L'Avenir Agricole et Rural 23 juillet 2020 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

PLANTES / Plus de quarante espèces dans une herberie

C’est à l’extrême sud de la Haute-Marne, à deux pas du Châtillonnais, que l’Herberie de la Tille produit des plantes aromatiques et médicinales. A sa tête, Elsa Gautherot qui propose également deux hébergements insolites sur son exploitation.

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Elsa Gautherot a repris l’Herberie de la Tille en avril dernier, elle s’est faite accompagner par l’ancien propriétaire.
Elsa Gautherot a repris l’Herberie de la Tille en avril dernier, elle s’est faite accompagner par l’ancien propriétaire. - © T MORILLON

Il y a 10 ans, Xavier Decloux et Sophie Creton achètent un hectare de prairie à proximité de Villemervry et y construisent leur maison et un hangar. Le terrain est aménagé pour l’activité de chacun : l’émail pour Sophie et les plantes pour Xavier. Ils font un grand jardin d’herbes aromatiques et installent un tipi pour héberger les touristes. Puis en 2019 ils décident de partir vers d’autres horizons professionnels. Ils transmettent leur exploitation à Elsa Gautherot qui cherchait un endroit pour vivre tout en exerçant son métier sur place. « Tout était déjà là, je pouvais commencer l’activité tout de suite pour un investissement minime » explique-t-elle.

 

Utiliser des plantes pures

Elsa s’intéresse depuis longtemps aux huiles essentielles qu’elle teste avec succès pour soigner son entourage. « Je m’appuyais sur des livres pour faire mes mélanges, ça me plaisait beaucoup. Mais les huiles essentielles c’est fort et agressif pour le corps et la peau. Cela me semblait intéressant de soigner uniquement avec des plantes pures, car l’absorption est plus douce. Mais il faut bien connaître les plantes, car certaines sont quand même dangereuses » prévient la jeune exploitante.

La fabrication d’un petit flacon d’huiles essentielles demande d’énormes quantités de plantes. « Les gens m’en demandent souvent, mais je n’ai pas assez de surface. Ou alors il faudrait que je cultive une seule espèce de plantes ». Un inconvénient qui conforte Elsa dans son choix.

Dès décembre 2019 Xavier accompagne Elsa dans la transmission de l’exploitation : présence sur les marchés, formation à la culture des plantes, à la récolte, au séchage, aux différentes propriétés des herbes… Elle s’installe en avril 2020 avec ses deux chevaux et continue à développer son savoir en lisant de nombreux ouvrages, même si Xavier reste disponible pour l’épauler. Pour l’instant elle se contente de reprendre les mélanges que faisait Xavier, mais elle compte bien fabriquer les siens à l’avenir.

Une grande diversité

Bien qu’une source soit présente sur les 3000 m² de jardin, la terre n’est pas très fertile, mais elle convient parfaitement aux herbes aromatiques qui sont peu gourmandes en eau. Une quarantaine d’espèces de plantes sont présentes dont 21 sont destinées à la vente. A l’avenir, le jardin accueillera d’autres plantes. Cette diversité permet de limiter les dégâts liés aux maladies ou aux insectes, car il y a toujours d’autres plantes pour se rattraper. Certaines espèces sont là uniquement pour agrémenter le jardin qui est ouvert au public. Les visiteurs peuvent s’amuser à reconnaître les différentes plantes.

La cueillette commence en avril avec la récolte de la primevère officinale (le coucou) et se termine en août quand il n’y a plus de fleurs. En effet, c’est au moment de la floraison que la plante développe le mieux ses propriétés. La récolte est ensuite étalée sur des claies où elle séchera entre 2 et 10 jours selon les espèces. Les plantes sont ensuite ensachées pour une mise en rayon  directement dans la boutique de l’herberie.

Elsa fait également de la cueillette sauvage, car de nombreuses espèces se trouvent à proximité : reine des prés, noisetier, frêne, sureau, murier sauvage, origan sauvage, prêle. « Nous avons de multiples plantes sur notre territoire, je fais rarement plus de quatre kilomètres quand je fais de la cueillette sauvage ». Certaines espèces sont qualifiées de « mauvaises herbes », mais ont de nombreuses vertus. C’est le cas de la potentille rampante, une plante invasive ressemblant au fraisier qui est très difficile à désherber, mais que Elsa utilise dans ses infusions pour ses propriétés anti-inflammatoires. C’est aussi le cas de l’ortie qui est diurétique et reminéralisante.


 

 

 

Suite de l'article en page 04 de notre hebdomadaire de cette semaine.

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