L'Avenir Agricole et Rural 15 décembre 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

PARC NATIONAL : ECHÉANCE DÉCISIVE MI MAI 2017

Madame le Préfet va rencontrer tous les agriculteurs ayant des terres dans la zone de coeur afin de les convaincre de l’intégrer. Une fois la charte rédigée, elle sera présentée aux Chambres d’Agriculture et aux FDSEA pour approbation, si la majorité est contre, le projet ne se fera pas.

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- © AVENIR AGRICOLE

La zone de Cœur comptait 15 000 ha de terres agricoles à cheval sur la Haute-Marne et la Côte d’Or. « Suite à une démarche collective, en concertation avec les Chambres d’Agriculture de Haute-Marne et de Côte d’Or et les FDSEA, la zone de Cœur a été modifiée, 90 % des surfaces agricoles ont été sorties » explique le Préfet Françoise SOULIMAN. Il n’en reste plus que 2 500 ha, dont 1 958 ha dans notre département. Mais encore faut-il passer l’étape délicate de l’écriture de la charte, les organisations professionnelles exigent des garanties sur son contenu : elles seront attentives au respect du droit à la propriété et à la réglementation imposée.

 

Accord obligatoire de la profession

Le 9 décembre, la représentante de l’Etat a annoncé la suite des opérations. Le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a missionné le Directeur de l’eau et de la Biodiversité sur ce projet, ce dernier s’est déplacé il y a quelques mois (voir Avenir Agricole du 9 septembre). Par la suite, le fonctionnaire a envoyé une lettre en Préfecture le 5 octobre qui reconnaît le poids de la Profession agricole sur ce territoire et que le parc ne peut se créer sans l’accord des agriculteurs situés en zone de Cœur. Le principe de l’intégration volontaire sera donc respecté. Le Ministère souligne que les agriculteurs doivent être associés au projet, propos repris par Françoise SOULIMAN : « si la majorité des organisations professionnelles agricoles concernées sont contre, le parc ne se fera pas ».

 

Rencontre le 6 janvier

Concernant l’écriture de la charte, Françoise SOULIMAN explique que le travail avec les forestiers est sur la bonne voie « la définition est établie », du côté des chasseurs « nous avons bien avancés avec la Fédération, nous avons terminé le travail de proximité, mais il reste des éléments sur le volet cynégétique ». Reste la concertation avec les agriculteurs : « il ne faut pas se couper de la profession car on a mis du temps à regagner la confiance » précise le Préfet.

 

D’une façon générale, on peut dire que les avis sont partagés, en Haute-Marne 35 chefs d’exploitations ont été rencontrés sur 37 : 12 sont favorables, 12 sont indécis et 11 sont défavorables. Pour la Côte d’Or (qui a 491 ha dans la zone de Cœur), 1 seul des 13 agriculteurs n’a pas encore été consulté : 3 sont favorables, 5 sont indécis et 4 sont défavorables. Au final, un tiers des personnes s’oppose au projet, soit 816 ha sur 2 500.

 

Le Préfet va continuer à travailler directement avec tous les agriculteurs en zone de Cœur, en visant particulièrement les indécis et les récalcitrants pour les convaincre. Françoise SOULIMAN appelle tous les chefs d’exploitations concernés à assister à une réunion le 6 janvier 2017 à 14 h 30 à la Préfecture. L’objectif étant de montrer les opportunités que peut offrir ce parc national : appels à projets GIEE (Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental), MAEC… « On peut envisager des échanges de terres pour les récalcitrants, les projets se feront au cas par cas, mais je suis convaincue de l’intérêt économique du parc » explique le Préfet « ensuite je repasserai devant les Chambres d’Agriculture de Haute-Marne et de Côte d’Or et les FDSEA mi-mai pour valider le projet ».

 

Le GIP continue de recueillir les avis de chacun : maires et habitants des 129 communes concernées, afin d’élaborer la charte pour présenter une 1ère version en début d’année. L’avenir du parc national des forêts de Champagne et de Bourgogne se joue maintenant.

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Ouragan (26) | 15 décembre 2016 à 12:59:59

Attention les associations environnementales, le Conseil Scientifique pour la nature et l biodiversité, les agents des parcs... tous demande le retrait des élevages dans le coeur des parcs. Le CSPNB va plus loin en ce qui concerne les parcs : - qu?il est urgent de repenser certains aspects de la gestion des aires protégées en France pour laisser plus d?espace à la dynamique naturelle de la vie sauvage ; (restriction du pastoralisme) - que les espaces protégés ont vocation à devenir des sites de références privilégiés pour la recherche scientifique dans le contexte du changement climatique ; (accaparement des terres) - que la stratégie nationale de conservation de la biodiversité doit prendre en compte des visions émergentes ayant pour ambition de réduire l?impact humain sur les dynamiques écologiques et évolutives des composants non-humains de la biodiversité. (restriction des activités rurales en général) http://leloupdanslehautdiois.blogspot.fr/2016/12/loup-la-ronde-des-inspires.h

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