L'Avenir Agricole et Rural 28 mars 2013 à 11h38 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Parc national - L’association qui dit non

Une lettre de cadrage adressée par le Ministère de l’Ecologie au GIP des forêts de Champagne et Bourgogne laisse présager un durcissement des contraintes environnementales sur la zone du futur Parc National.

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L’association «Des racines et des Hommes Champagne Bourgogne», présidée par Jean-Pierre Girardot, a tenu sa première assemblée générale à Auberives. Cette association, dont le leitmotiv est de «protéger sans interdire», fait partie du collectif national initié par Jean Lassalle, en réaction aux dispositions de la loi de 2006 relatives aux parcs nationaux et régionaux. Le député dénonce un mode de gouvernance qui oppose protection de l’environnement et développement, via une sanctuarisation des espaces naturels, alors même que l’artificialisation outrancière des espaces agricoles et forestiers poursuit son cours en toute quiétude. Il affirme que les acteurs locaux sont les premiers protecteurs de leurs territoires. Rejoint par des scientifiques, ce courant de pensée, encore appelé «Think Tank», entend remettre l’homme au cœur du développement de son territoire.

«Un déni de démocratie»

De nombreuses personnalités étaient présentes. A la tribune siégeait Jean Lipp, conseiller général de Val de Meuse ainsi qu’Etienne Rougeot, président de l’association AGATH, venu témoigner sur l’opération coup de poing qui lui a valu de tuer dans l’œuf un projet de parc régional en franche Comté. Etaient également présents dans l’assemblée de nombreux maires des communes comprises dans l’aire d’adhésion.

La lettre de cadrage du 6 février dernier, adressée par l’Etat au GIP chargé de la pré-figuration du parc, longue de cinq pages, ne mentionne à aucun moment les mots «développement local», «emploi», ou encore «tourisme». Elle ne concerne que le renforcement de la protection de l’environnement et reflète clairement la tutelle de l’Etat sur le GIP, chargé de «faire avaler la pilule» aux élus locaux, sous couvert de démocratie participative, explique Jean-Pierre Girardot.

«On nous a roulés dans la farine»

Jacques Boiget, agriculteur et maire de Poinsons les Grancey exprime son amertume alors que, comme la quasi-totalité des maires de la zone concernée, il fait adhérer sa commune à l’aire optimale d’adhésion, la perspective d’un parc National étant porteuse d’espoirs en terme de développement local.

Dans le projet initial, seule la forêt domaniale devait être incluse dans le cœur de parc. Aujourd’hui les massifs privés sont également concernés, avec des restrictions sur les activités humaines devenues préjudiciables : exploitation forestière, droits de chasse...  Pire encore, les terres agricoles situées entre les cœurs deviendraient un vaste corridor écologique. Le régime d’autorisation vaudra pour à peu près toutes les activités. Même la transhumance des ruches pourrait faire l’objet d’une autorisation du directeur du parc (!)

Au sein de la zone de cœur, la réserve intégrale d’au moins 3000 ha d’un seul tenant, qui serait située dans le cœur, vraisemblablement sur le massif d’Arc-Chateauvillain, semble indiquer un recentrage sur la Haute-Marne.

Rien n’est fait

La signature de l’arrêté par le premier ministre est prévue au plus tard le 30 avril 2015. Elle concerne la définition du périmètre de prise en considération, qui constitue l’enveloppe d’étude du futur cœur. Cet arrêté sera suivi par l’élaboration d’un projet de Charte (définition du caractère et des enjeux du territoire, du diagnostic territorial, des objectifs du cœur, des orientations de l’aire optimale d’adhésion, des vocations du territoire), lequel devra être soumis à l’approbation locale avant d’être instruit au niveau national.

Les interrogations soulevées par l’association permettent d’ouvrir un débat contradictoire, ce qui est finalement une bonne chose pour la démocratie. Nul doute qu’il permettra d’aboutir au meilleur compromis pour le territoire et pour ses habitants.

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