L'Avenir Agricole et Rural 07 juillet 2016 à 08h00 | Par g.E.C.

Pommes, poires, cerises et biodiversité

Pierre Cuvier est arboriculteur fruitier, il est venu s’installer à Lignol-le-Château il y a 15 ans pour y concrétiser son rêve de toujours «gérer son propre verger et valoriser ses fruits en direct» . Il a accepté de faire découvrir son univers le 18 mai lors du Forum des Opportunités, c’était le dernier des 7 temps forts de cette journée…

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Protéger les arbres et les fruits, c’est avant tout prévenir les risques.
Protéger les arbres et les fruits, c’est avant tout prévenir les risques. - © G.E.C.

Présentation de l'exploitation

Pierre exploite aujourd’hui, seul,4.5 ha de fruitiers, lesquels sont son unique source de revenu. Tous les fruits sont commercialisés en circuits courts, principalement grâce à une cueillette à la ferme les après midi de juillet à fin octobre, mais aussi sur le marché de Chaumont, sur l’étal collectif du GIE Richesses du Terroir, et au magasin Brin de Campagne.

Les fruits non valorisés bruts sont pressés à façon par un cidriculteur aubois. Pierre propose donc aussi à ses clients des jus de pommes, de poires et il ne gaspille ainsi aucun des fruits …

Pour Pierre, il faut avant tout assurer la qualité pour fidéliser les clients quels qu’ils soient. La pomme est un fruit qui se conserve bien si elle est produite, récoltée et stockée dans de bonnes conditions.

«J’ai choisi la vente directe pour pouvoir maîtriser cet aspect, mon principal débouché est la cueillette à la ferme, les fruits sont donc récoltés à la main et à maturité … Je gère l’accès aux arbres  pour que les clients ne puissent accéder qu’aux variétés suffisamment mûres…Pour cela, j’ai maintenu un couvert herbacé que je ne fauche pas tant que les fruits ne sont pas récoltables, je complète par un balisage et des panneaux pédagogiques sur les variétés et leurs utilisations recommandées (cuisine, durée et conditions de conservation…)».

Faire les bons choix dès le départ

«Pour sécuriser la production malgré les aléas climatiques, j’ai diversifié les variétés de porte-greffes et greffons. J’ai bien sûr fait le choix de porte-greffes adaptés à mon sol typique du Barrois c’est-à-dire frais et de faible potentiel de réserve hydrique. En ce qui concerne les greffons, j’ai sélectionné des variétés tardives pour limiter les risques de gelées printannières.

J’ai aussi la chance d’avoir beaucoup de toitures ce m’a permis d’alimenter une réserve d’eau et si besoin d’irriguer. Cette réserve d’eau m’a été utile chaque année depuis 2001.

Enfin le maintien du couvert végétal limite aussi l’évapotranspiration du sol, il me faut toutefois le contrôler pour éviter qu’il ne concurrence les arbres. Pour ce faire j’ai recours à un herbicide appliqué au pied des troncs car je n’ai pas encore identifié d’autres solutions efficaces. Je laisse les herbes monter et fleurir entre les rangées d’arbres pour favoriser la biodiversité, et ainsi, la multiplication des prédateurs des ravageurs et celle des insectes pollinisateurs.

Pour une production régulière, il me faut aussi gérer la fructification et limiter le nombre de fruits par pied pour ne pas épuiser la plante, pour limiter le bri de branches et surtout pour éviter que les arbres s’autorégulent et donc ne fleurissent pas ou que très peu l’année suivante. Si c’est nécessaire, cela se pratique dès la fin de la floraison et jusque mi juin».

Prévenir plutôt que guérir

Pour sécuriser la production et maintenir le verger en bonne santé il faut aussi limiter les attaques parasitaires et les ravageurs. C’est par une judicieuse alternance des variétés entre les rangs et l’introduction de haies composites que Pierre limite les risques afin de réduire au maximum les interventions sanitaires notamment sur les fruits.

Les haies mêlant 7 à 8 essences abritent de nombreux prédateurs des pucerons, araignées rouges, charançons, punaises et autres ravageurs pouvant attaquer les parties végétatives et fragiliser les arbres voire provoquer des chutes de feuilles précoces. Les araignées de la frondaison sont particulièrement efficaces pour contrôler les populations de pucerons cendrés. Les haies peuvent aussi attirer certains des ravageurs qui les préfèrent aux fruitiers. Enfin les haies protègent du vent et accueillent de nombreux pollinisateurs.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 08 juillet 2016.

> En savoir plus sur la lutte intégrée

Système de protection des cultures associant plusieurs techniques complémentaires (génétique, confusion sexuelle, lutte biologique…) et exploitant, voire favorisant,  les interactions entre les espèces du milieu naturel...

En Europe, la lutte intégrée est définie par la directive communautaire 91/414/CEE du 15 juillet 1991, comme «L’application rationnelle d’une combinaison de mesures biologiques, biotechnologiques, chimiques, physiques, culturales ou intéressant la sélection des végétaux dans laquelle l’emploi de produits chimiques phytopharmaceutiques est limité au strict nécessaire pour maintenir la présence des organismes nuisibles en dessous de seuil à partir duquel apparaissent des dommages ou une perte économiquement inacceptables».

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