L'Avenir Agricole et Rural 23 juin 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

PARC NATIONAL : DES AVANCÉES, MAIS À SURVEILLER !

Le comité de pilotage du Parc National a rencontré les différents acteurs du projet afin de trouver un terrain d’entente. Les cultures céréalières et une grande partie des prairies ont été retirées de la zone de cœur, au final la surface agricole a été divisée par 5.

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Françoise Souliman a réuni tous les acteurs pour redessiner la zone de coeur.
Françoise Souliman a réuni tous les acteurs pour redessiner la zone de coeur. - © T MORILLON

Depuis 3 ans, le projet du Parc National des forêts de Champagne et Bourgogne créer des discordes. Dans ce genre de projet, la réglementation est souvent lourde, la zone de Cœur étant «sanctuarisé» sans moyen d’en sortir, d’où l’inquiétude des paysans. De plus, de nombreuses terres agricoles y étaient intégrées, une situation incomprise par beaucoup comme le président de la Chambre d’Agriculture Christophe Fischer : «le thème du parc c’est la forêt feuillue, c’est ce qu’on devrait trouver majoritairement dans la zone de Cœur comme le prévoyait le projet initial de 2009». La FDSEA et les JA ont manifesté leur mécontentement début 2015 lors de l’assemblée générale du GIP, ils ont été accueillis par des gaz lacrymogènes.

 

De 76 155 ha à 46 586 ha

Lors de sa prise de fonction il y a quelques mois, Françoise Souliman, préfet de Haute-Marne exprimait sa volonté «de mettre tous les acteurs autour de la table sur ce sujet et en premier lieu les agriculteurs». La première rencontre avec les partenaires du parc s’est déroulée il y a 3 mois où 2 groupes de travail (agriculture et forêt) ont été mis en place. Signe de l’intérêt du Gouvernement envers ce projet : Mme Souliman a rencontré les ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture à Paris le 7 juin. Suite à la dernière réunion du Comité de pilotage le 15 juin, de nombreux changements ont été apportés, la concertation s’est déroulée «dans un esprit apaisé avec des échanges de qualité» selon le Préfet.

Les cultures céréalières et une grande partie des prairies ont été retirées. La zone d’étude de cœur se réduit de 76 115 ha à 46 586 ha, il reste cependant 5 489 ha qui vont être expertisés et qui sont donc susceptibles de rejoindre le coeur, selon l’avis que donnera le GIP par la suite. A noter que le secteur de la Digeanne (voir carte ci-contre) est encore en discussion, les ministères et le Préfet ne trouvent pas de terrain d’accord sur son intégration. La Vallée de la Digeanne se compose de 6 zones à enjeux patrimoniaux, il est donc possible qu’elle soit rattachée tôt ou tard au cœur de parc.

La FDSEA et les JA souhaitaient qu’il n’y ait pas de terres agricoles dans la zone de cœur. Même si ce n’est pas le cas (certaines dans le secteur d’Auberive ont été jugées très intéressantes), une grande partie en a été écartée. Actuellement il y a 62 exploitations présentes dans la zone de cœur, soit 1005 ha : 34 fermes en Haute-Marne (740 ha) et 28 en Côte d’Or (264 ha). Si l’on additionne la zone d’étude (en cours d’expertise et matérialisée par les ? ci-dessous) et le secteur de la Digeanne, la surface des terres agricoles représente au total 3 845 ha et concerne 110 exploitations : 49 en Haute-Marne (1871 ha) et 61 en Côte d’Or (1973 ha). En ce qui concerne les propriétaires réticents, le Préfet pense à l’échange de terres.

 

Rédaction de la charte

Le Préfet a assuré que «les agriculteurs pourront continuer à exploiter comme ils le font actuellement, pas de changement de pratiques, ce sera inscrit dans la charte. Ils auront également des aides pour leur permettre de rechercher une meilleure activité agricole». Sur ce dernier point, rien n’a encore été défini et aucun chiffre n’a été avancé. Une exonération de taxes sur le foncier non bâti pendant 15 ans est prévue, mais elle ne concerne que les propriétaires, pas les agriculteurs fermiers.

Toutes ces dispositions devraient être rapportées dans la charte qui va donner l’orientation du projet pendant les 15 prochaines années et qui se décline en programme d’actions de 5 à 7 ans, «un moyen d’amener de la progressivité» explique Françoise Souliman qui ajoute qu’«aucune contrainte environnementale ne sera ajoutée, il n’y aura que ce qui existe déjà sur le terrain». Il reste cependant la problématique de la chasse, même si rien n’est acté à l’heure actuelle, la préfète assure que «c’est un patrimoine et que par conséquent il n’y aura pas de Parc National sans chasse».

 

Retrouvez les commentaires des responsables syndicaux  dans notre édition papier de cette semaine page 05
Bonne lecture.

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