L'Avenir Agricole et Rural 26 mars 2015 à 08h00 | Par JLB

Parc national

La radicalisation de plus en plus perceptible sur le projet de parc est due en grande partie à un hiatus, voire à un sophisme.J

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Le parc doit revenir à la commande initiale, à savoir celle de l'observation de la forêt feuillue.
Le parc doit revenir à la commande initiale, à savoir celle de l'observation de la forêt feuillue. - © Reussir

Le coeur est une zone de contraintes

Pourquoi tant d'incompréhension entre les partisans et les opposants du parc ? Chacun est pourtant animé par la même bonne intention : celle  de développer son territoire.
L'explication vient justement d'un manque d'explications.
Le hiatus vient de l'amalgame qui est fait sur l'aire du futur parc. Certes les trois zones (adhésion, coeur et réserve) sont bien évoquées lors des consultations successives mais on ne classe pas les réponses en fonction de leur origine géographique. Il en est de même lorsque la parole est donnée aux individus qui s'expriment sur les médias.
Or, il ne fait aucun doute qu'un parc national c'est déjà, en zone de coeur et de réserve, une somme de contraintes réglementaires codifiées dans le code de l'environnement et qui peuvent être aggravées par la charte à écrire. Qui accepterait de se laisser priver de liberté sans réagir, a fortiori lorsque celle-ci touche à son activité professionnelle ?
Le sophisme est de faire croire que le zonage repose sur une sérieuse expertise scientifique en pontifiant sur la «continuité écologique» et les «impératifs de conservation de la biodiversité».

GIP

Les agriculteurs, les propriétaires et les acteurs économiques en général qui sont directement concernés, c'est-à-dire ceux qui sont dans le coeur, ne veulent plus s'en entendre conter. Ils refusent cette dialectique incompréhensible où il n'est jamais question d'économie, si ce n'est dans de vagues projets agrotouristiques. Ils ont fait connaître leur position lors de la dernière assemblée du GIP puisqu'ils ont voté à l'unanimité contre le rapport de prise en considération. Le manque d'argumentation des promoteurs du parc laisse alors le champ libre à des considérations à l'emporte-pièce du style: «le territoire se meurt, c'est une chance à saisir».
Cet avis est respectable mais plus que discutable lorsqu'il émane de personnes domiciliées à l'extérieur du coeur ou qui ne subiront aucune contrainte.
En réclamant «0» hectare dans le coeur, les agriculteurs et les organisations syndicales majoritaires qui les représentent, expriment la volonté de préserver un espace de liberté qui se restreint chaque jour.

La suite de cet article dans notre édition du 27 mars 2015.

La plainte du directeur du GIP classée sans suite

Le jeudi 19 mars une soixantaine d'agriculteurs (cf photo)  s'est spontanément mobilisée pour soutenir Thierry RONOT, responsable syndical FDSEA 21 du secteur de Châtillon, en charge du dossier PARC, qui était auditionné par la gendarmerie de Recey pour répondre d'une plainte déposée par le directeur du GIP, suite au blocage de ses bureaux les 9, 10 et 11 février.
Cette action s'était déroulée sans heurt et sans dégradation dans le seul but d'exprimer le désaccord du monde agricole avant l'Assemblée Générale. Après l'audition, le procureur aurait classé cette plainte sans suite. Cet épisode est symptomatique de la nervosité des dirigeants du GIP qui ont encore perdu une occasion d'être à l'écoute d'un terrain qu'ils ne comprennent manifestement pas.

Qu'en est-il des MAEC ?
A la demande du Préfet coordonateur, la Chambre d'Agriculture a dû laisser le GIP déposer un PAEC (Programme Agro-Environnemental et Climatique) sur l'ensemble de l'aire d'adhésion pour la mise en oeuvre des mesures dites unitaires. Or il a été constaté que certaines MAEC unitaires n'avaient pas été retenues par l'administration du Parc, d'où la grogne du monde agricole que le Préfet s'empresse maintenant d'apaiser en reconsidérant le projet de PAEC local. Il serait en effet incompréhensible que les agriculteurs de la zone ne puissent accéder à toutes les MAEC. Le Préfet essaierait aussi d'obtenir un budget supplémentaire pour financer ces mesures mais c'est loin d'être acquis.
Là encore, le GIP a manqué une nouvelle occasion de se réconcilier avec le monde agricole.....

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