L'Avenir Agricole et Rural 27 septembre 2012 à 15h10 | Par L'Avenir Agricole et Rural

POLE ELEVAGE - LE DIAGNOSTIC DECELAIT, A QUOI SERT - IL ?

Décelait (DEmarche de Conseil en Elevage LAITier), initiée par les réseaux d’élevage de L’Est, est un diagnostic accompagné d’actions techniques à mettre en œuvre s’adressant aux systèmes avec une part d’herbe non négligeable (pas les zéro pâturage).

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © CHAMBRE D'AGRICULTURE 52

Mais concrètement, de quoi s’agit - il ?


Le 17 septembre dernier, les conseillers du service lait de la Chambre d'Agriculture, sur le Nord du département, se sont réunis sur  l’exploitation de M et Mme LESEUR, de l’EARL du Hameau de la Landre située à Chevillon pour mettre en application ce diagnostic Décelait.
Il est composé de cinq étapes qui analysent les grands équilibres du système d’exploitation.

 


Tout d’abord, Philippe, pouvez-vous nous présenter votre exploitation ?

«C’est une exploitation toute simple ici». On exploite 140ha de cultures de vente dont une partie est autoconsommée par les animaux, 65ha de prairies permanentes, avec des « îlots assez dispersés », « 5 ha de luzerne que j’enrubanne ou fais en foin selon les possibilités » et 25 ha de maïs ensilage. «Cette année, j’ai même effectué un essai de sorgho». L’atelier laitier est composé d’une soixantaine de vaches Prim’holstein, en ration complète. Les vêlages sont étalés toute l’année (vêlage à 3 ans), « l’important, c’est de respecter le gabarit des animaux, j’adopte pour cela une conduite en lots ». Nous élevons quasiment tous nos veaux et engraissons une quinzaine de bœufs.



- © CHAMBRE D'AGRICULTURE 52
Les 3 étapes principales qui concernent

l’ossature du système de production


Etape 1 : la cohérence des ateliers herbivores
Avec 26% de maïs dans la surface fourragère (SFP) pour produire 5000 l/ha SFP, cette exploitation pourrait avoir un lot de taurillons engraissés à l’auge pour une bonne valorisation des quantités de maïs ensilés. Le système n’étant pas bien positionné, on peut suspecter un mauvais équilibre de la valorisation des fourrages et de la place de chaque fourrage dans les rations.

Etape 2 la valorisation de l’herbe et comparaison aux valeurs repères

- Valorisation de l’herbe(pour le calcul voir p.6) 4,6 tMS/ha
- Fertilisation minéraleazotée de l’herbe 25 U/ha
- Référence valorisation del’herbe (p D2 du classeur) 5,5 tMS/ha­

 

Cette étape a pour objectif de valider le constat de la précédente (équilibre herbe/maïs dans l’alimentation des animaux) et de vérifier la bonne  valorisation des prairies. Elle est particulièrement importante puisqu’elle concerne le socle du système de production : la cohérence entre les productions fourragères et les ateliers animaux.Le constat du calcul valide l’étape 1 et met en évidence une sous valorisation des prairies qui représente 900kg MS/ha (environ 60tMS au total) par rapport à leur potentiel agronomique attendu. C’est au final un manque à gagner pour l’exploitation qui stocke beaucoup de foin, bien au delà de ses besoins de sécurité fourragère.L’objectif serait de distribuer plus de foin dans les rations afin d’économiser du maïs et de le vendre en grain. L’option d’élever plus de boeufs n’est pas prise à cause d’un manque de bâtiments. Dans ce cas de figure, l’introduction de la culture de luzerne n’est pas pertinente puisqu’elle entraîne une moindre valorisation des prairies permanentes, c’est 5ha de cultures de ventes en moins.



Etape 3 : la maîtrise globale des concentrés distribués aux vaches laitières



- Quantité de concentré/VL 1336 Kg/ha

- Régime alimentaire

Printemps Pâture très limitante/Zéro pâture

Hiver > 11 kg MS ensilage maïs

- Lait/VL (moy.éco) 7866 Litres

(moy.C.L.) 8000 Kg
Kg/ha
(p. D3 du classeur)


C
e
tte étape vérifie la bonne cohérence technique entre la productivité des vaches et les rations distribuées. Dans notre cas de figure, l’éleveur maîtrise bien l’alimentation du troupeau et le résultat est conforme à la référence technique.Cette maîtrise technique est particulièrement importante cette année où les concentrés coûtent chers et que le prix du lait n’est pas élevé et fluctuant. Au-delà de la technique de rationnement, le choix de complémenter à partir de matières premières  et de suivre l’évolution des cours permet de réaliser des économies non négligeables.

 

 



Les 2 étapes complémentaires au diagnostic de fonctionnement.


Etape 4 la cohérence du travail


Au travers de 2 ratios, de surface et de cheptel, le diagnostic permet de confronter le ressenti de l’éleveur aux références. L’objectif est de vérifier si la charge de travail est compatible avec le système et n’est pas source de déséquilibre dans le fonctionnement de l’exploitation.La main d’œuvre présente sur l’exploitation a récemment évolué, passant de 4 UMO à 2,5 UMO aujourd’hui. Les exploitants doivent retrouver une nouvelle organisation de travail mais la charge de travail actuelle est soutenable.


Etape 5 : Ratios économiques


Les ratios économiques de l’EARL en termes de  maîtrise des charges et d’efficacité économique sont bons, par contre, la productivité n’est que moyenne pour ce type d’exploitation de polyculture élevage qui bénéficie d’une bonne conjoncture céréalière. Ces ratios valident le diagnostic réalisé et le manque à gagner qui pourrait être corrigé en optimisant la place de l’herbe et du maïs dans ce système fourrager.


Préconisations


Ce diagnostic permet de mettre en évidence les points faibles dans le fonctionnement de l’exploitation. La démarche de conseil consiste  maintenant à mettre en place des actions techniques concernant les grands équilibres fourragers.Il s’agit de réaliser un bilan fourrager, d’établir des plans de rationnement par catégorie d’animaux.  En prévision de la campagne prochaine, il faudra mettre en place un plan fourrager afin de définir les besoins annuels en fourrages et rééquilibrer les surfaces fourragères nécessaires pour dégager plus de surfaces en culture de vente.



 


Vous aussi, faîtes comme Philippe et rejoignez nous aux formations Vivéa «Mon revenu : mieux le comprendre pour l’améliorer ».

Dans ce climat incertain sur le prix du lait, de cotations de matières premières qui jouent au « yoyo », d’une PAC encore incertaine…, quels sont les leviers à votre disposition pour sécuriser votre revenu ?Les objectifs de notre formation sont d’identifier avec vous vos marges de progrès afin d’améliorer votre revenu au travers du diagnostic décelait.Ce sera pour vous l’occasion de partager vos expériences de terrain, de vous comparer entre participants jusqu’à l’aboutissement d’un plan d’actions concrètes en lien avec vos objectifs.


JOINVILLE
Journée 1 : 23/10/2012
Journée 2 : 13/12/2012


CHAUMONT
Journée 1 : 25/10/2012 de 9h30
Journée 2 : 18/12/2012   à 17h00


LANGRES
Journée 1 : 30/10/2012
Journée 2 : 20/12/2012

Pour plus d’informations : Christine JACQUOT (03.25.35.03.25)

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2522 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2522 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui