L'Avenir Agricole et Rural 08 décembre 2006 à 00h00 | Par GDS - GTV

Parasitisme bovin - Réseau d’observation du parasitisme bovin

Action menée en partenariat avec le Conseil Général de Haute-Marne et la Chambre d’agriculture.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

RESUMÉ DE LA SITUATION

Après avoir atteint un pic d’infestation en première quinzaine d’octobre, nous observons une décrue de la population de larves infestantes de strongles digestifs lors des derniers prélèvements qui se sont déroulés au moment de la rentrée des animaux. La reprise d’activité des limnées bien que tardive, est favorisée par une arrière-saison favorable.

- Prélèvements d’herbe

Les derniers résultats d’analyses d’herbe montrent que le pic de contamination atteint en première quinzaine d’octobre est dépassé. Maintenant, comment interpréter ces résultats ?

Les différences qui apparaissent entre les sites ne sont pas liées à la situation géographique de la parcelle mais beaucoup plus, à la catégorie d’animaux, au chargement de la parcelle, au système de prévention (pâturage tournant, bolus, antiparasitaire à Longue Action…).

Chateauvillain : L’infestation démarre tardivement car les génisses sont mises à l’herbe en Mai. L’importance du pic de contamination est due au fait que nous sommes en présence d’animaux de première année de pâture, ne disposant pas de protection antiparasitaire, sur une surface assez réduite. Ceci dit, les animaux n’ont pas manifesté de troubles ni retard de croissance car ils ont quitté la parcelle tôt. Un déparasitage à la rentrée est nécessaire dans un tel cas.

Semoutiers : Seuls les veaux ont reçu un traitement endectocide à la mise à l’herbe, ce qui a permis de maintenir l’infestation à des niveaux supportables, capables d’assurer la mise en place d’une immunité. Les animaux n’ont pas subi de retard de croissance.

Thivet : Le chargement important de la parcelle (moins de 40 ares/UGB), a entraîné un pic de contamination assez élevé et précoce.

Une réduction du chargement a permis de rétablir la situation.

Droyes : Malgré un chargement important de la parcelle (moins de 40 ares/UGB), l’infestation démarre tardivement et reste de faible niveau. Ceci s’explique par l’application d’un traitement préventif à longue action et par l’apport d’un complément alimentaire en fourrages grossiers.

Eclaron : Malgré un chargement optimal, le pic de contamination est atteint relativement tôt dans cette parcelle très humide (notamment au mois d’août). Cependant les génisses, déjà immunisées, n’ont pas souffert du parasitisme.

Mirbel : Les génisses ont d’une part, été protégées par un bolus, d’autre part, elles disposaient d’une surface largement suffisante et d’une complémentation.
Une telle prévention se justifie seulement si la durée de séjour sur la parcelle dépasse comme dans le cas présent les 5 mois.
Champigneulles : Les génisses ont reçu un traitement endectocide à la mise à l’herbe. Associé à un chargement limité, il en résulte des taux de contamination très faibles qui n’ont occasionné aucun retard de croissance.

Coiffy : Les génisses n’étant pas protégées à la mise à l’herbe, la contamination démarre rapidement et se maintient à des niveaux élevés durant toute la période de pâturage. Si le pic de contamination n’a pas atteint pas des sommets, l’impact sur les croissances est réel. Un déparasitage à la rentrée est nécessaire dans un tel cas.

Semilly : Le faible chargement de la parcelle n’a pas empêché un pic de contamination important. Cependant, aucun signe clinique n’est apparu et les croissances ne semblent pas avoir été affectées.
Dans une telle situation, même si les niveaux de contamination ont connu une réelle décrue en fin de saison, les animaux ont besoin d’un déparasitage à la rentrée.

Baissey : Malgré un chargement correct, le pic de contamination est atteint relativement tôt (août) avec un niveau élevé de larves infestantes que l’absence de traitement préventif sur les bovins de première année a favorisé. Les animaux qui ont quitté la parcelle assez tôt, n’ont pas manifesté de troubles de croissance. Un déparasitage à la rentrée est malgré tout conseillé dans un tel cas.

Beauchemin : Les génisses de deuxième année ont été protégées par un bolus. Avec une surface largement suffisante, la prévention n’a pas permis au parasitisme de s’installer. Tout traitement contre les strongles à la rentrée serait superflu.

Les Loges : Avec un chargement relativement élevé en début de saison, le pic de contamination est atteint relativement tôt (août). Mais avec l’agrandissement de la parcelle et le départ des génisses pleines, la fin de la saison se déroule sans vague. Un déparasitage à la rentrée est malgré tout conseillé dans un tel cas.

- Limnées (contamination par la grande douve et le paramphistome).

Les gîtes à limnées restent actifs avec l’humidité permanente au niveau des sources, mouillères, fossés, mares grâce aux températures favorables, c’est au cours des dernières semaines que la contamination a été la plus forte car les limnées sont nombreuses. Les premiers résultats d’analyses coproscopiques font apparaître des résultats positifs en paramphistome. Rappelons que le diagnostic le plus fiable pour le paramphistome reste la coproscopie, alors que cette dernière ne permet de mettre en évidence la grande douve que dans un petit nombre de cas. Seuls, le diagnostic au niveau des pâtures et les analyses sérologiques sur sang sont fiables. L’analyse sur lait de grand mélange comporte un risque élevé de résultats « faux négatifs », les résultats positifs, en revanche peuvent être pris au sérieux.

CONDUITE A TENIR

Après la rentrée des animaux, se pose la question du déparasitage contre les strongles. Le déparasitage systématique ne doit pas être la règle. Compte tenu de la diversité des traitements mis sur le marché et de leurs propriétés, il vaut mieux prendre conseil auprès de votre vétérinaire praticien ou auprès du GDS avant d’envisager toute intervention si des changements ont eu lieu dans la gestion préventive notamment. Les déparasitages contre la grande douve peuvent être réalisés dès maintenant avec les produits adulticides, mais un second traitement sera nécessaire deux mois après. Les produits larvicides doivent être appliqués entre deux et six semaines après la rentrée.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2522 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2522 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui