L'Avenir Agricole et Rural 23 février 2012 à 11h41 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Parc National - Place au débat

La Chambre d’Agriculture s’est associée au GIP de préfiguration du Parc National afin d’organiser deux réunions d’informations à Châteauvillain et Auberives, à destination des agriculteurs situés dans la zone d’adhésion.

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Pas plus de contraintes environnementales qu’ailleurs ?

Le directeur du GIP Christophe Gallemant se veut rassurant quant à l’impact réglementaire sur les exploitations.

Premièrement parce que les cœurs de parc d’une surface d’environ 30 000 hectares seront constitués de forêt domaniale, hormis le massif d’Auberive qui compte plusieurs enclaves agricoles, encore appelées « essarts », héritage de pratiques séculaires liées à la présence de monastères dans ce secteur. Aux agriculteurs concernés seraient proposées des mesures agro-environnementales à adhésion volontaire, annonce prudemment la chargée de mission Christelle Guérin.

En ce qui concerne la zone élargie dite « d’adhésion », qui pourrait atteindre 220 000 hectares, et 106 communes adhérentes, aucun outil réglementaire contraignant n’existe, tant au niveau des pratiques agricoles que de l’aménagement urbain. Seules des incitations sur le plan architectural et sur l’usage de matériaux  renouvelables pourraient par exemple être proposées.

A la recherche de l’équilibre Agro-silvo cynégétique

Les choses se compliquent lorsqu’on aborde le sujet des dégâts de gibier. La chasse, comme toutes autres activités liées culturellement à la forêt (ballades, cueillette à visée d’auto-consommation, affouages...) continuer à être pratiquées. Les plans de chasse seront maintenus sur l’ensemble de la zone, y compris dans la réserve intégrale sous la forme d’une « régulation » à définir, ne serait-ce que pour des raisons sanitaires. La Côte-d’Or a adopté des pratiques différentes de la Haute-Marne en raison de la présence de tuberculose bovine transmissible par le blaireau et le sanglier, qu’il conviendra d’harmoniser. Autre impact de la présence du Parc : l’éradication des pratiques « d’artificialisation », à savoir les lâchers de gibier, l’agrainage et l’engrillagement des massifs. Contre toute attente, François Jehlé, représentant la CCI au troisième collège et également Président de l’Association des Grands Gibiers, se serait déclaré favorable à la suppression de l’agrainage. Les clôtures à la parcelle pourraient en revanche être tolérées. Le monde agricole ne semble pas hostile à ces pratiques à condition qu’elles s’accompagnent d’une réduction drastique, des populations de grand gibier.

Vendre du « made in Parc »

L’existence d’une zone d’adhésion est la conséquence directe de la loi sur les Parcs Nationaux, datant de 2006. La revitalisation rurale est au cœur de cette législation : elle vise à éviter la fracture trop souvent constatée entre la population des environs, ne subissant que les contraintes sans retirer d’avantages de la présence d’un Parc.

Les retombées en terme d’agritourisme et de circuit court sont à prévoir et à accompagner. Un label de promotion pourrait être apposé sur les produits réalisés dans la zone du Parc. Encore faudra-t-il laisser aux producteurs les moyens de produire en quantité suffisante, observe Jean-Louis Courtoux.

En outre, les postes créés généreraient dix fois plus d’emplois induits, estime le directeur du Parc.


Où se situera la Réserve Intégrale ?

Cette espace de 3000 hectares d’un seul tenant situé dans un des trois cœurs de parcs sera laissée à l’état naturel. Il n’y aura plus d’exploitation forestière. Cette station sera destinée à l’observation scientifique sur le changement climatique. Mais il faudra des décénies avant que la forêt ne change de visage. Le conseil scientifique pencherait pour le massif d’Arc en Barrois, mais rien n’a encore été acté.

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