L'Avenir Agricole et Rural 30 juillet 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Pas de revenus pour les éleveurs laitiers en 2015

Face à la baisse conjointe du prix du lait et de la viande, le Comité Départemental des Jeunes Agriculteurs de Haute-Marne a demandé à CER France Sud Champagne d’effectuer un travail sur l’approche des résultats des exploitations laitières.

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- © T MORILLON

Les éleveurs laitiers sont dans une situation difficile : fin des quotas, prix du lait à la baisse, augmentation des charges et maintenant la sécheresse qui impacte les stocks fourragers. Dans un souci de perspective, mais aussi pour dresser un état des lieux, les JA ont demandé à CERFrance Sud Champagne une étude sur les résultats des exploitations laitières pour la Haute-Marne et l’Aube. Cette approche a été présentée à la session de la Chambre Régionale d’Agriculture. Voici donc les résultats de ce que pourraient être les revenus des exploitations laitières (Haute-Marne et Aube) en 2015.

 

Les bases de calcul retenues

La projection est réalisée sur la base des revenus 2 014 issus des comptabilités clôturées (au 31/12/2014 essentiellement) sur lesquels ont été appliqués les effets suivants :

-Une baisse des recettes laitières de 18 % (combinaison entre prix et volumes).

-Une baisse du produit viande de 6 %.

-L’impact de la modification des aides PAC, soit -15 % sur les paiements 2 015. A savoir que l’effet PAC sera très variable d’une exploitation à l’autre selon les critères : vaches allaitantes précédemment non primées, situation en zone défavorisée ou non… Notons que les 15 % ne tiennent pas compte de l’impact des MAE localisées.

-Les recettes culture sont basées sur les rendements moyens sur 5 ans : 65 q/ha en blé, 60 q/ha en orge d’hiver, 31 q/ha en colza. Les prix retenus sont de 165 euros/t pour le blé, 155 euros/t pour l’orge d’hiver et 380 euros/t pour le colza.

-Une consommation de semences, d’engrais et de traitements identiques à 2014.

-Pour les frais d’élevage, une baisse de 5 % sur le poste aliment, les charges 2 014 étaient encore fortement impactées par le contexte du prix du tourteau et de la qualité des fourrages.

-Pour les autres frais d’élevage, les montants sont les mêmes qu’en 2014.

-Pour les charges de structure, une baisse de 10 % du carburant et des cotisations sociales de l’exploitant (on sort de l’assiette de cotisation du revenu 2 011 à 300 euros/ha pour le remplacer par le revenu 2 013 à 80 euros/ha.

-Une augmentation de 1 % des montants 2 014 pour les autres postes (fermages, assurances, entretien, frais généraux…).

 

Des revenus estimés à zéro

Pour effectuer ces calculs, 3 profils d’exploitation laitière sont retenus :

- Type lait-maïs.

Avec une exploitation de 200 ha, dont 90 ha de culture de vente, 25 ha de maïs ensilage, 85 ha d’herbe et 430 000 l de lait vendu, l’éleveur perdrait 90 euros/ha entre 2014 et 2015.

-Type lait-maïs-viande.

Prenons une exploitation de 270 ha avec 110 ha de culture, 30 ha de maïs ensilage, 130 ha d’herbe avec une production de 530 000 l de lait et 90 000 euros de produit viande vendu. Sur ces fermes la baisse des revenus serait légèrement plus faible : -70 euros/ha car l’activité viande lisse l’impact des variations de prix sur le lait et les céréales.

-Type lait grande structure sociétaire.

Avec une exploitation de 450 ha, dont 280 ha de culture, 50 ha de maïs, 120 ha d’herbe, avec une production de 800 000 l de lait et un atelier viande avec engraissement des mâles, ces fermes obtiendraient des résultats proches de ceux de 2014, soit 40 euros de l’hectare. Les cultures représentent plus de 60 % de la surface : elles ont donc un fort impact sur les revenus. En 2014, c’est le lait qui a compensé la perte sur les céréales, en 2015 le retour à un produit culture moins bas compenserait la perte sur le lait.

 


 

 

La philosophie de CERFrance repose sur la proximité ; proximité dans la relation professionnelle que les collaborateurs du réseau établissent avec les adhérents ; proximité également dans le choix d’implantation des agences, au plus près des entreprises. C’est pourquoi CERFrance Sud Champagne a implanté son siège social sur la zone Plein’Est afin d’oeuvrer plus fortement au coeur de l’économie. Le déménagement dans les nouveaux locaux a eu lieu fin juin, les collaborateurs sont très satisfaits de leurs nouvelles conditions de travail, dans un espace très fonctionnel.

 

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