L'Avenir Agricole et Rural 15 juillet 2016 à 08h00 | Par JLB

Pas de consensus sur le schéma de gestion cynégétique

La Fédération des Chasseurs et l’administration ont voté pour le nouveau schéma contre l’avis du monde agricole et des forestiers qui craignent une augmentation artificielle des populations de sangliers et de cervidés.

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L’agrainage en période de chasse est conditionné à un agrainage tout au long de l’année.
L’agrainage en période de chasse est conditionné à un agrainage tout au long de l’année. - © JLB

Un déficit de concertation

Depuis 2003, le code de l’Environnement oblige chaque Fédération des Chasseurs à élaborer un document d’orientation volontariste : le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (SDGC). Cette programmation d’une durée de 6 années était arrivée à échéance en 2013. La Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) du 5 juillet 2016 a donné un avis sur un nouveau document qui a fait l’objet de remarques de procédure et de fond de la part des forestiers et des agriculteurs.

La FDC avait élaboré avril 2014 une première version dans laquelle il y avait deux points de désaccord principaux : sur le développement de la population de cervidés, d’une part et la mise en place d’un agrainage systématique, d’autre part. L’administration qui était alors sensible à l’argumentation des agriculteurs et représentants de la forêt ne souhaitait pas valider une orientation risquant de transformer l’agrainage en nourrissage systématique, ni le développement des cervidés sur des zones qui étaient jusque là peu colonisées. Les échanges sur ce deuxième point ont d’ailleurs été assez rugueux jusqu’à la dernière CDCFS où l’administration a finalement cédé aux souhaits de la Fédération des Chasseurs qui lui aurait, soit disant, donné suffisamment de garanties contre tout dérapage éventuel. Certes le SDGC n’est pas un document normatif, il n’engage que les chasseurs, mais il est quand même regrettable qu’un consensus n’ait pas pu être trouvé au cours de ces deux longues années de réflexion.

L’agrainage autorisé par principe

Actuellement l’agrainage en période de chasse, plus précisément du 1er novembre au 28 février, fait l’objet d’une interdiction permanente à laquelle il est possible de déroger lorsque la fructification forestière est insuffisante. La Fédération des Chasseurs a toujours considéré que l’agrainage était un moyen de dissuasion et de prévention des dégâts aux cultures en précisant toutefois que cette pratique ne devait pas se transformer en nourrissage. Ce point de vue est très discutable car l’agrainage n’est pas naturel et il favorise le maintien d’un haut niveau de densité. Cédant à une certaine pression des chasseurs et d’une partie de ses adhérents, la FDSEA avait consenti à ouvrir l’agrainage en période de chasse sous certaines conditions dans le cadre d’une charte qui avait été élaborée avec la Fédération des Chasseurs et qui reposait sur le principe d’un consensus local, avec la mise en place concomitante d’un politique de prélèvementet de clôtures de protection efficaces.

Le dispositif qui est proposé dans le nouveau schéma ne repose sur ce principe que dans les seules zones de «points noirs» déterminés sur la base de critères cumulatifs, difficiles à remplir selon la FDSEA : prélèvement sur 3 années de suite supérieur à 7 sangliers pour 100 ha ; surface agricole détruite supérieur à 1.5 % de la SAU), etc...

La Fédération des Chasseurs a certes fait une avancée louable en imposant l’agrainage tout au long de l’année (du 1er mars au 1er novembre) aux adjudicataires ayant déclaré cette pratique en période de chasse, mais la FDSEA, ainsi que les forestiers, craignent les excès et l’absence de contrôle efficace. C’est pour cette raison qu’il avait été demandé le maintien du dispositif actuel en l’aménageant avec les nouvelle s règles déclaratives (cf encadré).

Nouvelle pression prévisible des cervidés

La population de chevreuils et de grands cervidés reste à un niveau élevé et les plans de chasse ont un taux de réalisation trop faible. Les agriculteurs et les forestiers demandent une simplification des règles et un cantonnement des grands cervidés dans les massifs qui étaient jusque là colonisés. La volonté de la Fédération des Chasseurs est au contraire de laisser les «grandes pattes» se multiplier et s’installer sur tout le territoire. Ce processus est engagé depuis une dizaine d’années au grand dam des forestiers qui supportent des dégâts sur des semis de régénération et même sur les plantations de résineux adultes par le phénomène de l’écorçage.

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