L'Avenir Agricole et Rural 01 août 2013 à 14h55 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Patrimoine - Prenez la clef des champs...

Châteauvillain est l’une des trois « Petites Cités de Caractère » labellisées dans le département. Une distinction obtenue grâce au riche passé historique du bourg ainsi qu’à l’engagement de ses habitants à le mettre en valeur.

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 © E DAUPHIN  © E DAUPHIN  © E DAUPHIN  © E DAUPHIN LA PORTE MADAME qui ouvre sur le parc des daims © E DAUPHIN Le Pigeonnier monumental © E DAUPHIN  © E DAUPHIN  © E DAUPHIN La tour st Marc ou tour des Larrons © E DAUPHIN  © E DAUPHIN  © E DAUPHIN Un lavoir unique en France © E DAUPHIN  © E DAUPHIN  © E DAUPHIN

L’image de Châteauvillain est, le plus souvent, associée à celle du parc aux Daims de 272 ha, qui fait le bonheur des promeneurs. Mais il serait réducteur de cantonner la ville à ce seul atours. En effet, l’histoire de Châteauvillain, au long des siècles, ressemble à une véritable épopée qui mérite à elle seule le détour. Inscrite dans la pierre de ses enceintes fortifiées du XIIe et du XIVe siècles, au sommet de sa vingtaine de tours (il y en avait autrefois plus de soixante), tout comme dans son labyrinthe de ruelles et de chemins de ronde, cette histoire étonnante ne demande qu’à se dévoiler.

 

Quand les bénévoles entrent dans l’Histoire...

C’est grâce à la passion et au considérable travail de recherche de Jacques Desormeau, ancien directeur de l’entreprise Le Chameau, que le glorieux passé historique de Châteauvillain renaît de ses cendres. Sculpteur et peintre émérite, il n’a pas hésité à mettre ses talents au service de reconstitutions plus vraies que nature. On peut ainsi admirer à la salle du musée de l’Auditoire une maquette et un tableau de la Cité à son apogée ainsi qu’une réplique des Priants, des statuettes qui ont été transférées à la ville de Paris, au grand damne de ce passionné du patrimoine local.

Mais que serait l’histoire sans un brin de pédagogie ? Catherine Boussard, présidente de l’association « la clef des Champs » a été professeur de mathématique et chargée de relations presse au cours de sa carrière. Elle anime avec brio les visites guidées, qu’elle émaille d’anecdotes et d’apartés linguistiques sur l’origine d’expressions telles que « c’est une autre paire de manche », « entre la poire et le fromage » ou encore « l’affaire est dans le sac », qui puisent leurs origines dans les us et coutumes du Moyen Âge.

Ce duo de choc, entouré des talents de toute une équipe de volontaires, tout âge confondu, donne du caractère à la petite cité castelvillanoise.

 

Découverte architecturale

La ville de Châteauvillain s’est construite dans la courbe de l’Aujon. Elle constituait autrefois un point stratégique du royaume de France car elle était située à la frontière de la Lorraine et à deux pas de la Bourgogne. La première enceinte date du XIIe siècle, la deuxième du XIVe siècle. Cette seconde enceinte de 2,6 km comptait 60 tours.

Pour entrer dans la ville, il existait trois portes, dont une seule a subsisté : la Porte Madame, qui n’est autre que l’entrée de l’actuel Parc au Daims, créé en 1 655 par le fils du Duc de Vitry, passionné de chasse.

L’histoire débute en 1160, Châteauvillain s’appelle alors Castrum Villanum. Simon de Broyes, premier seigneur de Châteauvillain, construit cette année-là un donjon de forme octogonale (très rare) d’une hauteur exceptionnelle de 45 mètres. Suivront une série de constructions au cours du XIIIe siècle : l’église st Berchaire, le pressoir, la tour de l’Auditoire (où sied actuellement l’Office de Tourisme). Une troisième époque de construction aura lieu au XVIIe siècle, durant laquelle,  le Duc de Vitry, Nicolas de l’Hôpital (qui a fait exécuter Concini sur ordre de Louis XIII), fera construire un autre château dans l’enceinte de la première Citadelle.

 

Personnalités saillantes

Jean 1er de Châteauvillain arrière petit fils de Louis VII, roi de France, participa à la septième croisade. Comme 300 autres seigneurs, il subit le châtiment infligé par les Sarrasins : on lui aurait crevé les yeux comme à ses compères. A son retour, il fait construire à Paris l’hôpital des 15x20 (=300), toujours spécialisé dans les maladies des yeux. Jean 1er, dit l’Aveugle, préfère revenir vivre à Châteauvillain, où il s’éteindra à l’âge de 95 ans. Il soutint la construction de nombreux couvents, dont celui de Mormant à Leffonds.

A la révolution, le seigneur de Châteauvillain était le Duc de Penthièvre (petit fils de Louis XIV et de Madame de Montespan, sa favorite). Son père ayant été reconnu, le Duc était un descendant officiel du roi. Très riche, il était aussi très généreux. A Châteauvillain et partout où il avait des propriétés, il était appelé « le Prince des Pauvres ». A la Révolution, son château est nationalisé mais la population de Châteauvillain ne va pas y toucher. Quelques années plus tard, Napoléon envisage d’installer une garnison dans ce château. D’après l’inventaire dressé à l’époque, il semble qu’il ait été encore richement meublé, avec en particulier des tapisseries de Gobelins. Finalement le projet de l’Empereur n’aboutira pas et la plus belle partie du château sera vendue comme carrière en 1 804. L’église st Berchaire et le château des Broyes seront également détruits afin d’ouvrir la rue principale.

La Tour de l’Auditoire

C’est là que l’on rendait la justice au moyen âge. A cette époque on y jugeait des gens mais aussi des animaux. On a trouvé trace à Châteauvillain d’un jugement rendu à des porcs et à un âne.

Comme tout être vivant, ils étaient passibles excommunication et avaient droit à un défenseur. Les méfaits reprochés aux prévenus (hommes ou bêtes !) étaient retranscrits sur un parchemin. Ce parchemin était roulé autour d’un rouleau qu’on appelait un rôle. Lorsqu’une affaire était jugée on pliait le parchemin concerné on le mettait dans un sac et on disait « l’affaire est dans le sac ». Pour passer à l’affaire suivante on faisait faire un tour au rôle. L’expression « traiter des affaires à tour de rôle » nous vient donc  du moyen âge.

 

Un lavoir unique en France

Ce lavoir datant de la Révolution est équipé d’un parquet flottant qui permettait aux lavandières de régler la hauteur à laquelle elles voulaient travailler.

 

Ruelles et chemins de ronde : il y en a près de six km dans toute la ville, cette ruelle est probablement un ancien chemin de ronde du XIIe siècle.

 

Réplique des Priants


 

- © EDauphin

La tour saint Marc ou tour des Larrons : cette tour qui était située sur l’enceinte du XIIe siècle avait deux fonctions, elle était à la fois défensive et servait de prison. Autrefois couverte d’une toiture conique en laves, elle comprend quatre niveaux. Elle fait actuellement l’objet d’une restauration à travers un chantier d’insertion.

- © EDauphin

L’Ancienne huilerie sur les rives de l’Aujon explique la présence de nombreux noyers à Châteauvillain. On y extrayait de l’huile de noix jusqu’en 1945, puis celle-ci fut convertie en moulin.

Visites guidées tous les jours à 16 heures en période estivale, renseignements au 06 88 56 67 94

 

Plus de photos

sur www.avenir52.fr


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