30 hectares de surfaces précaires en pâtures. L’assolement des cultures est assez traditionnel : blé, orge, colza, triticale et avoine.
Côté cheptel, l’exploitation compte 188,25 UGB soit 1 100 brebis dont 160 achetées en novembre 2007, 300 agnelles de renouvellement et 55 béliers. Les brebis sont de race Ile de France, croisée Charollaises et Mérinos de l’Est et les béliers sont des Ile de France, Charollais ou des Suffolk.
A noter que si l’exploitation est basée à Bourbonne-les-Bains, les éleveurs travaillent sur trois sites différents avec un bâtiment à Villars (6 km) pour l’engraissement des agneaux, un bâtiment à Bourbonne, route de Coiffy, pour les agnelages et un bâtiment à Bourbonne, route de Langres, pour les brebis et l’engraissement.

Troupeau ovin

L’ensemble du cheptel permet d’enregistrer 1 070 mises-bas pour 1 712 agneaux nés, 40 brebis mortes, 292 agneaux morts et donc 1 420 agneaux élevés et 1 104 agneaux qui partent à la boucherie. Le Gaec commercialise également 15 béliers et 46 brebis référencés.
D’un point de vue calendrier, le retour à la bergerie se déroule de novembre à avril pour les agnelages d’automne et de janvier à avril pour les agnelages de printemps. La lutte se déroule de juin à juillet et de septembre à octobre pour les brebis et en novembre pour les agnelles. Du coup, les agnelages s’effectuent sur deux périodes, de novembre à décembre et février à mars. Les agnelles mettent bas en avril. Enfin, la vente des agneaux a lieu toute l’année afin de satisfaire la demande des bouchers.
Côté alimentation, les gestantes (j-15) reçoivent 700 à 800 d’orge/triticale, un complémentaire azoté et 1 kg de foin. Durant la lactation, de 1 à 6 semaines, les mères reçoivent des céréales (1 kg), un complémentaire azoté et du foin (2,5 kg). De 7 à 14 semaines, elles reçoivent 500/600 g de mélange fermier et 2,5 kg de foin. En période d’entretien, les animaux reçoivent du foin à volonté. Les agneaux des brebis sont sevrés à 3 mois et ceux des agnelles à deux mois.
Au total, les besoins de matière sèche pour l’ensemble du troupeau s’élève, pour un hiver, à 490 tonnes. Sachant que la surface en herbe est de 175 hectares, le bilan fourrager est excédentaire par « sécurité fourragère » et le chargement technique de 1,24 UGB/ha d’herbe. Le fumier est valorisé sur les surfaces en herbe.

Résultats techniques et économiques

Le taux de mise bas des brebis s’établit à 97 %. Le taux de mortalité agneaux est de 17 %. Le taux de prolificité brebis est de 172 % ; celui des agnelles est de 120 % et la productivité numérique des brebis est de 133 %. La productivité pondérale est de 25,3 kg.
L’ensemble de ces chiffres est plutôt bon avec des taux au dessus des moyennes habituelles. Seul réel problème : le taux de mortalité chez les agneaux trop élevé (il devrait être inférieur à 15 %) à cause de croûtes aux mamelles des brebis.
En 2007, les agneaux ont été vendus, en moyenne, à 5 mois, à un poids de carcasse moyen de 20 kg. Leur prix moyen est de 5,04 euros par kg soit un prix moyen par agneau de 100,8 euros.
Le produit par effectif moyen présent (EMP) est de 123 euros et le produit par UGB est de 784 euros. A ces chiffres, il convient de soustraire les charges opérationnelles (200 euros/UGB), le coût alimentaire (22 euros/EMP), le coût véto (6,5 euros/EMP) et les coûts divers (2,8 euros/EMP). La marge brute ovine par EMP s’établit donc à 91,7 euros et par UGB à 581 euros.
Les points forts du Gaec des Houlettes sont donc le taux de mises bas, la prolificité des brebis, le poids des agneaux, le prix de vente grâce à la vente directe à des bouchers et la maîtrise des charges. Le point faible à régler est donc la mortalité des agneaux.
Avec, toutes productions confondues, des charges proportionnelles de 22 % /PB et un EBE estimé à 34 % du produit brut, la gestion de la famille Cler se caractérise par une bonne maîtrise des charges et une bonne productivité de la main d’oeuvre.
Les bâtiments d’élevage


L’une des particularités du Gaec des Houlettes est de jongler entre trois sites différents. La bergerie route de Coiffy fait 1 800 m2. Elle est aménagée avec des couloirs surléevés pour une meilleure surveillance des animaux lors des agnelages.
La bergerie route de Langres (680 m2) est équipée d’un couloir central, d’auges en bois et d’auges trottoirs. Ce site est mécanisable pour distribuer les concentrés et se servir de la pailleuse. Ce lieu est destiné aux brebis et aux agneaux.
La bergerie de Villars (940 m2) n’est pas mécanisable. Elle sert de bâtiment d’engraissement pour les agneaux.

 Main d’oeuvre et pénibilité

En matière de gestion du travail, les missions des unités de main d’oeuvre sont bien réparties. Jean-Pierre Cler s’occupe de la gestion des cultures, de l’agnelage et des soins aux moutons. Mickaël Cler s’occupe de la gestion de la troupe ovine, des soins aux animaux, de l’alimentation, de la tonte, des filets dans les parcs et de la récolte des fourrages. Sonia, salariée à mi-temps, s’occupe de l’agnelage, des soins aux animaux et de la surveillance dans les parcs.

Les tâches ressenties comme pénibles par l’éleveur sont :

- la manipulation des ovins à la main
- l’organisation des chantiers lorsque la bergerie est pleine
- la surveillance des lots dans la bergerie sur la route de Langres
- la distribution des concentrés à la brouette et au seau.
Alors, des solutions sont envisagées afin de réduire cette pénibilité :
- la construction d’une plate-forme couverte pour installer le parc de tri et le couloir de contention
- faire une allée surélevée dans la bergerie sur la route de Langres
- installer une vis souples dans la bergerie pour automatiser la distribution du concentré.
Le tout a pour but de préserver une certaine qualité de vie avec 15 jours de congé par an et dimanche sur deux en dehors des périodes d’agnelage.

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