L'Avenir Agricole et Rural 02 octobre 2014 à 08h00 | Par Jean-Louis BLONDEL

PARC, le mur se fissure

L’assemblée générale du GIP a validé les documents soumis à la consultation publique des collectivités, mais le mécontentement et le scepticisme gagnent du terrain. La profession agricole craint une départementalisation du projet.

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Les 200 membres de l’assemblée générale du GIP ont été accueillis par 300 manifestants à Montigny/Aube.
Les 200 membres de l’assemblée générale du GIP ont été accueillis par 300 manifestants à Montigny/Aube. - © E.D.

Décryptage du vote

Les FDSEA et les JA de Côte d’Or et de Haute Marne n’acceptent toujours pas l’inclusion de 13 000 ha de surface agricole dans le périmètre de cœur. Ils l’ont fait savoir avec force en organisant un comité d’accueil aux membres du GIP réunis à Montigny sur Aube le 30 septembre.

L’issue du vote était prévisible avec la sur représentation de l’Etat (30% de voix) et des représentants des collectivités locales (40 % des voix) et des associations de protection de l’environnement. L’agriculture avec ses 2 % de droits de vote ne pouvait, à elle seule, peser sur l’issue du scrutin (cf AAR du 12/09 p3). Au fil des semaines, elle a néanmoins réussi à sensibiliser d’autres acteurs. Ainsi, lors du conseil d’administration du 4 septembre, 7 représentants sur 34 avaient déjà manifesté leur désaccord sur le zonage. Cette fois, 33 % des votes, et non des moindres, puisqu’on y retrouve de nombreuses collectivités dont le Conseil général de Côte d’Or, ne suivent pas les promoteurs du projet (à noter que le Conseil Régional de Bourgogne était absent...). Les représentants des acteurs économiques sont aussi contre le flou du «document de prise en considération»; ils estiment que l’on met la charrue avant les bœufs en arrêtant des périmètres sans connaître à l’avance ce qu’il y aura à l’intérieur. Autrement dit, ils ne veulent pas signer un chèque en blanc et encore moins se faire dicter les ordres par le ministère de l’écologie. Avec 76 voix «contre» et 54 abstentions, la défiance va bien au-delà du seul secteur agricole qui ne compte au total que 25 voix sur 629.

Le risque d’une scission entre la Côte d’Or et la Haute-Marne

Alors que la ville de Langres cherche à rejoindre l’aire optimale d’adhésion, la tendance est plutôt inverse en Côte d’Or où de nombreuses communes, à commencer par celle de Châtillon, manifestent ouvertement la volonté de sortir de la démarche. Il est envisagé à demi-mot, par certains porteurs du projet, que le Parc puisse se déplacer sur la Haute-Marne avec, pourquoi pas, l’intégration des 4 lacs. La profession agricole a réagi immédiatement en s’opposant d’emblée à une telle éventualité. Dans les semaines qui viennent les collectivités et les chambres consulaires vont être amenées à donner leur avis qui pourra être très vraisemblablement assorti de conditions. La FDSEA et les JA 52 iront expliquer la position qu’ils ont jusque-là défendu, à savoir : Zéro hectare de terre dans le Parc; libre ensuite aux propriétaires forestiers d’afficher la même revendication pour que les zones de réglementation, et donc de cœur, restent cantonnées aux seules forêts domaniales. Thierry RONOT, responsable local de la FDSEA de Cote d’Or, a expliqué au nom de tous les manifestants que les agriculteurs étaient prêts à adhérer mais certainement pas à se soumettre. Il estime que l’Etat fait une fixation, voire du chantage, autour des terres agricoles dans le cœur de parc, lequel ressemble d’ailleurs plus à une dentelle tissée par les intérêts politiques locaux que par les enjeux environnementaux. L’action s’est déroulée dans le calme avec une bonne maîtrise des organisations syndicales et préfigure une montée en puissance si le message  continue d’être ignoré ou noyé dans de vagues promesses.

Voir cet article complet dans notre édition du 03 Octobre 2014.

La consultation institutionnelle locale

Plus de 240 personnes morales (publiques et privés) sont consultées :

- Les communes (129) et communautés de communes (5) concernées par le périmètre d’étude

- Les conseils généraux de Côte-d’Or et de Haute-Marne, les conseils régionaux de Bourgogne et de Champagne-Ardenne

- Les chambres consulaires

- Le Centre national de la propriété forestière

- L’Etat et ses établissements publics

- Les membres du GIP non mentionnés précédemment (acteurs de la vie socio-économique dans toutes ses composantes : agriculture, forêt et filière bois, culture, éducation à l’environnement, tourisme, patrimoine, chasse…)

- Les structures non-membres du GIP qui participent activement à la préfiguration du Parc national.

C’est ainsi, plus de 240 personnes morales (publiques et privés) qui sont consultées.

Les avis sont rendus dans un délai de deux mois

(3 octobre – 2 décembre 2014). En l’absence de réponse à l’issue de ce délai, l’avis est réputé favorable.

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