L'Avenir Agricole et Rural 19 février 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

PARC NATIONAL, MANQUE DE CONSIDÉRATION

L’assemblée générale du Groupement d’Intérêt Public (GIP) s’est tenue le 11 février dans une ambiance à pleurer … sous des gaz lacrymogènes. Le projet d’étude franchit une nouvelle étape malgré l’hostilité quasi générale des acteurs économiques.

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Un parc gardé par des CRS, symbolisant une rupture qui interpelle de plus en plus les élus locaux.
Un parc gardé par des CRS, symbolisant une rupture qui interpelle de plus en plus les élus locaux. - © jl blondel

Consensuel au départ, le projet de Parc National devient un terrain d’affrontements. Le mécontentement est relativement récent : il remonte au 18 février 2014, date à laquelle le Conseil d’Administration du GIP s’est vu imposer un projet de cœur de 91 000 ha incluant des terres agricoles.

 

Un projet d’étude de cœurde 76 115 hectares

Le projet d’étude final porte sur 76 115 hectares comprenant 12 270 ha de terres agricoles dont 4 466 ha de prairies. Ce périmètre est en réduction par rapport au projet de février 2014 qui intégrait près de 18 000 ha de SAU, mais il reste près de 4 fois supérieur  à celui du printemps 2012 (env. 20 000 Ha) portant principalement sur les forêts domaniales. Il est aussi le résultat de revendications et d’actions syndicales conduites par les organisations agricoles auxquelles se sont joints d’autres acteurs. Les trois manifestations organisées à St-Germain-le-Rocheux le 26 juin 2014, puis à CHALMESSIN le 4 septembre et enfin à Montigny-sur-Aube le 30 Septembre, avaient permis de faire régresser la surface à 76 620 ha. L’Assemblée Générale du GIP avait alors validé cet avant-projet avec 74 voix contre, 54 abstentions et 432 voix pour.

La consultation publique  qui a suivi a donné des résultats moins positifs puisque l’Etat n’avait pas voix au chapitre. Il en est ainsi ressorti 38 % de votes favorables, 38 %  avec recommandations et 24 % défavorables.

Voyant la fronde monter, le Préfet a proposé quelques aménagements de dernière minute en excluant les îlots de terres de culture situés à moins de 500 mètres des cœurs de village. Dans un élan de grande mansuétude, le représentant de l’Etat a même proposé d’élargir le cercle à 1 km, ce qui aurait exclu environ 4 300 Ha de terres. Mais, la profession agricole a continué de rappeler qu’elle n’était pas dans cette logique de grignotage d’un cœur qu’elle considère excessif, et sans justification scientifique. Dans cette incompréhension mutuelle la manifestation annoncée a été maintenue et autorisée ; le Préfet se faisant toutefois fort d’organiser l’assemblée générale programmée à la salle des fêtes de Chaumont le lendemain.

 

Rapport de forces disproportionné

Les FDSEA et JA de Haute-Marne et de Côte-d’or avaient prévu entre 150 et 200 manifestants, plus une vingtaine de tracteurs. Mais, la rumeur courrait que le Préfet déploierait des forces de police. Effectivement, la ville de Chaumont, dès le milieu de l’après midi, prenait l’allure d’une place forte avec de nombreux cars de CRS.

Paisiblement les agriculteurs, auxquels s’étaient joints quelques opposants, ont installé leur dispositif de filtrage avec l’intention de perturber la tenue d’une assemblée générale qu’ils considèrent comme un simulacre de démocratie en égard à la disproportion de la représentation de l’administration. (cf encadré).

Constatant une faible participation en début de séance, le Préfet est venu au devant des manifestants pour tenter une ultime explication. Ce face à face a dégénéré en affrontement verbal. Le représentant de l’Etat a néanmoins réussi à extraire de la foule quelques membres du GIP et particulièrement Patricia ANDRIOT, la représentante du Conseil Régional de Champagne Ardenne, favorable au Parc  qui représentait aussi la Région Bourgogne, soit au total 48 voix ; 2 fois plus que toute la profession agricole réunie ! Malgré le refus de tous les acteurs économiques (agriculteurs, forestiers, industriels et commerçants) le GIP a recueilli 394 voix favorables, 101 voix contre et une dizaine d’abstentions ; ce qui lui permet de pavoiser à nouveau avec un résultat positif, certes en diminution, mais affichant encore 78 % d’avis favorable. Cela ne préjuge en rien de l’adhésion du terrain puisque l’administration représente à elle seule plus de 30 % (cf encadré).

Une vraie démocratie devrait consister en une consultation des propriétaires et acteurs concernés, c’est-à-dire ceux qui sont dans la zone de contraintes à savoir, la zone de cœur. Car c’est bien là que le bât blesse puisque l’Etat a affiché d’emblée, dans sa feuille de route de février 2013, sa volonté de l’inscrire en SCAP* (Stratégie de Création d’Aires Protégées). Il s’agit d’un espace mis sous haute protection environnementale au titre de sa biodiversité, en y ajoutant au passage un enjeu «eau».

En page 06, vous pourrez lire la réactions de Thierry LAHAYE, ainsi découvrir pour il existe une telle détermination du monde agricole à propos de ce projet.

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