L'Avenir Agricole et Rural 24 novembre 2011 à 14h27 | Par E. DAUPHIN

Parc National - Le troisième collège crie au loup

Un rapport de prise en considération vient d’être adressé aux acteurs concernés par le Parc National pour avis. Il fait réagir unanimement chasseurs, agriculteurs et forestiers, notamment en évoquant la possibilité de réintroduction de grands prédateurs.

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Les réunions de travail s’enchainent, orchestrées par le GIP de Préfiguration dont la vocation est d’élaborer la charte du futur Parc National « entre Champagne et Bourgogne ». Un premier document de travail est mis à la disposition des acteurs impliqués dans le projet pour amendement. Sébastien Riottot, représente la Chambre d’Agriculture de Haute-Marne au sein du troisième collège1. Il réaffirme la bonne volonté des agriculteurs à collaborer à l’arrivée du Parc National, qui représente certainement un atout pour la notoriété de notre territoire, mais sera très vigilent sur les conditions de mise en œuvre.

Quelle est la particularité du projet de parc « Entre Champagne et Bourgogne » ?

La particularité de ce projet de parc réside dans le fait qu’il s’inscrit dans une zone de vie avec une densité de population de 11 hab/km2, comptant des activités économiques ancrées dans le territoire, telles que la filière bois, pierre et des activités agricoles. Celles-ci doivent être prises en compte dans le règlement du Parc.

Quel sera le périmètre du Parc ?

Il y aurait vraisemblablement autant de cœurs de Parc que de massifs de forêt domaniale au sein de l’aire d’adhésion, dont le périmètre définitif reste à définir. Il se situera probablement entre l’aire de solidarité écologique rapprochée et l’aire d’influence étendue (voir carte ci-dessous). La grande inconnue reste la localisation de la réserve intégrale, qui pourrait concerner 3000 ha de forêt domaniale.

Le parc National impliquera-t-il de nouvelles contraintes pour les agriculteurs de la zone concernée ?

Normalement non. La réglementation environnementale, déjà dense, s’appliquera ici comme ailleurs. Néanmoins, nous craignons une plus grande pression des contrôles. Malgré la qualité de l’eau constatée, la présence de poissons, la biodiversité préservée dans la sphère du parc, l’agriculture, qui couvre 40% du territoire, est plusieurs fois décrite comme « intensive ». On déplore à plusieurs endroits des « enclaves agricoles » ou encore « couloirs agricoles ». Pour l’instant, il n’a pas encore été question de mesures incitatives de type MAE.

Quels sont les points critiques du document de travail présenté ?

Le rapport reconnait d’une part les « us et coutumes », telles que la chasse ou encore la pratique des affouages. Néanmoins, dans les cœurs de parc, l’exploitation forestière devrait être réduite d’environ un m3/ha et la régulation du gibier sera également impactée. Il serait même question d’éliminer les clôtures destinées à protéger les cultures. Enfin, nous sommes fermement opposés à la réapparition-naturelle ou non- des grands prédateurs, lynx et loup, évoquée à deux reprises dans le document, compte tenu de la densité de population et d’élevage au sein du périmètre du parc.

Quelles sont les prochaines échéances ?

Depuis le 4 novembre et jusqu’au 4 janvier, les quelques 265 acteurs concernés par le projet doivent rendre un avis sur le projet de rapport de prise en considération, un document d’une centaine de pages. L’objectif étant de s’assurer le concours de l’Etat par arrêté, avant l’échéance du mois de mai...

Lors de la prochaine session de la Chambre d’Agriculture, une résolution synthétisant les différentes remarques sur le rapport de prise en considération sera mise au vote par le Président Jean-Louis Courtoux.

 

 

1. le troisième collège ou collège des personnes qualifiées localescomprend : organisations professionnelles agricoles, propriétaires forestiers, filières forestières, acteurs économiques (tourisme,...), chasseurs, pêcheurs, sport de pleine nature, acteurs du patrimoine culturel, habitants, association protection de la nature, gestionnaires d’espaces naturels protégés... (Le premier collège représente l’Etat et le deuxième collège représente les collectivités territoriales)

 


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