L'Avenir Agricole et Rural 02 mai 2014 à 10h18 | Par Jean-Louis BLONDEL

PARC NATIONAL - Le coeur n’y est pas !

Après une phase diagnostic, le GIP lance une consultation auprès des acteurs locaux. Les agriculteurs plus impactés, que prévu par le projet, sont sur leur garde.

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La réflexion avec le monde agricole se poursuit dans un groupe thématique d’une quarantaine de volontaires qui se réunira à nouveau les 12 et 26 mai avant une conclusion en juin.
La réflexion avec le monde agricole se poursuit dans un groupe thématique d’une quarantaine de volontaires qui se réunira à nouveau les 12 et 26 mai avant une conclusion en juin. - © JLB

Guy DURANTET, le Président du GIP (Groupement d’Intérêt Public) des forets de Champagne et Bourgogne a expliqué à la centaine d’agriculteurs ayant répondu à l’invitation, le 22 avril à Chateauvillain, la procédure de mise en place du 11ème parc national. C’est aussi le 1er  parc de plaine.  Depuis la loi de 2006, la concertation avec les acteurs du territoire reste une étape essentielle sous réserve de respecter néanmoins une feuille de route ministérielle, bien précise…

7 années de procédure

L’origine de la création du parc remonte au Grenelle de l’Environnement qui avait décidé la mise en place de trois projets : les Calanques, la forêt feuillue de plaine et une zone humide. Les Calanques ont été finalisées le 18 avril 2012 mais les études avaient commencé avant le Grenelle (12 années d’instruction). Notre site a été choisi en juillet 2009 par le Premier Ministre. Quant à la zone humide, aucun projet n’a été pour le moment retenu. Nous sommes donc le seul parc national en cours de création et le ministère de l’écologie semble suivre de très près l’instruction du dossier. Des moyens non négligeables ont été alloués pour l’animation et les études diverses (500 000 Ä/an). La feuille de route fixe l’échéance à 2017, ce qui ferait environ 7 années d’instruction ; une période estimée raisonnable compte tenu de la volonté de concertation locale. Nous sommes actuellement dans la phase préalable à la «prise de considération» dont l’échéance est fixée en juillet 2015, au plus tard. La première étape a consisté à définir un périmètre d’étude et à faire un état des lieux. C’est le socle du projet. La dernière étape (2016-2017) consistera à rédiger  la charte avant la mise à l’enquête publique puis l’arrêté de création. Les communes auront ensuite à délibérer pour adhérer.

Un pilotage délocalisé… en principe

La loi de 2006 semble donner beaucoup de pouvoirs aux acteurs locaux pour piloter le projet dans le cadre d’un Groupement d’Intérêt Public (GIP). L’assemblée générale de ce groupement est composée de 208 membres répartis en trois collèges : Etat 31%, Société Civile 31 %, Collectivités Locales 38%. 119 communes font partie du périmètre, dont 108 adhérant au GIP. Même si le Président du GIP est issu du collège des collectivités locales, la tutelle de l’Etat reste forte. Elle est exercée par le ministère de l’écologie représenté localement par le Préfet de Haute-Marne. S’agissant d’un parc national, il est compréhensible que la démarche ait à répondre à certains «standards», comme l’a à maintes fois rappelé le nouveau directeur du parc, Hervé PARMENTIER qui a une expérience de 7 années sur le parc du Mercantour. Mais la feuille de route nationale du 6 février 2013 ne semble pas se limiter au rappel des règles de procédure et de calendrier. Elle donne aussi des consignes sur les éléments de fait telles que l’importance de la réserve intégrale (+ 3 000 ha) ou la continuité territoriale du périmètre d’étude du(des) cœur(s). C’est ainsi que l’étude va porter sur 91 000 ha (cf carte ci-jointe)  alors 3 autres options inférieures avaient été envisagées par le GIP : (76 000, 56 000 et 51 000). Cette hypothèse haute intègre près de 18 000 ha de SAU et ce n’était pas le choix des Chambres d’Agriculture, comme l’a d’ailleurs rappelé Christophe FISCHER.Certains (les forestiers privés) auraient même souhaité qu’il se limite à la forêt domaniale (environ 30 000 ha). Ce périmètre sera arrêté définitivement en septembre 2014 en assemblée générale.

Suite de cet article dans notre édition du 02 Mai 2014.

ILS ONT DIT

Guy DURANTET : «ce projet est une vraie chance de développement et j’y consacre maintenant toute mon énergie, bénévolement»

 

Hervé PARMENTIER : «le loup n’est plus une espèce menacée avec 250 animaux aujourd’hui recensés» ; «il n’est pas question de mettre l’agriculture sous cloche»

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